CHAPITRE VII. — DROIT NATUREL ET POLITIQUE
en 1496. Ce livre, véritable curiosité scientifique et bibliographique^ est porté sur les catalogues de la bibliothèque de Vienne. Le premier livre porte le titre de Novo codice faciendo et les livres suivants traitent méthodiquement des différentes parties de la législation ^
Nous avons parlé des principaux éléments qui formèrent dès le principe la législation de Tltalie moderne, suivant avec diligence, ou pour mieux dire avec amour, le développement de cette puissance intellectuelle et morale qui a recomposé Tordre dans la société civile. Nous n'avons pas omis de renouer les liens par lesquels l'ancienne civilisation passa dans la nouvelle. Ce fut notre soin de prédilection de remonter toujours à ces sources du progrès universel ouvert en Italie, grâce au renouvellement des études du droit romain, et à l'impulsion prodigieuse donnée au commerce qui unit les peuples par des liens étendus d'avantages communs.
Les entreprises politiques avaient réveillé les intelligences et l'amour de la patrie chez les Italiens. Les richesses provenant du commerce leur fournirent les moyens de cultiver les sciences et les arts qui choisirent l'ItaHe pour leur demeure. Les Italiens se tournèrent avant tous les autres peuples, vers ces livres des anciens classiques ; ils ne tardèrent pas à se lancer dans le champ des études mathématiques, et ils en étendirent bientôt les limites.
Là où le sol le permettait, et où l'influence d'un
^ Voy. Emerico Amari : Criiica di ana scienza délie legislalioni comparâtes Gênes, 1857, p. 219.
mauvais gouvernement ne s'y opposait pas, ils s'adonnèrent à ragricullure et la firent fleurir, ainsi que l'atteste aujourd'hui encore la culture du riz, de l'olivier et du mûrier.
Ajoutons-y encore les grands travaux pour l'irrigation, entrepris avec tant d'intelligence, exécutés à grands frais, et entretenus avec une infatigable attention.
Mais au milieu de tant de causes de prospérité et de grandeur, avec tant de facilités et tous les dons du climat, au sein de ces contrées mêmes où ils paraissaient être justement arrivés au point où ils pouvaient aspirer à quelque chose de complet dans leur organisation politique et civile , les Italiens atteignirent-ils ce but glorieux? Il en coûte de le dire, ils ne le touchèrent jamais.
Il est temps de mettre à découvert une plaie mortelle qui rongeait sans cesse intérieurement plusieurs des gouvernements italiens. Cette plaie s'agrandissait tandis qu'extérieurement ces Etats montraient une grande exubérance de forces vitales.
Aux jours d'infortune, quand ils se virent menacés par des ennemis déclarés ou cachés, ces gouvernements s'aperçurent qu'ils manquaient de l'énergie nécessaire à leur salut, et que le corps social se dissolvait. Ils devinrent par suite la proie de certaines familles puissantes, ou se soumirent presque sans résistance aux premiers assauts de l'étranger, qui n'aurait pu les vaincre s'il ne les eût trouvés sans nerf et sans valeur.
Tous ces obstacles à la perfection sociale, toutes ces causes de corruption politique, provenaient, à notre avis, de ce que ces gouvernements n'avaient pas suffi-