‹ Histoire de la législation italienneChapitre 71 sur 122 · CHAPITRE IV. — LES COMMUNES · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. — LES COMMUNES

preuve au peu de moralité de ces temps-là. Parfois ce n'était plus une seule classe, c'était plutôt un certain nombre de citoyens appartenant aux deux ordres, qui se constituaient en société particulière pour acquérir plus de pouvoir, et s'opposer aux embûches des ennemis de leur patrie.

Parfois c'étaient des sociétés qui se formaient sous le patronage d'un prince dans l'intérêt d'un parti. Telle a été, par exemple, la société des croisés (Societas Croceatorum) formée à Parme vers 1266, à l'instigation de Charles d'Anjou, pour soutenir la faction guelfe et les prétentions des papes. Cette société acquit en peu de temps une si grande influence, qu'elle parvint à maîtriser Je' gouvernement *.

En un mot, ces sociétés étaient des déviations de l'esprit d'associatioE surgi dès le premier temps de la ligue lombarde, et les communes libres et celles qui obéissaient à un prince en renfermaient indistinctement.

Outre ces sociétés formées dans le but de conserver des droits privés, ou bien de sauvegarder des intérêts politiques spéciaux, il y en avait d'autres, plus fortes et mieux organisées, dont le but était de favoriser le commerce et d'accroître les richesses publiques. De ce nombre était la célèbre banque de Saint -George à Gênes, laquelle, dès sa fondation, sauva la patrie d'un danger imminent, en prépara la splendeur et acquit

* Voy. Statuta communis Parmes. ah anno 1266 ad annum circiier 1305. — Parme 1857. La préface que le savant M. A. Ronchini a mise en tête de ce recueil mérite de fixer Tattention des personnes qui s'occupent parliculièrement de ce genre d'études.

une importance dont il reste encore des traces aujourd'hui. Ce fut de la banque de Saint-George que Machiavel écrivit qu'elle avait pu, à l'aide de ses propres statuts, conserver des habitudes honnêtes au milieu d'an peuple corrompu.

Les nobles dont les Gefs et les terres avoisinaient les cités gouvernées en républiques, se mettaient sous la protection de ces nouvelles puissances. Ils yétaientreçus en qualité de citoyens, avec obligation de remplir certains devoirs, et de se déclarer fidèles au principe démocratique, en jurant de respecter l'existence légale de la République. On les obligeait à posséder au moins une maison dans la ville sous la protection de laquelle ils se mettaient. Ce fut de cette manière que le 5 juillet 1222, l'évêque et le peuple de Turin reçurent sous leur protection et reconnurent pour leui>concitoyen le marquis de Saluces. ].es mêmes oblig;Uions étaientiniposées auï communes, alors qu'en sig-ne d'alliance elles demandaient à être admises auxdioîts de cité. Ainsi s'explique le contrat imssé en 1221, entre les habitants de Verceil et la commune de Milan '.

Dans les villes les plus opulentes, il se formait d'autres associations, ainsi les corporations des arts-etméliers y étaient établies avec la plus grande régularité, et parfois elles formaient à elles seules, la base de la constitution politique. Dès les temps les plus reculés, après la barbarie, on trouve dans les cités italiennes des consuls, des gonfalonniers et des conseil-

' Voy. // comune di Vercelti net medio evo, aludj slorici di Viltorio IHandrJli. Vercelli, 1857, p. 103.

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