‹ Histoire de la législation italienneChapitre 56 sur 122 · CHAPITRE lY. — LES COMMUNES · texte numérisé non relu

CHAPITRE lY. — LES COMMUNES

ont donné plus de poids & l'opinion de Muratori. L'on peut dire qu'aujourd'hui presque tous ceux qui s'occupent de cette partie de l'histoire^ adhérent à l'opinion de cet auteur. Cet ordre municipal au sein des cités italiennes était séparé d'abord de tout principe de gouvernement politique. Ce fut une forme d'administration intérieure, obscure et plutôt tolérée que reconnue; mais elle suffit pour empêcher que la dernière trace du gouvernement communal ne s'évanouît entièrement, et pour conserver un germe qui [devait se développer dans des temps plus propices.

Nous l'avons dit, le souvenir de l'ancienne Rome ne s'évanouit jamais. La religion chrétienne remplissait sa mission divine, en réunissant tous les hommes au pied de la croix, dans une pensée commune d'égalité fraternelle. L'ignorance et l'orgueil des Barbares, les détournaient des préoccupations des intérêts municipaux; la continuation en Italie d'un système de municipes puise ses principales causes d'existence dans ces trois faits.

L'opinion de Léo sur l'origine des communes italiennes se rapproche de la théorie d'Hoichorn sur les communes d'Allemagne. Il pense que l'autonomie communale après l'état de barbarie, dériva principalement des immunités accordées par les empereurs aux évêques, d'où surgirent les privilèges territoriaux, appelés immunités des corps saints.

A la suite des discordes qui s'élevèrent entre les évêques et les comtes au sujet de ces concessions, le pouvoir ecclésiastique vainquit les obstacles que lui opposaient les officiers de l'Empire. Mais le peuple.

qui avait combattu sous 1^ drapeau des évêques, ne tarda pas à se tourner contre eux, aussitôt qu'il s'aperçut qu'il était en son pouvoir de secouer par ses propres forces toute espèce de servitude.

Maintenant, si l'on nous demandait quel est des trois systèmes que nous venons d'indiquer, celui qui est préférable aux autres, nous nous abstiendrions de donner une réponse décisive. D'après nous, la solution de ce problème historique, est dans la combinaison de ces trois systèmes, plutôt que dans l'exclusion de deux d'entre eux au profit d'un seul.

Après avoir adopté cette voie de conciliation, pourquoi ne dirait-on pas que, la forme du municipe romain ayant été en majeure partie détruite, on conserva néanmoins certaines règles, par une continuation tacite plutôt que par un droit explicite? que P élément commujial conservé parmi les habitants des cités, sous la protection des évêques, défenseurs des faibles et des opprimés, et grâce aux égards dus à la propriété privée, possédée par les indigènes, l'élément communal, disons-nous, s'accrut et se dilata *? qu'après avoir acquis une certaine prépondérance, cet élément entra dans le système politique de l'Empire, et fut solennellement approuvé par Othon I^r? enfin, qu'ayant acquis plus de

^ Nous adoptons volontiers ici Topinion émise par MM. de Vesme et Fossati dans le discours auquel TÂcadémie de Turin a accordé le prix, et intitulé : Vicissitudes de la propriété en Italie depuis la chute de V Empire romain jusqu'à l'établissement des fiefs. Turin , 1836. Ces auteurs pensent que quoique Tancienne forme du municipe eût disparu, les Latins ne perdirent pas pour cela leurs droits privés, et qu'Autharis, roi des Lombards, ne les dépouilla que du tiers de leurs biens.

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