‹ Histoire de la législation italienneChapitre 14 sur 122 · CHAPITRE I. — LE DROîT ROMAIN · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. — LE DROîT ROMAIN

pays et accouraient là où renseignement était meilleur.

Matthieu Yillani ' raconte que, e la mortalité étant 5 cessée, et les citoyens appelés au gouvernement de » Florence étant un peu rassurés, ils voulurent attirer ]» dans notre ville des hommes renommés et honorables, » et fournir Toccasion aux citoyens sensés de s'instruire » dans les sciences et la vertu; le conseil de la commune » délibéra sagement, et résolut d'établir à Florence un

> collège général enseignant la loi canonique, la loi » civile et la théologie. Pour ce faire, on nomma des

> officiers, on réunit l'argent nécessaire pour avoir des

» docteurs-ès-sciences , et l'on publia l'institution

T> du collège dans toute l'Italie La commune s'a-

» dressa au Pape et aux cardinaux, pour obtenir pri- » vilége à Florence, de conférer le titre de docteur ]» dans chaque faculté, et pour jouir des immunités et » honneurs accordés aux autres collèges généraux de la » sainte Eglise. Le pape Clément VI avec ses vénérables ï frères les cardinaux... accordèrent à notre commune » le privilège qu'il fût permis, à Florence, d'y conférer » le doctorat et la maîtrise en théologie, et générale- )) ment dans chaque science ; et ils accordèrent à ce V collège toutes les franchises et tous les honneurs que » l'Eglise avait accordés à Paris, à Bologne, et aux au-

> très villes chrétiennes. »

Ce récit nous apprend quelles étaient les règles que l'on suivait au xiv® siècle (1348) pour ériger les universités et les collèges généraux..

^ Histoires, lib« I, chap. Vilt»

Ainsi, au nombre des universités de Tltalie, il faut ajouter celle de Florence qui fut de courte durée ; car, Pise étant tombée sous la domination des Florentins, les études que l'on faisait dans cette ville étant plus en renom, son université y attira les étudiants de la ville dominante, et les deux collèges n'en firent qu'un seul, en 1472.

Dans ces temples splendides de la science, on ne s'arrêtait pas seulement à l'enseignement de la doctrine, mais on y cherchait à approfondir l'autorité de la loi. A peine eut lieu la renaissance de l'étude du droit romain, que par un commun accord, on reconnut en lui le principe unique, universel de la législation italienne, et qu'il fallut recourir à ceux qui l'enseignaient, pour avoir les règles nécessaires à la solution des cas qui se présentaient.

Les docteurs ou professeurs de la faculté de droit pou* vaient seuls remplir cette mission; partout, ils devinrent les seuls dépositaires du droit civil, dont ils interprétaient solennellement les préceptes, et nous voyons que, dès 4158, dans cette fameuse diète de floncaglia, dans laquelle Frédéric I^r voulut réorganiser le gouvernement et affermir sa puissance dans les provinces italiennes, ainsi que nous l'expliquerons par la suite^ les écoles étaient considérées comme les véritables organes de la loi, et l'empereur se confiait à ces professeurs comme à des ministres éclairés de son gouvernement *.

^ Constitut. Habita» cod. : Ne filius pro paire... quot^um scientia ioiiM illuminatur mundus et ad obediendum Deo et nobia eius minis» tris vita subjeciorum informatur.

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