CHAPITRE VII. — CONSTITUTIONS DES PRINCES
» dides. Enfin, qu'ils maintiennent une sûreté parfaite » dans leur Etat, afin que la Savoie conserve toujours » intacte entre les sujets et les étrangers, l'étymologie » de son nom qui signifie voie sûre (salva via). En » conservant ces préceptes, ils apaiseront le Roi des » Cieux , qui n'abandonne jamais ceux qui ne l'aban- » donnent pas, qui conservera et augmentera jusque ;) dans les siècles les plus reculés, la paix et la prospé- » rite parmi nos fils, successeurs et sujets. »
Or, de cette introduction toute remplie de sentiments pieux, il est facile de se faire une juste idée de la droiture qui guida Amédée dans la rédaction de ses lois.
Dans le troisième livre il est question des règlements particuliers à la juridiction des barons , des bannerets et autres vassaux; des emphytéoses et des cens, de l'usage des sauvegardes, de la liberté de la pêche et de la chasse. On y prescrit les formalités nécessaires pour garantir les biens des mineurs, on y indique les formes légales pour, les ventes , les donations et les rémérés ; on donne les instructions aux notaires ; on règle l'exercice des arts hbéraux et mécaniques; et Ton fait des règlements sur la police intérieure de FEtat.
Le quatrième livre s'occupe tout entier des taxes et émoluments à payer pour les actes judiciaires et les écrits publics.
Le sujet du cinquième livre est de régler les lois somptuaires , les pompes des fêtes , des funérailles et autres solennités.
De l'exposition distincte des usages observés dans ces temps, dans les Etats du duc, on peut tirer de curieux II. Va
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ensoi^nomonts sui* les iiuiiurs et les charges des difTérentes classes (le la société; mais il ne convient p.'is à la nature de notre travail d'en faire le récit détaillé. Qu'il nous suffise de savoir (juc le duc indifjuait finement les moyens de demeurer dans une honorable économie de dépenses, et que la démarcation des rangs indiquée par les différentes manières de se vêtir, était celle des barons, des guerriers, des docteurs, des licenciés, des écuyers,des rentiers-propriétaires, auxquels étaient assimilés les gros négociants.
Ce recueil de lois fait par les soins des conseillers du duc, clercs et laïques, fut divisé en cinq parties pour symboliser les principales vertus : la première représentait les trois vertus cardinales , la seconde , la prudence, les trois dernières, la tempérance.
Dans la clause finale, par laquelle le souverain imprimait l'autorité de loi perpétuelle à ses décrets, on renouvelait la déclaration qu'on entendait respecter les droits des ecclésiastiques, les bonnes et louables coutumes des villes, bourgs et hameaux, les franchises légitimes de tout le pays; et enfm il était fait réserve, en faveur du duc et de ses successeurs, de la pleine liberté et faculté d'expliquer, interpréter, corriger et changer les statuts, d'ajouter et retrancher tout ce qui serait exigé par l'utilité ou la nécessité de l'Etat, par l'occurrence des événements ou les changements des temps.
Les lois des ducs de Milan de la maison des Visconti et de celle des Sforza ne furent jamais réunies en compilation régulière, mais seulement pour qu'elles ne s'égarassent pas, on les transcrivit sur une espèce de