‹ Histoire de la législation italienneChapitre 29 sur 122 · CHAPITRE n. — LOIS DES BARBARES · texte numérisé non relu

CHAPITRE n. — LOIS DES BARBARES

rières. Tacite leur donne le nom de compagnons, comités. La loi salienne leur donne le titre d^ antrustions ^ Les plus anciens historiens français les appellent letides et fidèles; les écrivains postérieurs les nomment vassaux et seigneurs. Le mot vassal vient de va^sus qui veut dire serviteur, familier, dépendant, qui vit dans la maison d'un prince ou d'un baron*. Ainsi, l'idée primitive et substantielle de vasselage ne doit être recherchée nulle part ailleurs que dans les services de cour.

Dans le principe, on récompensait les fidèles et les leudes de leurs services, en les nourrissant, en leur donnant des armes, et en leur offrant la possibilité d'aifronter de nouveaux dangers dans les combats, et de faire un ample butin. Tels étaient, s'il est permis de s'exprimer ainsi, les fiefs des anciens Germains. Par la suite, ces peuples ayant conquis nos contrées, changèrent d'opinions et de mœurs. Les princes, devenus possesseurs de grands territoires, en cédèrent à leurs fidèles. De telles concessions territoriales furent appelées bénéfices sous la première dynastie des rois de France, et fiefs vers le xi® siècle ^.

Les fiefs étaient amovibles à la volonté du seigneur, dans leur origine, et restèrent ainsi tant qu'il y eut sur le trône des princes habiles et résolus, comme Pépin et Charlemagne. Sous le règne de Louis-le-Débonnaire

* Vassal dans la foi du roi.

* Ducange, Lexicon, ad voc. De vassus dériva le mot vàvasseur, vasai-vassorum.

' Le savant Jacques Durandi, dans la note 31 de Téloge du président Antoine Favre, inséré au volume II des Piémmlais illustres ^ avertit qu'avant i040, le mot fief n'était pas connu en Italie.

et de ses faibles successeurs, les vassaux devenus puissants par leurs domaines et plus encore par la faiblesse des rois, confondirent les fiefs avec leurs biens patri- ^ raoniaux, et les transmirent en héritage à leurs enfants; les ducs, les comtes et tous les grands officiers de la couronne en usèrent de même de leurs charges. Charles-le-Chauve , voyant que le mal était devenu incurable, songea à valider un abus qu'il était trop tard pour réformer, et par un capitulaire de 877, déclara héréditaires les charges et les fiefs; et la révolution fut achevée.

Il existe aujourd'hui une secte d'historiens, qui voudraient réunir en un seul contexte, toutes les relations de clientèle et de dépendance sociale pratiquées entre les hommes dès l'âge le plus reculé dont fasse mention l'histoire. Jean-Baptiste Vico, le premier, a porté le regard vers ces sublimes investigations. En essayant d'expliquer le retour que font les nations sur la nature étemelle des fiefs, alors qu'il ne parvient point à démontrer la vérité, du moins, pour nous servir d'une phrase heureuse de Manzoni, il laisse entrevoir qu'il a mené le lecteur dans les régions où l'on peut espérer de la trouver * .

Les disciples de l'école de Vico, en cherchant à ramener tous les faits à l'hypothèse du maître et en substituant des subtilités aux généralités que celui-ci avait proposées, efl*acèrent l'éclat de la méthode, et en rendirent l'application incertaine.

^ Voy. Cataldo Jannelli : Essai sur la nature et la nécessité de la science des choses et des histoires humaines. Naples, 1817, sect. il, chap. IX.

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