‹ Histoire de la législation italienneChapitre 73 sur 122 · CHAPITRE IV. — LES COMMUNES · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. — LES COMMUNES

enfin, que l'esclavage ne disparut entièrement de l'Italie qu'après la fin du xiv^ siècle, quoiqu'il restât encore la servitude de la glèbe, reste d'asservissement qui s'est prolongé jusqu'à des temps rapprochés des nôtres.

Après la liberté légale des individus, le premier bien dans une société, c'est la paix, surtout entre les membres d'une même nation. Mais les républiques italiennes agitées à l'intérieur par les factions, engagées au dehors dans des guerres continuelles avec leurs voisins, jouirent peu de la paix. Quelques hommes de bien entreprirent de rétablir l'entente entre ces républiques, et comme la seule voix qui peut éteindre les haines est celle de la religion, on choisit les principaux pacificateurs parmi les religieux. Frère Jean de Vicence, de Tordre des Frères mineurs, prêcha la paix aux- villes de la Lombardie, et entreprit la réforme des statuts municipaux. Le jour que se réunit à Paquara (48 août 1233) une assemblée de paix , fut un jour d'allégresse et de réconciliation. Quelle n'eût pas été l'importance de cette réunion si l'on y avait proclamé une confédération d'États, qui aurait resserré les communes dans

» tuentur et augentur in mdius, volentem ipsam et eius species non » solum manutenere sed etiam augmentare per domiaos priores artium » civitatis Florentise et alios sapicntes et bonos viros ad hoc habitos » provisum ordinatura extitit salubriter et firmatum quod nuUus » undecunque sit et ciiiuscunque conditionis , dignitatis, vel status » existât, possit, audeat, vel praesuraat per se vel per alium tacite vel » expresse emere, vel aliquo alio titulo iure, modo vel causa adquirere » inperpetuum vel ad tempus aliquos fidèles, colonos perpetuos, vel » conditionales, adscriplitios, vel censitos, vel aliquos cuiuscumque- » conditionis existant, vel aliqua alia iura , scilicet angharia vel pro » angharia vel qusevis alia contra libertatem personae- alicuius in civi^ » tate, vel comitatu, vel distrietu Florentia3, j» etc.

des liens d'une bonne entente politique capable de résister à toutes les attaques des puissances étrangères di* rigées contre les intérêts communs, attaques qui, en moins de deux siècles, changèrent la face de l'Italie!

Frère Jean entreprit de réformer les statuts de Padoue, de Trévise, de Feltre, de Bellune, de Vicence, de Vérone, de Brescia et de plusieurs autres cités des alentours. Le pape Grégoire X secondait de tout son appui les entreprises du missionnaire politique. L'exemple de frère Jean fut suivi par d'autres religieux d'une moindre renommée, et qui s'occupèrent de la réforme politique et morale des républiques. Nous ne ferons mention expresse que d'un seul. Frère Gérard Boccabadati, ami et compagnon de saint François d'Assises; prêcha avec le plus grand succès la paix et la concorde aux citoyens de Parme; il fut élu podestat de cette ville et signala son administration, qui fut de courte durée, par des lois toutes empreintes de l'esprit de conciliation qui l'avait porté au pouvoir.

Mais cette œuvre de pacification qui paraissait si bien commencée, ne dura pas longtemps et après un court intervalle, les cités italiennes retournèrent à leurs anciennes jalousies et à leurs premières erreurs.

Puisque nous en sommes à parler des haines profondes que couvaient dans leur sein ces gouvernements municipaux, nous parlerons aussi des vengeances inexorables auxquelles ils se livraient, toutes les fois qu'ils pouvaient opprimer leurs ennemis. Ils ne se ^ contentaient pas de mettre à feu et à sang le pays vaincu, mais ils voulaient que les lois elles-mêmes, dont le sceau devrait être le signe d'un bienfait corn-

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