‹ Histoire de la législation italienneChapitre 74 sur 122 · CHAPITRE IV. — LES COMMUNES · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. — LES COMMUNES

mun, éternisassent le souvenir de leur colère destructive. Une loi expresse, à laquelle on jurait d'obéir, ordonnait à tous les fonctionnaires de la République, d'empêcher qu'on ne relevât jamais les murs des villes ou des villages que la vengeance républicaine avait renversés.

Sienne statuait que le bourg de Menzano resterait démantelé à perpétuité, en souvenir des offenses que les habitants avaient faites à la ville. Les habitants de Novare, pour tirer vengeance des injures des comtes' de Blandrate, avaient rasé le bourg de ce nom , et fait insérer dans leurs statuts la rubrique De tenendo deS" trucio Biandrato. Milan avait condamné à être démoli le château de Seprio, avec défense de ne jamais laisser une habitation là où avait existé Seprio. L'assemblée des Gibelins tenue à Empoli après la bataille de Monte Aperli , avait décrété la destruction de Florence , et ce ne fut que par la résistance ouverte d'un grand citoyen, Farinata Degli Uberli, que la ville fut sauvée *. Les codes municipaux offrent à chaque instant des traces de cet esprit de vengeance.

La description que nous venons de faire des règlements et des statuts municipaux nous a paru indissolublement attachée à l'exposition des vicissitudes politiques. Et il ne pouvait pas en être autrement, puisque sur le sol italique, l'institution de la commune fut le but constant des pensées et des travaux de plusieurs générations. La guerre et la paix concoururent égale-

^ Le Dante a consacré par ses vers immortels le souvenir de ce fait. Voy. Inferno, chanl lO».

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ment vers ce but ; les institutions et les lois fondamentales des municipes devinrent la plus simple, et en , même temps la plus énergique expression des besoins et des aspirations des temps d'où surgit le véritable ordre civil. Et la forme intérieure du gouvernement municipal s'étendit, comme nous l'avons dit, indistinctement à toutes les contrées d'une certaine importance, même à celles qui étaient soumises à un prince. Or le droit communal considéré dans sa qualité de droit politique primitif, heureusement appelé par quelques auteurs ius ante omnia iura naium *, fut pendant de longues années étroitement lié au sort variable des peuples italiens. Nous pourrons même le qualifier de lorme absolue , particulière et caractéristique de leur gouvernement; et pour ne pas porterie regard au delà de la République romaine, il est permis d'avancer que, depuis plus de deux mille ans ^, le mtmicipe était la forme naturelle ou comme on dit aujourd'hui, le type du gouvernement intérieur italien. Si l'on considère les droits propres de chacune des cités, et les limites restreintes de leur sujétion politique à la cilé dominante, il devient évident qu'il y avait peu de différence entre l'ordre municipal ancien et l'ordre communal, à l'époque de la Renaissance ^.

* Histoire du droit municipal en France, par Raynouard, introduction, p. U.

^ 11 suffît, par exemple, do remonter m ius CcBritumenVan 365 de Home duquel ont parlé savamment Niebuhr dans son histoire romaine et Roth dans le livre De re munictpali Romanorum.

^ Voy. un élégant et savant extrait des Vicissitudes du droit muni-' cipal ancien, dans Tintroduction historique aux éléments de droit romain de Heineccius, publié par M. Charles Giraud. Paris et Aix, 1835, p. 105.

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