‹ Histoire de la législation italienneChapitre 77 sur 122 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

LOIS UARITIMES ET COHHERCIALES.

< Aucune partie de l'Europe n'est située d'une ma- * nière aussi avantageuse que la péninsule italienne

1 pour devenir une grande puissance maritime

s L'Italie, compris ses grandes et petites îles, a douze

s cents lieues de côtes Ainsi l'Italie a un tiers de

» côtes de plus que l'Espagne et moitié de plus que la » France.... La première condition de l'Italie constituée » en une seule monarchie sera d'être puissance mari- » time. »

Tel est le jugement de Napoléon h'' sur la situation géographique de l'Italie '.

Si jusqu'à ce jour il n'a pas été permis à l'Italie de

' Mémoires pour servir èi l'histoire de France sousNapoléon, écrits à Sainle-Hélène par les généraux qui ont partagé sa captivité, el publiés sur les manuscrits entièrement torrigés de la main de Napoléon, par le général Monlliolon,tom.lll, p. 160,162-63.

réunir toutes ses forces politiques, du moins elle a pu, dès les temps les plus reculés, profiter de sa situation heureuse pour se procurer les bénéfices et la gloire d'un immense commerce.

Dans cette création, comme dans toute autre partie de l'histoire italienne, nous voyons les Vénitiens marcher en tête, et se lancer sans concurrents comme sans guides dans cette voie de trafics, suivie plus tard par toutes les républiques de la Péninsule.

Au temps de Charlemagne les Vénitiens s'étaient déjà rendus maîtres du commerce d'Orient. Le moine de Saint-Gall raconté que les grands de la cour de cet empereur se procuraient les marchandises du Levant à Pavie, où elles étaient apportées par les Vénitiens. Ces derniers étendirent peu à peu leur commerce, et étaient déjà riches et puissants, alors que les autres peuples de l'Italie gisaient dans la misère et l'asservissement.

Les habitants d'Amalfi, sur les côtes de Naples, suivirent les traces des Vénitiens, et s'enrichirent sans trop s'inquiéter de conquérir une grande importance politique.

Leur commerce se faisait principalement avec les marchands de Constantinople. Luitprand de Pavie, en-

voyé en ambassade auprès de Nicéphore Phocas, n'ayant pas voulu payer certaines étoffes au prix que leur donnaient les Grecs, répondit qu'il trouverait ces étoffes en Italie. On lui demanda comment l'Italie pouvait se procurer ces marchandises venues de pays si lointains? Ce sont les Vénitiens et ceux d'Amalfi qui nous les apportent, répondit-il, et qui font de beaux bénéfices dans ce commerce.

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