‹ Histoire de la législation romaine (volume 2)Chapitre 10 sur 177 · INSTITUTS, EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

INSTITUTS, EN GÉNÉRAL

parmi les monuments da droit (I). Depuis, le nombre des corn-* mentaires sur les Instituts a ^é tellement en augmentant, que plusieurs chameaux ne suffiraient pas à les porter, comme le disait plaisamment Eunapius en parlant des écrits des jurisconsulte» romains; aussi, en 1701, avait-on publié un ouvrage sous ce titre : Jte la déplorable multitude des commentaires sur les Instituts.

Pour mon compte, je suis venu ajouter quelaues nouveaux volumes à la charge du chameau ; si Ton me demanae raison de cet acte, comme d'une inconséquence, je répondrai que, par suite de rétablissement de notre législation nationale, et aussi des nouvelles découvertes de textes, renseignement du droit romain m'a para devoir subir en France une transformation complète. Nous ne devons plus Tétudier scolastiquement , mais historiquement. n est entré pour nous dans le domaine de la science historique.

Les Instituts en général, comme ouvrages élémentaires, présentant une division plus méthodique, une exposition plus simple, des explications courtes et nettes sur Tensemble du droit, sont bons à former la base de cette étude. Mais étudier les Instituts de Justinien isolés et comme loi (seule chose qu'on ait faite dans les innombrables commentaires antérieurs à notre époque), ce serait pour nous un contre-sens et une peine misérable.

Les Instituts de Justinien ne peuvent plus être séparés des Instituts de Gains : dans ceux-ci nous trouvons la nationalité, V actualité du temps de Marc-Aurële ; dans les autres , la natio^ nalitéj V actualité du temps de Jusiinien; puis, en remplissant les intervalles qui les ont précédés ou qui les séparent, par les débris des monuments législatifs parvenus jusqu'à nous, il nous devient possible de reconstituer, dana ses divers âges, la vieille société romaine.

L'intelligence vèiitable de l'histoire, de la littérature, et de la législation de ce peuple qui se nomma le peuple-roi, est au fond de ces études. Et pour nous, jurisconsultes, il y a aussi, en continuant la succession historique, quelque chose de plus important à dévoiler : la génération de notre droit civil actuel.

(i) Pobfié tvee une tndaction latine en regard, notamment par Fabrot.

irtÊ^ 1638, m-4<^; par Reits, La Haye, 1751, % tomes in-4o. J*on recommande la lecture. M. Frëgîer a donné, en 1847, ui^ traduction française de la paraphrase de Théophile, précédée d'une Introduction, oh il résume les opinions émises sar ce jurisconsulte, et d'une Dissertation, o& il établit Tidentité de rauleor de la paraphrase et du rédacteur des Instituts,

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