‹ Histoire de la législation italienne (volume 2)Chapitre 7 sur 284 · CHAPITRE I. — CONSIDÉRATIONS SUR L'ÉTAT DE l'ITALIE · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. — CONSIDÉRATIONS SUR L'ÉTAT DE l'ITALIE

des intérêts de famille, ou par la fureur des partis, ne parvint qu'à ruiner le bon état de nos républiques.

Les gouvernements républicains n'étaient pas les seuls à engendrer ces dissensions civiles. Même sous la domination des princes, le peuple se partageait en Gibelins et Guelfes, et nous nous faisons un plaisir d'indiquer un édit du 3 juillet 1403, de Louis prince d'Achaïe, seigneur du Piémont, qui infligeait la peine des blasphémateurs à ceux qui prononçaient seulement le nom de ces factions '.

Nous avons parlé d'Innocent III, et en parcourant la vie de ce pape on voit que s'il n'étendit pas l'autorité temporelle du Saint-Siège jusqu'aux limites les plus reculées, ce ne fut pas faute de le vouloir, mais à cause des obstacles sérieux que lui opposèrent les villes libres et le roi des Deux-Siciles. De ce règne datent les événements les plus mémorables qui influèrent pendant les xiv^ et xv^ siècles sur la condition politique de toute l'Italie.

A la demande de la cour de Rome, les princes d'Anjou vinrent à Naples, et selon la juste appréciation de Muratori, ceux-ci auraient pu facilement s'emparer de toute l'Italie, si le démembrement de l'île de Sicile de la couronne, n'avait diminué leurs forces et augmenlé le nombre de leurs rivaux. Un écrivain moderne, dont la science égale l'intelligence, a déclaré que le pouvoir civil des papes au moyen âge, fut une véritable souveraineté européenne, une dictature tribunitienne tout à fait légitime^ fondée en partie sur le consentement des nations, et en partie sur le pouvoir spirituel ^ Ce n'est

^ Sclopis, Histoire de rancienne législation du Piémont, p. 225. - Gioberti^ Introduction à l'élude delà philosophie, hruxeWcs 1840,

K; m: I,\ I.KiilSLATfON ITALIENNE.

|);is ici la place (!<; lairc un cxaiiicri niinulicnx do cotln j)r()|)()silion (jui, dans sa si^mificalion générale, l'ut lonuc pour vraie par tous los publicistos du moyen à«i;o. L(3S mots dictature trlbunltleniie^ ne doivent pas èlnî pris ici dans leur sens le plus restreint, parce que le pouvoir civil des papes s'étendait, il est vrai, aux intérêts «généraux des peuples, mais il ne dérivait pas de ces intérêts, il découlait de l'idée religieuse, qui dominait alors l'idée politique. Le même auteur ajoute fjue l'arbitrage qu'exerçait le pontife ne peut solidement résider dans aucun gouvernement séculier, ni appartenir à un prince laïque , parce que les princes et les peuples pouvant devenir parties litigantes, ne sauraient, par suite, revêtir la qualité d'arbitres. A cela nous ferons observer (juc le pape , en sa qualité de souverain temporel, dut prendre part aux vicissitudes qui agitèrent l'Italie, et cela lui ôta, parmi nous, cette permanente autorité d'arbitre dont on vante ici les effets. Nous ne nierons cependant pas que la médiation du pape ne fut très-utile lorsqu'elle s'attachait à rétablir la paix entre des partis bouillants de colère au sein de contrées agitées, ou à faire disparaître les dangers dont l'ambilion-élranoère menaçait toute l'Italie. Entre autres, nous louerons l'intention de Boniface VIII, qui dans le bref adressé à l'évêque de Porto, constituait Charles de Valois pacificateur de la Toscane, désolée par les dissensions civiles *; quoique, comme le fait remarquer Dino Compagni, si le nom de celte mission

lom. I, note 30; cet écrivain célèbre, clans son ouvrage : De la primauté morale et civile des Italiens, lom. I, p. '245, développe davan- Ingo ses idées sur celte matière.

^ R.iynald, Annal, ccdes. ad an. 1301.

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