CONSTITUTIONS DES PRINCES
Ne pouvant pas exposer ici un catalogue complet de toutes les lois générales qui furent publiées en Italie, pendant le cours des trois siècles dont nous parlons, il faudra nous restreindre à celles qui jouirent d'une plus grande réputation et furent réduites en un seul corps.
Nous traiterons donc des constitutions du royaume de Sicile, de la Charte, dite de Logii, d'Eléonore, juge d'Arborée en Sardaigne, des décrets d'Amédée VIII duc de Savoie, et des décrets des seigneurs et ducs de Milan.
Lorsque les princes normands se furent emparés de la Sicile et du royaume de Naples, ils voulurent affermir leur souveraineté en réformant la législation du nouvel Etat. Avant la conquête, cette législation était contenue dans les livres des coutumes dits defetarii qui
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ayant clc pcr(Jiis, f'uicnl icnoiivclés par aulorilfî du souverain ot par les soins du notaire Mathieu '. Le roi Roger, (ils du comte de ce nom, promulgua quelques constitutions. Guillaume 1*^'' et Guillaume H suivirent son exemple, et préparèrent les fondements de la grande compilation qui fut achevée par Frédéric II, empereur et roi. Ce prince, dont nous avons déjà tant parlé, dans les veines duquel coulait le sang des empereurs de la maison de Souabe par son père, et qui tenait aux princes normands par le côté maternel, voulut, dans l'intérêt de ses sujets, imiter Théodose et Justinien. Il fit plusieurs nouvelles lois, en corrigea et en réforma plusieurs autres, et les réunit bientôt en forme de code régulier.
Frédéric fut puissamment secondé dans cette immense entreprise par Pierre délie Vigne son chancelier, et juge à la grande cour. Pendant plusieurs années Pierre fut maître du cœur de son souverain et le servit avec autant de lumières qu'il était possible d'en avoir à cette époque, comme l'attestent des lettres d'affaires qu'il avait dictées et qui sont imprimées aujourd'hui. Au nombre des grands changements de fortune, on placera toujours celui de Pierre délie Vigne, qui né à Capoue, de basse extraction, s'éleva par son mérite si haut auprès de Frédéric, qu'il devint presque l'âme des conseils de ce prince. L'élévation du poste qu'il occupait et la confiance qu'il inspirait au souverain excitèrent les jalousies des barons de la cour, lesquels
1 Hugues Falcandus ,• Aî5/. Sicula, ap. Murât. R. C. S. tom VII, p. 293.