‹ Histoire de la législation italienneChapitre 19 sur 122 · CHAPITRE I. ^ tE BHOIT ROMAIN · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. ^ tE BHOIT ROMAIN

faisant sentir la* nécessité des réformes et des remèdes, fit ressortir avec pins de force le bien. Et dans cette succession de mouvements tour à tour rétrogrades et progressifs, l'humanité ne manque pas de s'améliorer, et, comme on l'a dit ingénieusement, elle se meut en décrivant une spirale continue.

Au commencement du xvi^^ siècle, l'on vit surgir ei Italie les premières lueurs de cette jurisprudence purifiée par les études critiques et philosophiques, et qui atteignit une si haute réputation en France et en Hollande. André Alciat de Milan entra dans cette voie, mais peu d'Italiens l'y suivirent, et nous ne comptons personne qui, pour la sagacité dans les recherches, ou l'érudition dans l'examen des textes, soit à la hauteur de Guillaume Budé, de Jacques Gujas, de Girard Noodt, ou de toute l'école qui marcha sur les traces des deux Godfroy.

Il serait contraire au* but de notre ouvrage de nous étendre en notices particulières et diffuses sur la vie et les écrits de nos docteurs, comme sur les divers svstémes qu'ils introduisirent au barreau. Ce travail a été fait avec soin et diligence par M. de Savigny qui jugea sagement devoir s'arrêter sur cette partie plus que sur aucune autre. Son livre, dans sa brièveté substantielle, nous en dit autant qu'il importe d'en savoir i^r cette matière. 11 a exposé l'histoire littéraire de notre droit d'une manière toute nouvelle; il l'a expliquée dans plusieurs points difficiles, et il n'a pas dissimulé les sources italiennes auxquelles il av^it si heureusement puisé, comme dans les livres de Pancirolo, de Sarti et de Fracciolati qui renferment des relations très étendues

44 DE LA LfelSLAnOR ITAUERRE.

sur les écoles, les professeurs et les jilrisconsnltes les plus célèbres de Bologne et de Padoue.

Cependant nous ne manquerons pas de parler de deux écrivains italiens qui s'occupèrent, au commencement du xvi<^ siècle, de l'histoire des lois de l'Italie, et particulièrement des interprètes du droit romain; M. de Savigny parle à peine de l'un d'eux, et ne fait aucune mention de l'autre.

Nous nous croyons donc obligé de parler des trois livres, de P Origine du droit civil ^ de Jean-Vincent Gravina, et de F Histoire civile du royaume de Naples^ de Pierre Giannone. La renommée de ces deux auteurs n'est pas incertaine, leurs ouvrages lurent applaudis dès leur apparition et se placent parmi les plus beaux ornements de notre gloire littéraire.

Déjà des étrangers ont observé qu'en Allemagne, . Gravina ne jouit pas de l'estime quHl mérite *. Et ce-^ pendant, il fut le premier à parler des diverses phases du droit romain, en unissant les antiquités de Rome avec les écoles modernes, et y insérant plusieurs considérations pleines de la plus sublime philosophie du droit. Il suffit de citer les titres des premiers chapitres du second livre de son ouvrage pour en fournir la preuve. Les questions qui y sont traitées, sont toutes de la plus haute importance et comprennent toutes les parties de l'ordre moral et social. On y parle, en effet, de la nature du bien et du mal, ou de la justice et de l'injustice naturelles; de la loi commune à toutes choses et de la loi propre à rhumanité; de la plus grande

^ Henninius, introd. gén. déjà citée, p. 185, 186.

Page 1