CHAPITRE IV. — LES COMMUNES
occurrences, et de la facilité qu'on avait de les changer. Pétrarque nous montre que de son temps l'application des lois romaines était tellement tombée en désuétude que sij dit-il, on avait cesse de les enseigner dans les écoles , dès cette époque, elles auraient perdu toute vigueur^.
En étudiant ces statuts, il sera bon de se fixer sur la distinction des personnes, c'est-à-dire, la séparation qu'on faisait généralemen.t de la noblesse d'avec le peuple.
Nous avons déjà observé que le caractère dominant dans la constitution communale italienne, c'était l'élément démocratique. A Florence, les nobles étaient exclus de l'exercice des droits politiques ; et lorsqu'il arrivait que l'importance d'un plébéien inspirât des inquiétudes au public, aussitôt on le faisait passer dans la classe des magnats ou nobles. Pour arrêter l'abus excessif de cette espèce d'ostracisme on rendit une loi , par laquelle aucun plébéien ne pouvait être relégué dans la caste des magnats qu'en cas de délits graves, comme s'il se rendait coupable d'homicide, d'empoisonnement, de vol, d'inceste ^, etc.
A Rome, les nobles ne jouissaient devant les tribunaux de prérogatives ni de droits égaux à ceux du peuple 3.
^ Dans répître 1 des Séniles adressée à François de Carrare, seigneur de Padoue : An nescis uthomines sic humana cuncia senescere? Senescunt pœne jam romanœ leges, et nisi in scholis assidue legerentur, jam procul dubio senuissent, Quid statut is municipalibus eventurum putasf ^
* Statuta populi Florentiœ. Friburgi, tom. 1, p. 429. Nous rapportons un chapitre des statuts de Rome, le 150« du premier livre, parce qu'il nous semble très-propre à éclaircir comment
Il ne sera pas difficile de croire que de semblables distinctions mettaient souvent en péril la paix publique, comme elles offensaient toujours Tidéede la justice dans l'esprit des hommes.
Dans les endroits où les nobles avaient conservé des forces à peu près égales à celles du peuple , il s'était formé des sociétés distinctes dans l'une et l'autre classe. Chaque société établissait ses privilèges et jurait de les maintenir; et en général, ces privilèges ne visaient qu'à préparer des vengeances, et à maintenir les haines entre les deux sociétés. On nous a conservé quelques chartes de ces congrégations et elles peuvent servir de
les lois se pliaient aux caprices populaires (édition de Rome 1549, p. 39). ff Baro seu Baronissa de magnatibus, qui ad sequimenta » praestanda tenetur, habens causam civilem, vel criminalem cum » aliquo de infcrioribus, non possit, durante causa , intrare palatium » Capitolii nisi tune tan tu m quando responderet accusationi crimi- » nali, vel quando se reprsesentaret ad mandatum Senatoris vel poj» neret se intus.
» Et idem per omnisi inlelligatur de bastardis eorum sive cum » dictis bastardis suis sive cum dictis baronibus litigarent. Satis est » enim quod per advocatos et procurât ores eorum possint defendere » et prosequi causas suas. Et si inferior voluerit dictam causam ci- » vilem in duos populares compromitli, cogantur dicti maiores ad » compromittendum. Et si dicti duo infra mensem causam non deci- » derent nuUo servato iuris ordine, sed sola rei veritate perquisita, » Senator eligat certum popularem, cuius consilio causam decidifaciat » infra x dies post dictum mensem computandum. Et si in praediclis » Senator vel aliquis praedictorum contra fecerit seu negligens fuerit, » punietur in C libris provisi , et damnum parti lœsae rescrceat. Baro » etiam et quilibet de maioribus praedictis vel bastardus eorum conj» trafaciens puniatur in quingentis libris provisis. — Âdditum est » quod judex dictse causse Baronis seu Baronissae non possit loqui » cum tali Barone seu Baronissa durante dicto litigio, ad pœnam L li- » brar. provisis. — Additum est quod dicti Barones et bastardi » eorum nunquam possint venire ad Capitolium sine licentia domini » Senatoris vel senatum regentium ad paenam c Floren. auri etc.. »