‹ Histoire de la législation italienneChapitre 60 sur 122 · CHAPITRE IV. — LES COMMUNES · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. — LES COMMUNES

cesser ses altaques contre Gênes, qu'on devait suivre l'exemple des anciens Romains, et châtier plus sévèrement un voisin dangereux quoique faible, qu'un ennemi puissant mais éloigné.

Il faut remarquer une autre différence caractéristique entre le municipe romain et la commune moderne; le caractère du premier était essentiellement aristocratique, celui de la seconde était démocratique *. Le même auteur qui nous sert de guide, pour marquer la variété des origines des lois françaises et italiennes, en parlant de la charte ou statut de Laon, nous indique le moment où commence en France la législation moderne.

« Nous sommes en présence d'une petite société » bouleversée, à qui des lois régulières sont devenues » nécessaires, et qui, ne sachant comment se les don- » ner elle-même, les reçoit d'un pouvoir supérieur, » avec lequel elle était en guerre la veille, mais qui » n'en exerce pas moins sur elle cette autorité, cet as- » cendant, condition impérieuse de toute législation i efficace *. »

En Italie, les choses se passaient tout autrement; l'ancien droit romain, ainsi que nous l'avons vu, ne disparut jamais entièrement du sol, il fut le premier

^ Histoire de la civilisation^ leçon 18; et Ton remarquera comment Venise tournée depuis en aristocratie, fut pendant plusieurs siècles uo gouvernement démocratique. Ainsi disait le chevalier Soranzo, dans son traité du gouvernement de Venise (dans Daru, Histoire de Venise), que la république naquit dans la popularité de sa constitution , et pendant des centaines d'années fut une véritable démocratie,

* L. C. 47« leçon.

élément de l'indépendance recouvrée. Les Italiens savaient où trouver une sage législation ; ils ne firent que mettre au jour le dépôt que leur avaient laissé leurs ancêtres. Ils ne reçurent pas leurs lois d'une puissance supérieure, mais ils forcèrent l'empereur qui se disait leur maître, à ratifier leurs anciennes coutumes. Ils ne lui demandèrent pas qu'il employât son autorité pour valider leurs lois ; cette autorité, ils la trouvaient en eux-mêmes, dans leur système politique déjà rafiermi, dans leurs propres forces victorieuses, au nom desquels ils demandaient la restitution déjà acquise de leur ancienne grandeur, enfin dans le concours de puissances amies. Un homme d'esprit a dit que la liberté communale en Italie avait été tenue sur les fonts par Grégoire Vil et la comtesse Mathilde. Cette phrase poétique vaut seule une longue dissertation.

Avant de parler du traité de Constance, acte principal qui confirma l'autonomie communale en Italie, il est nécessaire de rappeler le changement de gouvernement survenu à Rome en H43, par l'entremise d'Arnold de Brescia. Deux réflexions se présentent à notre esprit, à l'occasion de cet événement, sur lequel les historiens ne se sont peut-être pas suffisamment arrêtés ; c'est qu'on essaya alors de réorganiser le gouvernement communal, d'après les anciens usages romains et les doctrines d'un philosophe et d'un orateur. Ce n'était pas un spectacle nouveau que de voir paraître à Rome le fantôme de la république éteinte. Deux siècles ne s'étaient pas encore écoulés depuis que Crescence avait tenté un semblable changement qui avait fait couler le sang dans la ville, et la nouvelle conju-

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