Parmi les événements que le donateur peut avoir en vue
Sonr y subordonner sa libéralité et en faire une condition de sa onatîon, se présente fréquemment son propre décès. 0 est naturel que, se voyant exposé à tel danger, à telle maladie, ou dans la prévision générale de sa mort, il songe à gratifier quelqu'un de Ouelque libéralité, mais que néanmoins il ne veuille se dépouiller de sa propriété qu'autant qu'il périrait dans ce danger, dans cette maladie, ou du moins avant le donataire; ou bien qu'en s'en dépouillant immédiatement , il veuille que la propriété lui fasse retour s'il échappe au danger, à la maladie, ou s'il survit au donataire. Cette sorte de libéralité, dans laquelle le donateur, tout en préférant le donataire à ses héritiers, se préfère soi-même au donataire, est assez accommodée à l'amour de so* contenu dans la nature humaine et aux aflections qu'on peut avoir pour des tiers ; elle était d'un usage très-fréquent chez les Romains. Les libéralités de cette sorte s'appellent donation à cause de mort (mortis causa donatio) ; les autres, soit pures et simples, soit modifiées par des termes ou
(i) 1)16. 6. i. De rei vindic. 41. pr. f. Ulp. — (t) DiG. 18. S. De in diem addict. 4. g 3. f. Ulp., rapportant nn passage de Harcellus. — (3) Dig. 39 6. De mortis auua donat, 20. f. Clp. — (4) • ... Vindicationem etiain (in hoc) casa ulilom. . . inipclrarc pôles. \am (non solam) condictio tibi in hoc casa, îd est jn personam uclio, jure proecdit, verum etîam vindicationem qnoque divi Principes in hoc casa Jandam c$$e satixprunt b (God. 8. 55. De donat. quœ sub modo, 1. e. Valer. et Gallian. an 259).
Sî9 EXPLICATION HianiBiQiiavDESiiNainiruTs. Liv. n.
d^'oondiltaiiBi^.se mmineDtr, paor.oppMMioD^.cknialieik'rDtveMsfs (inièrvi€Os)i IlesodoiMlions &ieaB8er:<te noBt^œ soBi aulra^slMMa que é6»»e«pèoM/dendèwillcofnAiiioéîfiéet^piuv; ime/Maditloïkjr umm G^ite^oDMlMinH était {«eiktrdiu décès ,, appiMr|«r'q^U|pe& coasi»quencee*9piédal«B^: qaKI'eBlxiiétiMnise'dtétiidÎMSv
549. bc^dona!tioiwà!oamed0iiitiit\iA*étaiÉ^aSttBei partlcuriièneidèsdiMMUninB e«tfe«'vrft>liovdieii^q«re sMtaitdei meficenparcelles-H:! ; mais, lé»4nslttot04mHM>l£ef»p^eiBi«rt.lft€iii 4«9doBalîèwécaii8efd»>mo9tvnauftiMuftKsoiifof^^
Desidajia(iMs.à,oause de mort [Vjl
IVlfortls causa doDBtia lest Ijfre^^iro;»-' I*. UrnldiiaftUntâi itir mortis tjié*snsmei9nêm , ouw quit»^ odlwqoi eil fù^tkUmi^ùi nréBoymMêÂê itËdoBatrut 8t qiMriiinnanitaMieitooiili* léhMoril, lorsq^s qifalqi/ un^ donne dé giMet<.haberetJ8iquraocipU,4iiLaiitem. telle sorte que, s'il succombé 'dans un s«perviiisset , is qyi dônavît reciperet; périr, la chose soK'aa^cUnatlb'revinaiK vei si'eum d^nationiB