CHAPITRE V. — LÉGISLATION DES STATUTS
partant les amendes pécuniaires que les enfants ne pouvaient payer, retombaient sur le père. On y remarque un soin extrême afin d'empêcher l'importation à Gênes, des marchandises étrangères. Nous n'irons pas plus loin dans les citations d'un texte que nous voudrions mettre en entier sous les yeux du lecteur, si c'était possible; un épilogue qu'en donne M. G. B. Raggio, éditeur et interprète éclairé de ce statut, rendra convenablement le sens de l'ensemble. Souvent, dans ces lojs, le silence est rempli d'éloquence. Le soin qu'on met à prévoir et punir l'usage des armes prohibées, les dangers et les inquiétudes qu'inspirent les tours au sein de la ville, les discordes, les attaques, les meurtres entre citoyens, les divisions de la Compagna commune, et autres semblables, montrent quels étaient les maux qui travaillaient les Génois, dans ces temps où les esprits se montraient belUqueux, où les forces étaient audacieuses et libres; et par cela qu'on parle peu de brigandage et de vol, on peut conclure que Gênes n'était pas trop infestée par ces crimes. On n'y fait aucune mention de crimes atroces, ou contre les mœurs, indice certain que le mal n'existait pas, puisqu'on n'y apportait pas de remède. Pas de trace de superstition, d'où l'on peut déduire que les Génois, même sur ce point, étaient audessus de la condition des peuples d'alors.
Voulant qu'à mesure que les circonstances des temps variaient, on pût changer les lois, on avait institué à Gênes une magistrature dite des réformateurs des brefs, laquelle avait mission de réformer, compléter et corriger les lois et les règlements de la commune. On croit fi. 10
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cependant que ces clianj^^cinents ne se faisaient que sur l'invitation, ou avec l'assistance de ceux (jui dirigeaient l'Etat. Ainsi on trouve souvent des locutions employées dans les actes publics de ce gouvernement, comme de faille insérer dans le bref de la Compagna^ de faire jurer les réformateurs des brefs qu'ils ne feront aucwi changement jusquà une époque déterminée. Il est permis de croire que dans le cours du XIl^ siècle, on fit plusieurs brefs semblables à celui de 114-3, mais on n'a conservé que ce seul texte. Dans le giècle suivant un bref peu étudié, mais d'une haute importance, fut publié par le podestat Lazare de Ghirandino, pour extirper le complot ou rassa de Guillaume de Mare. En 1229, Jacques de Baldovino étant podestat et réformateur, corrigea les anciens chapitres des lois et les divisa régulièrement en livres *. Sous le doge Gabriel Adorno, en 1363, après la mort de Boccanegra, on fit une nouvelle compilation de statuts, divisée en 173 chapitres. En 1413 et U18 on en publia d'autres -.
La république de Sassari en Sardaigne prospéra quelque temps sous la protection de Gênes, et elle illustra son gouvernement par un code de lois très dignes d'être rappelées.
Le traité du 24 mars 1204, par lequel la république de Gènes prenait sous sa protection la commune de Sassari et le peuple de ce district, parle de coutumes antérieures {cousue tudines) qui formaient la législation de cette commune.
^ Barthélémy Scriba ad ann., ap. Muratori R. S. S., tom. VI, p. 257. '^ Raggio, dans la préface du statut de 1 143.