‹ Histoire de la législation italienneChapitre 51 sur 122 · CHAPITRE UU — LES LOJS ECCLÉSIASTIQUES · texte numérisé non relu

CHAPITRE UU — LES LOJS ECCLÉSIASTIQUES

pFéceptes qui leur avaient été adressés directement, ou que, sous certains rapports, on tenait pour profitables et dignes de respect. On ne procédait pas toujours avec ordre et avec une critique suffisante , et si un canon , même nouveau, se présentait, on commençait par Taccueillir *.

Il n'est donc pas surprenant si à des textes sincères il s'en mêlait d'apocryphes, d'autant plus que l'ancienne méthode d'écrire les canons, tant en Orient qu'en Occident, ne laissait ni intervalles ni distinction de temps ou de rubriques, entre des chapitres tirés de sources différentes.

' Cependant le besoin d'avoir un corps de lois définies et stables, se faisait trop sentir, pour qu'on ne se hâtât pas de rassembler les canons et les décrétgles les plus importantes, et d'un usage plus fréquent.

Sans parler des collections particulières conservées dans les églises plus anciennes, et qui ne furent que des dépôts partiels, nous rappellerons le nom du plus ancien compilateur des canons approuvés dans l'Eglise d'Occident, la seule dont nous ayons à nous occuper ici. Ce fut Denys-le-Petit {exiguus), qui vers l'an 500, fit un recueil de droit canonique. Assez versé dans la connaissance de la langue grecque , il traduisit en latin et rassembla tout ce qui se trouvait dans les précédentes collections , avec les canons appelés apostoliques et toutes les constitutions des pontifes, depuis

* En vojgi un exemple tiré de l'histoire de Grégoire de Tours, 1. V, chap. XIX : Ipse (rex) vero ad melatum discessit transmittens librum canonum in quo erat quaternio novus adnexus habens canones quasi aposlolicos, etc.

le pape Sirice qui vivait en 383 jusqu'à Athanase 41 qui mourut en 523. La compilation de Denys fut si appréciée à Rome, qu'on l'appela par antonomase le corps des canons^ comme s'il n'y en eût pas eu d'autres; et cet usage fut suivi jusqu'au décret de Gratien et aux décrétales de Grégoire IX.

Après Denys, on compte plusieurs compilateurs, tels que : Martin de Braca , Réginon de Prum , Buccard de Worms et Yves de Chartres, sans compter beaucoup d'autres compilateurs de moindre importance, que nous ne mentionnerons pas. Nous devons cependant parler d'une collection qui parut vers le temps de Charlemagne, laquelle contenait plusieurs fausses décrétâtes,' que l'usage avait admises, et qui changèrent en partie le gouvernement ecclésiastique*.

On crut dès l'abord, qu'une telle collection était l'œuvre de saint Isidore de Séville, parce que le compilateur s'appelait Isidore avec l'épithète de Peccator ou Mercator, Mais bientôt on reconnut l'erreur, et quoique quelques savants aient essayé de découvrir l'auteur véritable, leurs efforts sont restés sans succès. Ce qui paraît certain, c'est qu'il n'appartenait pas à l'Eglise romaine 2.

* Quelques érndits très-versés dans le droit canon pensent que les décrétales dont il est question, quoique apocryphes, contiennent néanmoins des principes approuvés dans l'Eglise à la suite d'un long usage, car si les décrétales d'Isidore eussent été en contradiction avec le droit en vigueur, ou Ton aurait aussitôt découvert la fraude ou on les aurait considérées comme tombées en désuétude, et de toutes façons il n'en serait résulté aucun effet. D'où ils concluent que les décrets de Mercatore innovèrent peu ou point.

' Brunet^ auteur de V Histoire du droit canons défenseur aussi zélé que personne des opinions gallicanes, écrit ce qui suit : Je proteste

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