pcSDtftlissef, ant qa' èlle<» revienne aaiooiitMîrcf aoidèavprior déeesserrtiis' aof iatfinMmisU'J Hte teimTstihécliapp»^.aa«|iéril f . oa* biea^M mortilr caon dowrtwuBaïaA eitni^^iu»^ révoqua, la doiutticn, .ou si le donataire lagatoraV' redact». suntioeD omoiai: meurt avant lui. Ces donations ont'éft nam con [i^udenlibus ambiguum fiie- réduitesià une'BiinH}tede*complète*Avec rat, utruro donationîs an li^atr instar^ lës*legfiv en>eflllt^ ceamwfilxBvait
€im obtfnere' opmiéretv e>*uttteiqu« dM^ÀunaoK nr<MleatÉâcUra]lAUi«t.aasîr
câoss** qniadam ^ babefaati insigiiîà). et' milMr.à^ineJonatiïMiouiàunlégit, parce
alit« ad^alUid.. gfnus eamiretahcbant,,. qu'elles ont des. caractères dé l'bne et
a nobis con^titutum est ut per omnià*i& rdulre, etcomme' 1er avfir éMiat
fere legatis connttmerHur, et sic pro- partagés sur cette clasiiAtalioa'{ ,nMH
cedat*quemadihoihlin no8t#»«oDiiBtlli]tlnf avoinéécidéfvruaacoMtitotioni^^lei
eanvi fonnanti. Bt 'an snvnnv, , moHisA 8araàaul::€oin^ef . /(refçjie en tout am
oamapdnoatiof eai^.,cQm> maçja se. qqis nomjfre dès iegs;.e\\e% doivent ddoe
welit babere, qiiam eum cui donat; ma- suivre les fermes tracées' par noti^oM-
gisque.euro qui ddnatqoanr b^edém* stHutibn; Eb>sommtt;.il^m dtnaliDvà
anumv SlJr^et'apud'HiiiiiKuin'T^AaiBa*' canse^demoat) ioraqaai l^doBateorjycat
•eUasi^dnuitjBiHBei:: iwe la .chose soit à>lui de ^Déférence au
oooataîre, et an. donataire de prèTérence
à' son héritîbr: O'eir ainsi' qiie; àhs
Homère', Ttlémaqu» donne ArtfMmi
né(pat*'V od'^è^ T^^tS|lsv<«M«br'llftT«V' ^ • nràai pav'nKniaii9i|MMis4|eaUa.a6n
téh.imw' l'^MM de cettcentrepfise, si aorgpeil-
B&w iid un)cnipt9Mw»i«|yucYBS«. *«"» pfélendéits après m'âvoir sécrétera r-n ir^--i i-T-' i^*^ mg„j ttié» danr W paltfs, se* partaient
nmM^ waiimK«c,,7iwrppiia 7wiHTa.©flt- tm^rdoa omtpiéÊ90li{^ eUane t».aii
. ^û^f«*^ipuissM^i^iit*tqi|eqi}elq^'untfeux.
Tiva TcovSs.
ET ^\**^ijiîxoù'n\a\ ^vav xa\ x9ip«- > illiâa»jâ( jatte pBMabcnd^offBaae
9UT£vé(o . at'l*'iaort> oerte»! al«M, plein. deKJ(>ie
M'c^HMtt7;»<Fom.(p^ivirp<kid<»^ comme moi, accouwjna-WappMler
/ au valaiat' t"
(t) V. dans lea Teœtes traduiU et commentés par BT.' Fki.lat (Paris. 1868 tn-S*») ce qu»«onoerne \eadouations à cntue dé mort, p, iki et suiv. V. auaal la savjinie monoîjraphie de M GLAHa»» (1870) - (!SS) Ua'agit de préi€nU,fidU par ileaéUs à Télémaque, et déposés chez Pirée. ^^ ^ «^
