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CHAPITRE V. — LOIS COMMERCIALES

* des contrats de cette nature, car les pensées des ]» hommes ne demeurent jamais cachées au Dieu tout ) puissant. »

N'est-ce pas là un essai de ces spéculations incertaines si répandues aujourd'hui sous le nom de jeu à la hausse et à la baisse, qui ne sont pas l'effet exclusif du commerce des fonds publics? Mais déjà la fondation de ces fonds publics avait eu lieu depuis bien longtemps en Italie; à Florence, par exemple, dès i.S74 on dut songer à mettre un frein à ces spéculations devenues excessives , en frappant d'une taxe la vente de ces capitaux *. Il faut savoir que les Florentins, doués d'un esprit admirablement porté à trouver des ressources inouïes dans les finances et à étendre leur crédit, fondèrent le Mont^ ce qu'on appellerait aujourd'hui dette publique. On en fit le premier essai en 4336; le second eut lieu en 4353, et l'établissement y fut assis sur de plus larges bases. Le capital était de huit cent mille florins d'or, ^ l'intéfêt était fixé à un denier par livre, par mois. Les fonds placés sur le Mont ne pouvaient pas être saisis par voie de justice, toute facilité était accordée pour les mettre en mouvement. Le gouvernement respectait religieusement sa promesse et les citoyens se hâtaient de déposer leurs fonds au Mont. L'objet des opérations du Mont a été traité avec tant de précision dans les idées et tant de vivacité de style par Mathieu Villani, au chapitre cvi du livre III de son histoire, que nous y renvoyons nos lecteurs désireux de bien connaître ces matières.

^ Delizie degli eruditi Toscani, t. XIV, p. 97. « Aujourd'hui 16,926,000 francs.

Gênes, déchirée par la fureur des factions, trouva son salut dans une institution de nature financière, mais tellement unie aux destinées du gouvernement qu'elle en soutint le commerce, en calma les agitations et en assura la durée.

Ainsi commença la banque de Saint-George dont nous avons dit un mot en parlant des lois municipales; elle fut fondée en 4346, alors que la République confia à quatre plébéiens, le soin de pourvoir aux besoins de l'État et au salut de la patrie.

Ces quatre citoyens proposèrent et la Seigneurie ordonna qu'on armât un nombre de galères suffisant pour maintenir dans l'obéissance les citoyens émigrés. Cette flotte était mise sous les ordres du doge pour les expéditions guerrières, et sous les ordres du conseil des associés à la banque en ce qui concernait les affaires du commerce; en temps de paix ces galères étaient employées à des voyages et à des entreprises commerciales au profit des associés. Pour faire face aux dépenses d'équipement et d'armement, le gouvernement remit entre les mains de la société, à titre de nantissement, une partie des droits de gabelle, pour être répartis entre les associés en proportion de leur contribution à la fondation de la banque. Telle fut l'origine de cet établissement, appelé depuis à fournir à l'État les subsides nécessaires. On lui confia l'administration de toute espèce de gabelle et de revenus publics. Les administrateurs de la banque, répondirent pleinement à la confiance publique et aux espérances des citoyens. Peu d'années s'étaient écoulées, et la banque de Saint -George s'était déjà emparée de File

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