‹ Histoire de la législation italienneChapitre 23 sur 122 · CHAPITRE II. — LOIS DES BARBARES · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — LOIS DES BARBARES

et homogène, qu'on aurait pu le dire fondu en un seul morceau : leurs idées, leurs mœurs et leurs lois se rencontraient dans toutes leurs parties. C'était une sorte de discipline militaire observée rigoureusement par une armée au repos sous les armes. Il est permis de croire que si cette domination avait duré plus longtemps, alors que les vainqueurs se seraient fondus avec les vaincus, que l'union des familles aurait formé un seul peuple des deux nations, le sort de l'Italie aurait été tout autre qu'il n'a été depuis. 11 en serait sans doute surgi une nation forte et hardie, propre à résister aux étrangers et pourvue de tous les moyens pour créer par elle-même une civilisation prompte. Le mélange des races du Nord avec celles du Midi a produit les nations modernes les plus vigoureuses.

On se demande si la domination des Lombards ne contenait pas un certain esprit d'hostilité pour les indigènes ? Machiavel et Muratori , l'un guidé par un sens intime d'une sagacité exquise, l'autre accrédité par la plus grande érudition historique qu'un seul homme ait jamais possédée, expriment la même opinion à l'égard du gouvernement lombard. Tous les deux sont d'avis que les deux peuples s'étaient presqu' entièrement confondus dans leurs relations intérieures; ils pensent que le gouvernement de ces étrangers, après avoir déposé son ancienne âpreté , renfermait en soi le germe d'institutions vigoureuses et l'espoir d'un grand avenir.

Un écrivain d'un grand renom et notre contemporain professe une opinion tout à fait opposée * ; quelques historiens sérieux se rattachent à son opinion.

^ Manzoni. Discours historiques sur certains points de riiistoire lombarde.

Il ne Hous appartient pas, comme nous l'avons dit, de décider cette controverse, mais pour ajouter notre opinion sur cette matière, nous dirons que nous ne voyons pas que la situation de l'Italie se soit améliorée, après la chute de Didier, dernier roi des Lombards.

La constitution du gouvernement lombard était sans contredit plus énergique que celle des Francs. Cbarlemagne introduisit quelque lueur de science, là où l'ignorance des Lombards avait répandu des ténèbres épaisses, mais ces lumières ne tardèrent pas à s'éteindre aussitôt après la mort de Charles. Et longtemps après lui subsistait encore cette primitive ignorance qui se serait peut-être dissipée uniformément par l'accroissement de l'industrie dans le peuple, et par le moxivement naturel des esprits.

Sans entrer dans les détails particuliers de la compilation des lois lombardes moins importantes pour notre sujet, nous indiquerons seulement quatre chefs qui sont de nature à donner l'idée du caractère du peuple auquel elles étaient destinées.

Tout le système des peines roulait, comme nous l'avons dit, sur les compositions ou amendes pécuniaires à l'aide desquelles le coupable s'affranchissait toujours des peines corporelles. La quantité de l'amende était déterminée par la nature des délits, et surtout par les diverses conditions des personnes offensées *.

Le duel judiciaire, cette preuve à laquelle une

^ \\ ne faut pas confondre la composition avec la multa dont il est plus souvent parlé dans les capitulaires de Charlemagne et de ses successeurs. La composition proprement dite se payait à roffensé ou à ses parents; la multa se percevait en proportions inégales au profit du roi et du comte.

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