CHAPITRE V. — LOIS COMMERCIALES
de Corse et de plusieurs villes des Rivières adjacentes * . On peut affirmer qu'elle servit de modèle aux autres établissements de ce genre qui chez d'autres nations mirent entre leurs mains le commerce des Indes.
C'est en Italie que prirent naissance les Monts-depiété ; c'est à deux moines, frère Barnabe de Ferni et frère Bernardin de Feltre, qu'on attribue l'honneur de la création de ces établissements destinés d'abord à soulager la misère, en offrant de l'argent à emprunter, sur simple gage, sans paiement d'intérêt. Cette belle institution ne tarda pas à dégénérer; on s'empara de l'idée charitable pour la plier à des conditions usuraires. Des banques de ce genre établies au-delà des monts, conservaient en souvenir des anciens fondateurs, le nom de maisoiis des Lombards *.
La profession commerciale devenue aussi agréable . qu'utile aux Italiens, était entourée de la plus grande considération. Le commerce avait été la source de la grandeur commune : par suite, lui refuser honneur et hommage c'eût été pour les plus illustres familles italiennes, méconnaître la splendeur de leur origine. Partant, il fut admis dans les plus célèbres villes de l'Italie que le commerce ne faisait pas dérogera
^ Histoire de la république de Gênes , de Charles Varèse, tom. ÎI, p. 246-48.
^ Savary, Dictionnaire universel de commerce, voy. Lombard.
^ Ansaldi^ L. G. n. n. 71 et 81. V. Etablissements de la religion de Jérusalem au titre de la réception des frères. A Milan Texercice du commerce n'était incompatible avec aucune des plus hautes positions sociales. Ce ne futiju'en 1593 que le collège des jurisconsultes de cette ville, sorte de noblesse patricienne, fit un décret pour exclure de son sein les commerçants.
Si après les temps barbares les Italiens firent revivre le commerce, s'ils le développèrent et le conduisirent à rétat d'instrument de la puissance politique et civile, l'étude des lois qui lui sont propres fut cultivée avec non moins de zèle par nos compatriotes. L'école de la jurisprudence commerciale peut être considérée comme étant tout-à-fait italienne par l'origine et les principes.
Mais le génie des Italiens ne s'arrêta point au cercle du commerce privé et aux intérêts des commerçants, il ne tarda pas à s'élever jusqu'aux relations qui lient le bien public aux richesses, et les premiers, ils firent une science de l'économie politique. Nul ne peut, croyons nous, contester cette priorité aux Italiens. Bien avant que les écrivains se livrassent à de pareilles études, les hommes pratiques en avaient examiné et mis à exécution la substance. On obéissait aux sages préceptes de finance et de statistique sans prévoir qu'ils pourraient paraître bientôt sous forme de science politique. — L'art dans ce cas a précédé la science.
Le premier objet auquel s'attachèrent les écrivains qui entreprirent l'étude de la science économique fut le numéraire. L'activité de la circulation des capitaux, les grands produits obtenus en Italie par le change et le commerce des métaux, nous expliquent pourquoi cet examen précéda les autres. C'est peut-être avec quelque raison que.Ganilh observait, que F Italie se fit tou* jours remarquer par la mauvaise qualité de sa monnaie et par les meilleurs ouvrages sur le système monétaire *.
^ Il est bon cependant de faire observer que les Papes, entre autres