CHAPITRE I. —1 LE DROIT ROMAIlf
Qu'on remarque les deux qualités de raisonnable et dô complet qui font, en effet, que le droit romain s'élève au*dessus des anciennes jurisprudences germaniques, lesquelles laissaient plusieurs points indécis, et ren<* voyaient plus souvent à l'usage reconnu qu'au sens în« time de la loi.
Avec, la civilisation, s'accrut aussi le respect des lois romaines qui paraissaient s'adapter à toutes les condi* tions d'Etats et de peuples. Ainsi, les rapports moraux entre tous les hommes, chaudement recommandés par les stoïciens, s'établirent encore au moyen de la juris* prudence créée par des hommes initiés à cette philosophie. Ainsi, quelque changée et améliorée que soit aujourd'hui la forme des lois civiles, leur moralité s'explique encore aujourd'hui parles principes du droit romain.
En ces temps-là, les études recevaient une plus grande impulsion dans l'Université, où se réunissaient les plus grandes intelligences pour instruire la jeunesse la plus hardie. Au désir d'acquérir de la science , s'unissait l'amour de la patrie, émergeant du sein de la barbarie.
Les dernières étincelles du savoir humain, s'étaient consei*vées dans les écoles monastiques. Celle du monastère de Saint*Colomban de Bobbio avait joui d'une gi*ande réputation. Outre le saint de ce nom dont le savoir était aussi varié que profond, il y avait eu à Bobbio d'autres moines, au nombre desquels était
iam est cequum, raiionabile et indequaque absolutum, ut omnium fere christianarum gentium usu et approbatione commune sit affectum. Commentât . in con9uetud. Parisiens. ^ tit. U ^® 1^0.
Dungall, venus du monastère de Jona aux Hébrides, d'où ils apportèrent certains manuscrits fort rares. C'est de Bobbio que sont venus ces préciexxji palimpsestes, dont notre époque s'honore à juste titre d'avoir fait la découverte. L'illustre Gerbert, devenu par la suite pontife sous le nom de Sylvestre II, y avait attiré un grand nombre d'étudiants. Attone, évoque de Verceil, homme très savant pour son temps (x« siècle), avait érigé plu* sieurs écoles dans son diocèse, et ordonnait que, dans les campagnes, les enfants du peuple fussent gratuitement instruits dans les lettres par les prêtres *.
Quelques-uns pensent que la première origine de l'Université, doit être attribuée aux ordonnances sur l'instruction publique émanées de Lothaire, après l'année 823. Mais la véritable restauration des études ne date que de l'époque à laquelle se réveilla l'esprit d'indépendance communale et l'ordre social renaquit, ainsi que l'autonomie italienne 2.
M. de Savigny a peint en couleurs vives et en traits précis, le cadre des vicissitudes des célèbres écoles de l'Italie et de la France, qu'on appelait Universités des lois^. Nous n'essaierons pas d'embellir ce tableau, mais nous en extrairons ce qu'il est indispensable de savoir
^ Voici les propres expressions du vénérable évêque de Verceil dans le capittUaire qui contient Tordre sus-mentionné : « Ignorantia mater cunctorum errorum maxime a sacérdolibus Dei vitanda est qui docendi officium in populis susceperunt. » Nous citons l^édition de Verceil de 1768, in-fol., vol. II.
' V. Leçon académique de Prosper Balbo sur Fhistoire de Tuniversite de Turin, dans le XXIX<^ volume des Actes de TAcadémie royale des sciences de cette ville.
' Hist. etc., chap. xxi.