‹ Histoire de la législation italienneChapitre 57 sur 122 · CHAPITRE IV. — LES COMMUNES. . i2i · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. — LES COMMUNES. . i2i

force et de vigueur durant le cours des luttes entre les évêques et les comtes, il se débarrassa des liens qui l'entravaient et proclama son indépendance?

Cependant le droit de décider sur cette matière, enveloppée encore de difficultés et de doutes, appartient à ces nobles esprits, qui s'adonnent plus particulièrement à l'histoire critique de l'origine des institutions modernes *. Nous répéterons avec un élégant écrivain qui a entrepris de décrire l'état présent de la littérature en Italie ^ : « Donnons-nous de garde de considérer » comme vaine une telle question : la vie sociale en » Italie date de l'époque dont nous parlons. Il est très- > important de prouver que le berceau de la Commune » italienne n'est pas l'Allemagne, mais l'Italie elle- » même. »

Ne soyons pas toutefois trop exclusifs, et prêtons la plus grande attention aux considérations que nous allons emprunter à l'ouvrage de M. Charles Troya, livre capital s'il en fut pour l'histoire de l'Italie 3. Les races germaniques avaient besoin plutôt du savoir et de l'in-

^ Gomme notre histoire vise aux résultats plutôt qu^à la formation des causes qui les ont engendrés, nous n'avons pas cru devoir entrer dans les incertitudes qui entourent encore le développement de la forme communale, sur lesquelles le comte César Balbo, dans ses travaux sur rhistoire des cités italiennes, a parlé avec une critique si approfondie. Il nous suffit à nous d'avoir en vue la communauté régulière des cités italiennes, dans les temps qui précédèrent la paix de Constance.

V. aussi Cenni slorici délie leggi suïï agricuUura dei tempi romani flno ai nostri de Henri Poggi. Florence, 1845-48. Tom. II, p. 143 et suiv.

* V. Revue britannique, nov. 1837, p. 68.

' Storie d'Italia nel medio evo (parte V ed ultima). Naples 1841.

telligencc que des exemples des libertés municipales de Rome. Luitprand aurait plus promptement porté ses Lombards à la civilisation romaine et à la forme adoptée par les communes italiennes après le xi^ siècle , si le système des lois personnelles n'avait pas entraîné si longtemps l'institution d'une loi unique et terntoriale dans le royaume italien. La loi sur les scribes suffisait à entretenir parmi les Lombards les souvenirs de la vieille sagesse de Rome. Il n'était pas nécessaire de recourir pour cela à l'organisation communale du peuple vaincu , presqu'entièrement effacée. Mais leâ Lombards jusque vers le xic siècle tenaient beaucoup plus aux traditions germaniques qu'aux traditions romaines.

Il est désormais temps de revenir aux faits qui se rattachent directement au sujet de nos études.

La puissance vénitienne précéda toutes les autres, et son origine remonte au viiiè siècle de notre ère. Le sort de l'aînée des républiques italiennes fut bien différent de celui des autres républiques venues après elle. Elle entra dans une voie politique toute particulière, et s'associa peu aux autres Etats de la péninsule. Son indépendance et sa souveraineté lui étaient déjà assurées lorsque commença le grand mouvement de la ligue lombarde, avec laquelle Venise eut à peine des relations, plutôt comme médiatrice que comme partie belligérante. Venise doit donc être étudiée à part et séparément des autres républiques, dont l'origine date du xie siècle.

Deux démonstrations de faits sont nécessaires pour prouver l'existence de la véritable indépendance ou de V autonomie communale; ces faits sont la guerre et les

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