‹ Histoire de la législation italienneChapitre 21 sur 122 · LOIS DES BARBARES. — LES FIEÏ'S · texte numérisé non relu

LOIS DES BARBARES. — LES FIEÏ'S

Les Barbares s'établirent en Italie sans que leur présence changeât Taspect des lois anciennes, ni qu'elle détruisit les vieilles institutions. Le gouvernement des Goths était trop imbu des idées romaines, pour introduire des formes nouvelles et différentes de celles avec lesquelles ces étrangers, secondant les désirs des indigènes, avaient cherché à consolider leur conquête. Les bandes, composées d'éléments hétérogènes, d'Odoacre, ne conservaient aucun caractère de nationalité, ni de force unie par des liens d'intérêt durables ; aussi leur séjour en Italie fut une invasion plutôt qu'une domination. Enfin, parurent les Lombards, en petit nombre, mais fiers et entreprenants plus que personne, et ils ne tardèrent pas à faire la conquête des provinces italiennes où le peuple était avili et le gouvernement mal disposé et imprévoyant.

Ce n'est pas ici la place de résoudre une question historique difficile, très agitée par les écrivains modernes, et qui semble n'être pas encore élucidée sur tous les points : à savoir quelle fut la condition des Latins sous la domination des Lombards. On peut cependant remarquer comme un fait incontesté, qu'après les premiers chocs et les colères subites de la conquête, les Lombards entreprirent de réformer leur régime intérieur, de publier des lois, ou pour mieux dire, d'écrire, de coordonner et de compléter les vieilles coutumes et les traditions solennelles de leur tribu. Le roi Rotharis fut le premier à donner l'exemple de ces réformes ; Griraoald, Luitprand, Ratchis, Astolfe marchèrent sur ses traces.

L'Edit lombard renferme un système de lois mises en ordre régulier, simple dans la disposition des parties, et singulièrement empreint de ce caractère germanique que Tacite a si admirablement décrit.

Mais avant de toucher aux particularités des lois introduites par les peuples septentrionaux établis en Italie, il convient d'indiquer quelle était la constitution commune de ces peuples dans leurs pays. Nous aurons ainsi une idée générale du caractère de la primitive société germanique, et il nous sera facile d'en suivre les traces dans les institutions que les conquérants éta* Mirent dans leur nouvelle résidence.

Toutes les sociétés visent à deux buts principaux : à la sûreté extérieure et à la tranquillité intérieure. Ces deux buts, les nations germaniques les désignaient par le seul mot de Fredum , la paix. La paix considérée quant à l'état intérieur du peuple était recommandée

Page 1