‹ Histoire de la législation italienne (volume 2)Chapitre 8 sur 284 · CHAPITRE I. — CONSIDERATIONS SUR L'eTAT DE L*ITALIE · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. — CONSIDERATIONS SUR L'eTAT DE L*ITALIE

était bon, la résolution était cependant mauvaise; nous rappellerons aussi les soins empressés de Pie II pour éloigner les partisans du duc d'Anjou de Naples et les chasser de l'Italie. Ce pontife, doué d'un grand courage et d'une profonde sagesse, voyant l'Europe menacée par les Ottomans et par la barbarie qu'ils traînaient à leur suite, forma une ligue pour les repousser; et il avait résolu, quoique vieux et infirme, de se mettre, de sa personne, à la tête de cette grande entreprise. La mort le surprit à Ancône,au moment de s'embarquer, et ses efforts restèrent sans effets. Les temps changèrent au point qu'avant même la fin du xv^ siècle, on vit Innocent VIII et Alexandre VI recevoir des subsides du grand Sultan ^ Rome et sa campagne , abandonnées depuis plus de soixante ans par les papes, qui avaient transporté leur siège à Avignon , furent durement travaillées par les plus puissantes familles, qui rançonnaient le pays sans miséricorde. Un fantôme de république, apparu au temps de Colas de Rienzi , et dont nous avons parlé dans le premier volume de cette histoire , s'était évanoui. Les barons devinrent des déprédateurs, et leurs châteaux se convertirent en repaires de brigands. L'abus devint tel qu'on fut obligé d'ajouter une loi aux statuts de Rome, dans le but de pourvoir à la sûreté publique ^.

1 Voy. Muralori, Annales d'Italie ad ann. 14.90; et les lettres enregistrées dans le livre intitulé Johannis Burcardi Cœrcmoniarum magistri Diarium curiœ romance sub Alexandro VI papa dans Eccard, Corpus historicum medii œvi, tom. II. Une nouvelle édition plus complète du journal de Burchard a été publiée en 1856 à Florence par les soins du chevalier Achille Gennarelli.

^ Liv. III, chap. CLXlil. Le triste élat intérieur de Rome dans les II. 2

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On y rlahli.ssail « (\[ï(i ceux des doux maisons, des j) Orsini et des Golonna , cl les membres des familles » des Annihaldi, d'Oddon de Saint-Euslaclie, de Pierre )) de Ginazano, des Alborlini, de Pierre Rumano, des » Savelli, des Gonti, des Goppocini, de Pierre Gaétan p et ses fils, et d'autres qui se trouvaient inscrites à la » Gliambre, devaient jurer dans le conseil général, en » présence du sénateur, de ne receler dans leurs mai- » sons et forteresses aucun condamné pour homicide, » faux, ou autres délits, et de faire en sorte qu'on ne » rencontrât pas fle tels criminels dans lesdits maisons, )) forteresses et châteaux; qu'en attendant, ces mêmes » barons devaient offrir une garantie à la Ghambre de » la cité, à peine de mille marcs d'argent, somme qui » pouvait être réduite selon la qualité des personnes. » Tous les trois mois, le sénateur devait prendre des » informations générales sur les maisons dont on a » parlé, et s'il l'oubliait, il devait payer sur son trai- » icment deux cents livres de provisins. » Les gouvernements républicains ne l'em portaient pas de beaucoup dans l'ordre intérieur, sur ce qui se passait dans le gouvernement des princes et des seigneurs '.

siècles dont nous parlons, nous a été dépeint avec les couleurs les plus saisissantes dans la chronique consignée dans le deuxième volume précité du Corpus historicum mœdii œvi d'Eccard, qui porte pour titre : Slephani Infessura Senatus popuUque Bomani scribœ Diarium urbis Romœ. Ce journal s'étend de 1294 à 1 iOi ; il fut en partie publié par Muratori, R. J. S., tom. III, 2*^ partie.

^ Pour se faire une idée de la puissance et de la conduite des grandes familles romaines au moyen âge, on peut consulter avec fruit le livre intéressant de M. A.. Capponi, intitulé : Mcmorie Colonnesi, imprimé à Rome en 1855. C'est l'histoire abrégée, mais entièrement appuyée sur des documents historiques, de la maison Golonna. Celte

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