CHAPITEE IV. — LES COMMUNES
lers des arts *, mais le règlement des arts établi à Florence, et dont nos historiens modernes parlent avec tant d'abondance, fut remarquable entre tous.
Si les habitants des villes jouissaient d'une .grande liberté, ceux des campagnes en manquaient souvent. Les cultivateurs furent appelés après les autres à participer aux droits et aux bienfaits d'un gouvernement libre, développé à Tombre des villes républicaines. Ce fut dans la seconde moitié du xiii« siècle que se multiplièrent les lois et les règlements qui afiTranchissaient les paysans; mais quoique arrachés à la servitude, ceux-ci demeuraient cependant soumis à une espèce d'impôt de rachat. Toutefois, le serf qui était parvenu à se soustraire pendant un an et un jour à la domination de son maître, était tenu pour libre , s'il s'était réfugié dans l'enceinte d'une cité libre.
Quelle qu'ait été l'impulsion donnée par les croisades, aux relations réciproques entre les hommes de toute condition; quelque haut que retentit le cri de liberté parmi les révoltés de la Lombardie, la servitude ne disparut que par degrés et après de grands efforts. Le grand bienfait de l'émancipation légale de tous les habitants de l'Italie ne put être obtenu que par le mouvement lent d'une prudence admirable ^. Nous sommes
^ Consules negotiatorum , à Milan, Giulini année 1159. Minislrales artium, contractorum consules mercatorum et campsorum, ministrales annaturarum . Gonfalonerii et eorum consiliarii. Savioli , annales de Bologne m? Voy. Statuta antiqtM mercatorum Placentiœ publiés par M. G. Bonora, Parme, 1860.
' Voy. IJrsprung der Besitzlosigkeit der Golonen im neueren Toscana : aus den Urkunden, von G. F. von Rumohr Amburgo, 1830. Voy. aussi Gantu, Storia degli Italianif tom. III. p. 383, Turin, 1854.
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obligé de dire à la honte de la nature humaine, que TaboUtion générale de Tesclavage ne fut due en majeure partie qu'à l'industrie et aux calculs intéressés qui firent voir que, pour le commerce et Tagricullure, l'homme libre est un capital plus productif que l'esclavage.
C*e serait un travail d'une grande utilité que de montrer à travers quelle série d'efforts on est parvenu à détruire toute trace de servitude personnelle; comment et en quelles proportions les princes et les républiques contribuèrent à ce grand résultat '. Pour le moment nous ne pouvons qu'indiquer deux lois, qui nous paraissent plus aptes à montrer de quels moyens se servirent les républiques de Bologne et de Florence, pour encourager l'affranchissement des serfs; l'une de ces lois est de 4285*, l'autre de 42893. Nous ajouterons
* Un grand travail sur cette matière a été préparé par M. le chevalier Louis Cibrario. Nous hâtons de nos vœux la publication de ce livre qui sera digne sans doute de la grande et juste réputation littéraire dont jouit son auteur.
* Gaccianimico, Décades historiques de Bologne de Tannée 1283. c La république de Bologne racheta du trésor public les esclaves des deux sexes existant dans le Bolonais au prix d'un stère de blé froment pour chaque laboureur qui avait des bœufs, et d'un quart pour celui qui ne servait que de sa personne, et qu*on appelait bracente (homme de peine.) Ces affranchis furent constitués laboureurs, appelés dans notre langue fumanti, et les autres braceniit à la grande consolation générale du peuple et de la république qui avait accompli une œuvre aussi pieuse.»
3 Par un acte solennel du 6 août 1289 (rapporté par Migliorato Maccioni, Ecrits en faveur des comtes de la Gherardesca^ tom. II , p. 74, et dans le tom. IV de l'Observateur de Florence) il fut établi par la commune de Florence.
« Cum libertas qua quisque voluntas non ex alieno sed ex proprio j» dépendit arbitrio iure naturali multiplicilcr decoretur, qua etiam » civitates et populi ab oppressionibus defenduntur, et ipsorum iura