‹ Histoire de la législation italienneChapitre 96 sur 122 · CHAPITRE VI. <— LOIS PÊNAI^ES · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. <— LOIS PÊNAI^ES

9 devant le comte ou le gastalde qui, assisté de six B seigneurs, devait nécessairement terminer le pro« > ces. ]»

Puisque nous avons parlé des jugements mal à pro* pos désignés sous le nom dejugementsdeDieu, et dont on fit un grand usage aux temps de la barbarie, l'occa*^ sion veut que nous en disions quelques mots; et, bien que ces institutions aient été mises hors d'usage, cependant elles caractérisent ces temps-là et ont quelque chose de singulier et de hardi qui aujourd'hui encore captive l'attention des lecteurs.

L'origine des épreuves ou des jugements de Dieu semble remonter aux Goths et aux Angles. Ces jugements s'appelaient Ordalies, ce qui veut dire Grands jugements *. Nous allons chercher cette origine chez les peuples du Nord,* parce que c'est par eux que l'usage de ces épreuves a été apporté en Italie. Mais si on voulait remonter plus haut, on trouverait des traces de ces habitudes chez d'autres peuples, et en des temps plus reculés *. Les Angles les appelaient Lada^ qui signifie expérience légitime. En Italie on les appela Paribiles ou soit visibles, évidence des faits 3.

Ces épreuves étaient de genres différents : le plus ancien et le plus fameux de ces jugements était le duel, ou le combat en champ-clos. On offrait cette épreuve à quiconque contestait un jugement ou un témoignage. C'étaient les personnes en cause elles-mêmes qui devaient

* Ducange ad toc.

' Voy. Ferguson, An essay on thc history of civil sociely, part. U, 8ect.«ni.

' Gonstitut. regni Sicilia), liv. 11, tit. 31 .

combattre; pour les ecclésiastiques, les vieillards, les enfants et les femmes, on admettait des champions qui les remplaçaient dans le combat. Avant d'entrer dans la lice, les combattants étaient visités avec soin par le juge pour s'assurer qu'ils n'étaient pas porteurs d'herbes ou d'autres maléfices. Ensuite ils combattaient avec l'épée, ou le bâton et le bouclier, la tête découverte et les pieds nus. Le vainqueur était acquitté par le juge ; le vaincu était condamné. Si l'un des combattants ne se présentait pas à l'heure du combat, après avoir été appelé trois fois à haute voix, son adversaire entrait dans la lice et frappait l'air de son épée ; après ce combat simulé, le juge condamnait le contumax <.

11 ne faudrait pas croire que l'immoralité de l'épreuve par le duel n'ait pas été reconnue sous le règne des Lombards; voici comment s'en explique ouvertement le roi Luitprand *. a Nous ne tenons pas pour » certaine l'épreuve du jugement de Dieu, ef nous » avons appris que plusieurs personnes ont injustement > perdu leur cause à l'aide du combat. Mais nous ne » pouvons abolir cette loi 3 , parce que telle est la » coutume de notre nation lombarde. » — Ainsi parlaient les lois au viii® siècle et au ix©.

Tout ce qui appartenait à la nationalité lombarde devait se conformer à cette coutume. Les ecclésiastiques y étaient soumis autant que les laïques. Nous en donnerons pour preuve un document curieux. C'était en 971 : plusieurs évêques permirent qu'un duel judi-

^ Struvc, Historia juris criminalis, § 6.

* Liv. VI, chap. 65 de son édition.

' Dans beaucoup de codes on trouve cette épithète impie.

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