SB(]^\.Ihitfttrpmo9tthiiSmpkîMenm LerCMn^iicereflMAtiBl de là dèmtî^BTfàifOBMe id^voMrti QÂeêtupgfti-settkHuofitn ^fiteller.soîi faitoi da«s Ikiprévoyanctffdè la mant/^iMÛirUefi q^^^ellûsoïèïsub^trdonnéA èilatieûndiii^ntidêt Immuuti ,Mmm , . mmÊ*^^ifQmrà»uA^uïk(vag^ejEA dé ]yflurcieafme]8r^99ijfiiiu«).dAmlftipr<^^Biee de sonsdéeèsc^ démmime cmose-; .manifdiiin6ciiMmôre'%irrévaciiU6fi,,oi*es4dàhi.iAA daoBtÂoanentrc-Tftfsi parceM|iier}a4iiiDirt ett bîanil0viDOÉi&qiiH4]é(ent iaiii6»'à'idaiHifif% maÎ9'nov)p8t)Jaioond«Hoii.àiIaqiidlft laidonaUaa eÊà*{aii%*^€aa^tto(i99Mimdi nmfis eettqfimm tm/Hiticausm denaiio^^ TloMitefbia oarp«ibdonnMnèiDaiiee;do mcM^^e^drfiiiMiciMrTau jdvoîtida rMocalion (l)..(Afips.49,Uv<i 2.)f
S61..LiBjdécè9^<MiA>ili8<agf4^eiixeéte!]na(ii6i!e'f|MiÉ ééret: soi^Je déoèsi pm ea^géniral'). d«) qiidque' maeiÀre ^eèàtqf^elqua éppqua q«iil!arrive; : sonb^ . et o*éffUéc le-cat lé 'spfiit fi-éqiQeDts . um mode paoticalM d6cdéeft»fdoiitfoni'eBt^iDaeBacé dmas iMtipérfLaoqiietfoa €aotiioo«e'miD9é(-..coiiim0^dëBatiiin combat), dan sriuneii^ dans uDe maladie, ou dans tout autre événem«Bli .
553i.BDâ»y laBd6natîott'peii4 élrosvliordattnéeàfla cooKlithMr.du dècèsul/.uiif tiers, ..et' o'est ea€oretune'dmlaiioo)àlcaufte;d«tSMMr^| ooHuas ifll 'Itepéra doane'à Bt^bnupcNwlercasioùcle (UAiviandaatt àmpargryafairtneHaf(2^: (4/i«.cepaiMlaBltSafigpf!,ctoiife. IV^.§ilk70^
SÂS-J liff> donat4bn«<pieu«télrei saiiordonBmidé'deDG manièhes 4ifférente8tàilii^»miHtiiDaida»i]écèèvaîii8squaiiioim (i)r544).<rouplècit軫utrei omiditiewt
l^'bk^iMiteor livreclà-ichtise^ nmnpaa dèrmanîèi'eFàieii «"endra hS'i^iisIftat^ropmétiiînB'celtirqiiî lânrçoit»; imk-'atveccettetoonditîoa qva'Ift'pvepviétèV^ip serait (Biisftréef«q«*é^ IsimcmltdÉ-donateitnn o^Ndba sio' à^\ vA 'statiHvi fariat) aociptcntîs; : seé tonocdèamiar) e«n m«rs<*fii«ril'insecfil«<(8}; « — a»Sio"donanti;. uhsî DMai ooirtigrsset, ttiiio'haberet'cii«idoiiatofn)ea|j(4^V«i-^«CumireBi îéà tiadidérii, ulnarrenfle^o fii9retiaeetpieRtfi<(&). »^*fiftt làjdonaMiMi conditionnelle.
2"^' Le donateur donne, là 'chbse.db.nramèire à en:: transférer ininédialani^ul Ja pfY)p;i;iéiè.au donataire; .maisavec cette condition qoe.laipvopriétéf^lvi enr serai.reiidbe)'aiiliéelHipp0 aHhdaifegieci^.oa sHl^arv}t*att donataire: alfa donat ; ut srtkti¥n'(ïtit%ecipwiitîs(^ t» — «ITt jfim.nunc haberet» redderet si conmslàisset; vei'de prslfô; vel.pere^e.rediisset (7). » Cesl^ la? donation «immédiate, mais rèaeluMa- sbna-^ooaditîan:»
554*. ba^ forme", poiir^ opérer cea dénatiocis ^ , étaili odie * dm alYéhatlôns.modffiëè par unercondiUon": la chose était liwée^ et la lâlf dé. cette. tradition^ ,clést-à-dire^la condition' qui yjavait été affOsée,.devai4^iK)daire san elfet. — Dans le.?premier oas,. celui
(1» UiG. 39T6. De morfit causa donat^ 21.' Ifarcian; 19, $ J; tf Jitlian. — <2) Ibid. il. f. UId. et 18. f. Jiilian. — Gid. 8: ST. S? — (3; Ihv.. :J9. 6. 2. f. UÛ). — m 15. 29. r llp. — (5) 40: l. IS. f. Marccir. — (6; DibLaU*; 6.
