‹ Histoire de la législation italienneChapitre 8 sur 122 · CHAPITRE î. — lE DROIT RÔMAW. 4ft · texte numérisé non relu

CHAPITRE î. — lE DROIT RÔMAW. 4ft

qu'entier et très ancien de ce monument de la sagesse des Romains *.

» Le Code était encore plus altéré et discrédité. Les mêmes causes qui rendirent moins fréquent l'usage du Digeste au moyen âge, firent que, dés les temps les plus reculés et antérieurs à l'école de Bologne, dont on par-* lera bientôt, le Code fut divisé en deux parties ; de manière que l'on transcrivait les neuf premiers livres seulement^ lesquels servaient à l'usage des écoles et du barreau, et l'on mettait encore dans ces livres, les lois doubles et les nombreuses constitutions grecques.

j> Les trois derniers livres concernant principalement le droit public, et par cela, moins utiles à la jurisprudence privée, étaient peu compris et entièrement abandonnés, et furent tellement oubliés que, du vu* siècle jusqu'à l'ouverture de l'école de Bologne, on n'en trouve aucune citation ni aucune mention spéciale.

» On ne sait au juste d'où ces livres, perdus depuis si longtemps, furent tirés lors de la renaissance des études de la jurisprudence romaine ; il est cependant probable qu'on les retrouva dans les archives de l'Eglise, à Rome ou à Ravenne.

D En Occident, comme en Orient^ aussitôt après la

postérieure de quelques années à Tépoque des Pandectes florentines, c'est-à-dire vers la moitié du vil^ siècle.

^ Une division bizarre du Digeste s'introduisit dans les écoles après la renaissance des études de la jurisprudence , et fut suivie dans les éditions du xve et du XVP siècle. On appela Digestum vêtus la partie comprise depuis le 1er livre, jusqu'au titre 2^ du vingt-quatrième ; Infortiatumj celle contenue depuis le titre troisième du susdit livre, jusqu'à la fin du trente-huitième ; et de là jusqu'à la fin de la compilation, on disait : Digestum novum, V. sur cette distribution, M. de Savigny, chap. xxil L. c.

âÔ I)£ LA LÉGISLATION ITALIENNE.

mort de Justinien, les Novelles furent confondues, et on y ajouta plusieurs constitutions émanées de ses successeurs. »

Après avoir parlé des textes du droit romain, il est inutile d'indiquer tous les ouvrages de jurisprudence, compilations et épilogues * conservés au temps de la renaissance de ces études. Quiconque voudra se rendre un compte exact de tous ces travaux qu'il serait trop long d'énumérer ici , trouvera dans l'histoire de M. de Savigny et dans l'exposition de Yesme,. un ample exposé de doctrine peu commune. *

Quelques considérations entre autres serviront à mettre en évidence les moyens à l'aide desquels le droit romain se conserva, à travers une si grande variété de coutumes étrangères, introduites en Italie. D'abord, on doit rappeler l'usage constant, observé par les ecclésiastiques, de suivre cette législation pour régler les actes civils que les fidèles soumettaient à leur jugement. Cela est amplement démontré par les lettres de saint Grégoire-le-Grand, dans lesquelles on lit des passages entiers de droit romain, ainsi que la centième loi du sixième livre de Luitprand, roi des Lombards, lequel tient pour reconnu que le veuf qui entre dans les ordres sacrés, passe sous l'empire d'une nouvelle loi • qui ne peut être que la loi romaine*; enfin la cons-

^ Dans le livre récemment publié par C. E. Zachariae, intitulé :

Historiœ juris grœco-romani delineatio : Heidelbergse 1839, cap. xi,

! p. 56, on lit : Leges in Basilica atque enchiridia ah imperatorihus

I édita relatas^ et novellas constitutiones Leonis et insequentium impe-

! ratorum iudices inae a sœc. X in causis decidendis unice seque-

bantur.

j ^ V. Grandi, Epistok de Pandeetis ad Averaniumy n<> 10. Muratori

I dans la note de la loi susdite de Luitprand.

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