‹ Histoire de la législation italienneChapitre 28 sur 122 · CHAPITRE II. — LOIS DES BARBARES · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — LOIS DES BARBARES

lie, on viendra à bout d^expliquer la véritable condition politique et légale des siècles, qu'on peut appeler l'âge héroïque de notre histoire moderne. Tant de persévérance dans les études sera assurément couronnée de succès, et l'on verra alors combien se trompait Robertson, quand il disait que toute entreprise d'investigation historique tendant à éclaircir cette époque reculée, était désespérée *.

Sous la domination des Francs, il s'opéra une grande confusion dans la distribution des forces politiques, et un désordre non moins grand dans la discipline de l'administration publique. Cbarlemagne en faisant, comme nous l'avons déjà dit, entrer le clergé dans la constitution publique, tentait en même temps d'étendre sa propre autorité sur la hiérarchie ecclésiaslique ^.

Cette double innovation fut nuisible à la religion comme à l'Etat. Il en advient toujours ainsi quand on veut changer les préceptes éternels de la religion pour les intérêts versatiles de la politique, les divines espérances du ciel pour les désirs matériels de la terre.

L'idée primitive des fiefs se trouve dans l'usage qu'on

* Tableau des progrès de la société en Europe, etc., traduit par Stuart, p. 16.

' V. le Sa*" canon de la 63« distinction de Gratien, où Ton raconte comment le pape Adrien, et le concile qu'il réunit, donnèrent à Cbarlemagne la faculté d'élire le Pontife et de régler le Saint-Siège apostoHque, prescrivant en même temps qu'aucun évêque ne pût être consacré sans avoir préalablement reçu l'approbation et l'investiture du roi. Louis-le-Débonnaire renonça, en faveur du peuple romain, au droit d'élire le Pontife. Nous ne devins pas cacber cependant que quelques bistoriens, comme Noël Alexandre, contestent ce fait.

avait de conférer aux chefs de Tarmée une grande partie de l'autorité publique et des richesses territoriales, ce qui constitue l'un des caractères des gouvernements barbares. Ainsi les terres devinrent dépendantes de la qualité politique, comme celle-ci dépendait parfois de la puissance militaire qui était le pivot sur lequel roulait tout le système de ces gouvernements. Ainsi Ton réunit en une même institution les charges publiques et les possessions territoriale^. Les princes, dans l'espoir d'affaiblir les forces des grands vassaux militaires, firent de larges concessions de cette nature aux prélats. Ils espéraient équilibrer leur gouvernement par des forces de résistance d'égale valeur; au lieu de réquilibre, on produisit des contrastes qui relâchèrent les ressorts de la monarchie, et il en surgit la liberté des peuples.

Quelques-uns pensent que les causes éloignées des institutions féodales remontent aux Lombards; mais si l'on considère le caractère simple et vrai des fiefs, qui consiste dans l'assignation de terres faite avec obligation d'un service militaire, il faudra plutôt en attribuer l'origine aux Francs *.

On sait que parmi les Germains se trouvaient ces fidèles à la suite, qui accompagnaient volontairement les princes de leurs tribus, dans les expéditions guer-

^ Même les empereurs grecs du Bas-Empire avaient Thabitude de faire aux guerriers célèbres, certaines libéralités qui semblent être des fiefs. Mais les fiefs italiens ne tirèrent pas de là leur origine.

Nous ne parlerons pas des honneurs ou charges conférés à vie avec attribution de gouvernement public et usufruit de biens fonds, parce qn*ils n'eurent pas le vrai caractère féodal, tel que nous le consi-» dérons.

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