CHA?IT^ I. — LE DROIT ROMAIN
pour l'entente de l'histoire générale de la législation.
Les deux plus célèbres Universités de droit en Italie, furent sans contredit celles de Bologne et de Padoue. La première fut, pour ainsi dire, la mère-patrie de l'enseignement, et de là, partit une colonie de profes* seurs et d'étudiants qui fondèrent, en 1222, l'université de Padoue. Il arrivait souvent que les maitres et les élèves allaient de Tune à l'autre de ces universités, surtout dans des temps d'âpres discordes civiles, où les partis ennemis chassaient leurs adversaires de la pa* trie, ou en étaient chassés, selon les circonstances.
Souvent, des étrangers étaient entraînés dans ces changements de fortune. Ainsi Dante, exilé de Florence, vint étudier à Bologne, et en sortit peu de temps après, alors que cette ville contracta alliance avec le parti do^ minant à Florence et hostile à Dante. Il se réfugia alors à Padoue S d'où il partit bientôt pour Paris, pour y entendre Sigieri, célèbre théologien.
Après ces universités renommées, à la hauteur desquelles s'éleva l'école de Saleme pour les sciences médicales , on compta en Italie plusieurs autres grandes écoles , comme celles de Pise , de Vicence , de Verceil , d'Arezzo, de Ferrare, de Rome, de Naples, de Pérouse, de Plaisance , de Modène , de Reggio , de Pavie et de Turin. Il y en eut une aussi à Novare, ainsi que l'indiquent les statuts de cette ville ^; ce collège, oublié par M. de Savigny, florissait vers 1400.
Et pour ajouter encore quelque trait, dont le même
^ César Palbo. Vie de Dante, toi. II, chap. lU et IV. ^ On lit dans Morbio, Histoire des M«mcip€ê italiens (vol. tt, p. 27), le statut dont nous parlons.
auteur ne parle pas assez, nous rappellerons que le collège de Verceil comptait parmi ses professeurs Uberto de Bobbio, jurisconsulte qui fut appelé à donner son avis sur le droit de régence que réclamait la reine Blanche de Castille, mère de saint Louis, roi de France. Son avis, qui était favorable à la reine, fut suivi, et il n'y a pas longtemps qu'on en invoquait l'autorité dans une discussion politique ^
Pour nous, nous nous plaisons à proclamer à la louange de notre pays, que dès sa fondation, l'université de Turin acquit un grand renom par l'éclat des professeurs qui y enseignèrent le droit. Bertolino de Bertoni quitta le collège de Pavie pour occuper une chaire à Turin en 1404. Les deux illustres jurisconsultes Christophe Castiglione et Signorino des Omodei y occupèrent une chaire * ; tous les deux sont mentionnés dans les additions faites à l'histoire de M. de Savigny. Le Pape et l'Empereur qui, selon l'usage, patronaient les études, ornèrent de leurs privilèges l'université de Turin, que les princes de Savoie, à l'imi* tation de ce que faisaient les rois de France, à l'égard de l'université de Paris, appelaient leur fille.
Parfois, il arrivait qu'on ouvi^ait une université pour accroître le nombre des habitants d'une ville et y attirer l'aisance. Alors on mettait tout en œuvre pour y appeler les étrangers de toutes les conditions, lesquels, pour s'appliquer à l'étude des lettres, quittaient leur
^ Balbo, leçon sttr l*i]mvenité de Turin.
* Datta, Histoire des princes de Savoie de la branche d^Acbaïe
liv. IV, cbap. ll(