CHAPITRE V. — LOIS COMMERCIALES
Nous nous réservons de tracer un tableau de l'école d'économie politique italienne quand nous serons parvenus à la seconde partie de cet ouvrage. C'est alors qu'une série de noms illustres, à commencer par ceux de Davanzati et de Seonetti, viendra se placer sous les yeux de nos lecteurs. Nous avons déjà parlé de la juridiction consulaire, mais nous ne devons pas manquer d'ajouter que la première institution des consuls à l'étranger appartient à l'Italie. Ce n'était pas peu de choses, dans ces temps reculés, que de faire reconnaître par des gouvernements méfiants et jaloux, des représentants d'un autre pays, chargés de protéger les personnes et les biens de leurs concitoyens. Gènes avait des consuls à Antioche en 1098, à Jaffa, à Césarée, à Saint- Jean-d' Acre en 1105; à Tripoli en 1100; à Laodicée en 1108 et en 1127. Pise obtint la même faculté dans les principales places du Levant en 1105. Venise tenait des consuls à Jaffa depuis 1099, à Jérusalem en 1111 et en 1113, à Antioche en 1167, à Beyrouth en 1221 *. Ainsi marchait le commerce italien au temps où les autres pays n'étaient pas en mesure de lui faire concurrence. Son premier développement se joignait au mouvement des croisades. Il fraya le chemin par lequel d'autres peuples arrivèrent ensuite à des
Innocent III, se montraient sévères au sujet de raliéraiion de la monnaie ; et il ne sera peut-être pas sans intérêt de rappeler ici qoe le mode de sous-division décimale était déjà anciennement en usage dans TEtat de TEglise ; Técu se divisait en dix paoli^ le paolo en dix baiocchi , et ainsi de suite pour les fractions inférieures.
* Voy. Boccdivdi ^ Manuale di storia del commercio, délie industrie , e dtlV economia politica, p. 14243.
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fortunes plus splendides el surtout plus durables. La marine fut rélément principal de sa puissance, et au moment où celle-ci allait lui être retirée, un Italien découvrait cette nouvelle partie du monde auquel un autre Italien eut l'insigne honneur de donner son nom ^ En perdant son indépendance l'Italie perdit son commerce et sa richesse, en la recouvrant l'un et l'autre lui reviendront.
Nous finirons donc ce chapitre en répétant le mot de Napoléon I^r par lequel nous l'avons commencé : La première condition de l'Italie fortement constituée sera (T être puissance maritime,
^ Nous pourrions peut-être ajouter â ces illustrations le nom de Marco Polo, rhomme qui, pour nous servir des expressions de Libri (dans son Histoire des sciences mathématiques, tom. II, pag. 25-26), petU seul disputer à Colomb la gloire des plus grandes découvertes géographiques.