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CHAPITRE III. — LES LOIS ECCLÉSIASTIQUES

donner un exemple très-concluànt, nous ferons remarquer que la théorie des empêchements qui annulent le mariage, empêchements tirés des liens du sang, dérive entièrement du droit civil, ainsi que l'atteste le pape Nicolas III dans sa seconde réponse aux Bulgares. On pourrait en dire autant de la plupart des autres empêchements au mariage, de la théorie des contrats, et des règles principales de la procédure civile.

Les sources auxquelles a puisé le droit positif ecclésiastique peuvent se réduire à trois : les canons, les * conciles, le.^ constitutions des pontifes et les coutumes.

Parmi les conciles généraux, on en compte huit qui furent célébrés dans l'église d'Orient, savoir : deux à Nicée , quatre à Costantinople , un à Ephése et un en Ghalcédoine; le dernier concile tenu à Costantinople, eut lieu en 869, sous le règne de Basile le Macédonien.

Ceux tenus en Occident, en commençant par le premier concile de Latran, tenu à Rome en 1123, sous le pontificat de Calixte II, sont au nombre de douze, savoir : cinq conciles à Latran, deux à Lyon, un à Vienne , un à Constance , un à Bâle , un à Florence et un à Trente.

Comme nous l'avons déjà dit, nous nous bornons ici au rôle d'historien, et par suite , nous ne discuterons pas les raisons qui font que quelques-uns nient la légitimité des actes des conciles de Constance et de Bâle. Nous ajouterons seulement qu'en général, Tautorité des canons des conciles généraux fut toujours très-vénérée dans l'Eglise catholique, qui de cette manière continua pendant plusieurs siècles à se gouverner comme au temps des Apôtres, lesquels se réunirent trois fois pour

délibérer sur les grandes occurrences de la naissante société des fidèles.

Indépendamment des conciles généraux, il y eut plusieurs conciles nationaux et proyinciaux, dont les prescriptions, tout en ne s'appliquant pas à l'Eglise universelle, avaient cependant force de loi dans lés contrées où ils s'étaient assemblés.

Les provisions des conciles généraux de l'Eglise d'Orient ne sortaient pas du cercle rigoureux de la puissance spirituelle ; on y étudiait les articles de foi, on condamnait les hérésies, on corrigeait lés scandales * et l'on faisait des règles de discipline. Mais quand on commença à tenir xin concile œcuménique en Occident, on s'aperçut que la condition des temps était changée, que les deux puissances souveraines s'étaient heurtées, et que l'Eglise assumait la direction d'actes appartenant, par leur nature, au gouvernement politique *. •

Nous avons dit que les deux puissanceis s'étaient heurtées ^ et pour expliquer ce fait il faut rappeler les dissensions qui s'étaient élevées quelques années auparavant entre le Sacerdoce et l'Empire. L'Empereur,

1 Les secours pour Texpédition des croisades.

* Ce que nous disons ici n'a trait qu'aux conciles généraux. Car nous avons l'exemple de conciles provinciaux ou nationaux dans les* quels un accord parfait ne cessait de régner entre les deux pouvoirs. On nous permettra, bien que ce soit en dehors du sujet de cette his-* toire, de faire remarquer que les treize conciles de Tolède nous offrent dans leurs actes , l'exemple de la plus grande déférence réciproque entre le roi et le clergé. Le troisième canon du cinquième parmi ces conciles, consacre le principe de la royauté élective ; le treizième canon du neuvième concile n'hésite pas à défendre aux affranchis des églises, de se marier avec les Romains et les Goths.

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