‹ Histoire de la législation italienneChapitre 7 sur 122 · CHAPITRE I. — LE DROIT ROMAÎN. il · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. — LE DROIT ROMAÎN. il

du devoir de celui qui s'occupe des vicissitudes de notre ancienne législation, de ne pas passer sous silence le mérite de ces Italiens qui, les premiers, réveillèrent cette controverse, et il n'est pas difficile de s'en rendre compte, puisque la controverse est racontée tout au long dans l'histoire de la littérature italienne de Tiraboschi *, qu'il n'est pas permis d'ignorer quand on veut parler de choses arrivées en Italie.

Nous avons dit que M. deSavigny avait démontré à l'évidence, que l'application du droit romain n'avait jamais cessé en Italie, sous le gouvernement des Lombards et des Francs. Nous ajouterons maintenant, que pour mener à fin son œuvre célèbre, M. de Savigny ne manqua pas de matériaux précieux préparés et disposés par plusieurs Italiens. Mais en s'en servant avec un examen rigoureux et une grande pénétration de jugement, il a été très utile à l'histoire particulière de la science des lois, aussi bien qu'à l'histoire de la civilisation de l'humanité. Il puisa des documents très-importants dans les bibliothèques considérables de l'Italie, et notamment dans celle de Turin *.

Les limites que nous avons assignées à notre travail, ne nous permettent pas d'entrer dans l'analyse des preuves tendant à démontrer que, soit à Rome, ou dans l'exarchat de Ravenne, ou même dans, les pays soumis

* Lib. IV, chap. vi.

^ M. de Savigny : Histoire du droit romain, appendice IV, vol. n. III. Traduction de Guenoux. Nous sommes heureux de pouvoir oifrir à nos lecteurs certaines gloses très anciennes et inédites sur le droit romain, que M. de Savigny n^avait pas connues. On les trouvera aux nos 1 et 2 de l'appendice, à la fin de ce volume.

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aux Lombards, on a toujours conservé la tradition de plusieurs parties du droit romain. M. deSavifny asi bien développé cette parlie, qu'il ne resterait plus aujourd'hui qu'à glaner dans le champ où il a si amplement moissonné. La continuation des idées romaines, bien que couvertes par l'obscurité des temps, et dénaturées par l'ignorance des hommes, explique mieux que toute autre chose, pourquoi la barbarie fut toujours moins profonde en Italie que partout ailleurs, et comment là plutôt qu'ailleurs, surgit la lumière de la civilisation qui, bientôt, éclaira toute l'Europe peut-être.

Il ne sera cependant pas inutile de dire comment les différents livres des compilations de Justinien se reproduisirent entre les mains d'hommes studieux. Un écrivain très versé dans cette partie d'érudition historique, et dont nous citerons les paroles, a décrit ce fait mieux que nous ne saurions le faire *.

€ Le livre des Institutes est le seul des volumes de la jurisprudence de Justinien qui soit parvenu jusqu'à nous, tel qu'il sortit des mains de ses auteurs. L'œuvre du Digeste peu appréciée et encore moins employée, fut souverainement négligée, et il paraît qu'elle aurait disparu en grande partie, si le hasard n'avait conservé avec les Pandectes florentines * un exemplaire pres-

^ Article du chevalier Charles de Vesme inséré dans le journal intitule : Annales de Jurisprudence, qui se publie à Turin. Livraison de novembre 1838.

* V. Topusculd intitulé : Quatuor folia aniiguissimi alieuius Diges^ torum codicis rescripH, Noapoli nuper reperla, nunc primum édita ab erud. Theod. Gaupp. U, J, et D. P. P, E, in universitate Vratislaviensi : Vralislaviae 18!23. L'éditeur donne à ce palimpseste une date

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