‹ Histoire de la législation italienne (volume 2)Chapitre 80 sur 284 · CHAPITRE VK — RESTES DE BARBARIE · texte numérisé non relu

CHAPITRE VK — RESTES DE BARBARIE

canonique \ et elle est confirmée par le texte de différentes lois faites par diverses personnes dans le xii^ siècle, et même dans le xiii^, comme on le voit dans cette donation faite par Maladdobbato et Prando de Prandi à Opisson, évêque de Parme, en 1212, et conservée dans Muratori ^ où les donateurs déclarèrent qu'ils vivaient sous l'empire de la loi lombarde. Mais dans le duché de Bénévent, qui comprenait dans son territoire une grande partie du royaume de Naples en-deçà du Phare, comme le gouvernement des princes lombards y dura longtemps, la loi lombarde y fut plus en vigueur, et l'on peut dire qu'elle n'y a été réellement abrogée qu'à fapparition des nouveaux codes de ce siècle.

Le droit lombard ne manqua pas de commentateurs. Le plus ancien et le plus célèbre fut Charles Tocco , ainsi appelé du lieu de sa naissance ; il florissait vers le milieu du xii^ siècle. Charles élevé à l'école de Bologne, disciple des disciples d'Irnérius , fut homme d'étude et de pratique; le roi Guillaume I^"^ le nomma juge à la grande cour. S'apercevant que les esprits se tournaient plutôt vers les lois romaines que vers les lombardes, pour que celles-ci ne tombassent pas tout-à-fait dans l'oubli, Charles qui avait étudié à fond les Pandectes, se mit à commenter les lois lombardes , indiquant ce dont elles disposaient avec le secours du droit romain; ses gloses abondent en citations. '

Vers le xiip siècle parut André Bonello de Barletla, qui traita des différences entre le droit romain et le

^ Capit. Raynutius , lit. De testam., dans les Décréiales de Grégoire IX.

^ Antiquit med. aevi, dissert. 22.

lombard, afin d'éviter ce qui était déjà arrivé, que les avocats, trop [)()rlés pour l'un ou l'autre droit, ne s'égarassent dans les diverses applications et qu'ils ne s'attachassent à la loi romaine (jui n'était que subsidiairement appliquée dans ce pays, tandis que la lombarde y avait force de loi principale.

Par la suite Biaise de Morcone, Nicolas Boerio, Jean- Baptiste Nenna de Bari firent des gloses sur la même loi. Nenna, qui vécut sous l'empereur Charles V, fut le dernier commentateur du droit lombard.

En commençant à parler des fiefs, nous nous faisons un plaisir de citer certaines considérations qu'un savant et habile penseur ' nous a communiquées. Croyant qu'il serait impossible de dire mieux, nous allons transcrire ses propres paroles, afin que le lecteur sache à qui donner ses louanges.

« Dans la conquête des Barbares , l'unité territoriale était impossible. Le peuple conquis ne pouvait pas maintenir cette unité puisqu'il perdait tout-à-fait sa personnification politique; les conquérants ne le pouvaient pas davantage , parce que chez eux ils s'étaient toujours tenus à l'idée plus simple et plus inculte de l'unité des races, et non à celle de territoire et de patrie. En sorte que leurs invasions ne pouvaient produire, et ne produisirent en effet rien autre chose que des fiefs partout, dès que dans les successions on eut introduit le principe de l'hérédité, première conséquence d'un petit progrès dans la civilisation.

» Or l'effet naturel du régime féodal était la division

* Monseigneur Jean Corboli,

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