«; f. uip. — (Tj Ibid: %r. t. v\j^.
de la donation conditionnelle, la translation de propriété était suspendue; mais à la mort du donateur, suivant les termes de la condition, elle s*opérait à Pînstant (1). — Dans le second cas, celui de la donation immédiate, mais résoluble sous condition, la translation de propriété avait lieu immédiatement; mais la loi, la condition apposée à cette aliénation faisait naître, en cas que le donateur échappât au péril prévu, ou survécût au donataire, l'obligation pour celui-ci ou pour ses héritiers de retransférer au donateur la propriété, obligation dont l'exécution pouvait être poursuivie par une condictio (2); et même nous savons que, plus tard , par l'interprétation favorable des jurisprudents et par les constitutions impériales , il avait été reçu que le donateur aurait une vindicatio utilts, comme si la propriété lui avait fait retour de plein droit (3). — Pour la maneipatto et pour Vin jure cessio, dans l'ancien droit civil, les paroles prononcées par les parties
Sroduisaient, au moyen des obligations qu'elles engendraient^ es eifets analogues.
555. Les textes sont pleins d'exemples qui se relurent à des donations à cause de mort faites par tradition (4). Quant à la mancipation, ils ont du disparaître au Digeste, puisque la mancipation était alors supprimée, mais nous connaissons cette disposition des Douze Tables : aQuum nexum faciet mancipiumque, uti linguanuncupassit, ita juse8to(5). «Quant àlacessioninytcr^^ on courrait induire du principe posé dans les Vaticana fragmenta , 49 : tt NuUa legis actio prodita est de futuro, « qu'elle ne pouvait pas être employée pour le premier genre de donation à cause de mort, c'est-à-dire pour la donation à cause de mort conditionnelle; cependant un fragment de Marcellus nous en donne un exemple bien remarquable, celui d*une manumission à cause de mort par la vindicte, qui n'est autre chose qu'une cession injure de la liberté (6). On est autorisé à croire que dans ces actes faits pour
(1) Cet effet est bien marque dans I* exemple, si notable, que nous donne Ifapcelius (Dig. 40. i. De ma^um, 15) d'une manumission faite mortit causa: t Mort ejus eipectabitur; — In extremum tempus manumissoris vîtœ confertur iibertas; — quemadmodum cum rem ila tradiderit, ni moriente eo fieret accipientis, qns itt demum alienatur, si donator in eadem permanserit voluntate. > — (2) Outre les textes cités ci-dessus (p. 376, note 4), en voici un grand nombre qui sont spéciaux à la donation à cause de mort : Dig. 39. 6. 13 pr., et 19. fr. Julîan.; S3. f. Arric; 26. fr. Marcian.; 35, g 8. f. Pant, qni jémonlre pourquoi la eom dictio existe; 37. g 1. fr. Ulp. — (3) Aux textes cités ci-dessus (p. 377, notes S et 4), joignex Dig. 39. 6. 30. fr. Ulp. t Oondictionem vel utilem actionem habet. t — (4) Tous ceux indiqués note 2, et qui parlent de condictio : plus l'exemple remarquable donné pur Marcellui (Dig. 40. 1. 15) : « («um rem ita tradiderit, ut moriente co fieret accipientis; « et, en outre, Di<{. 39. 6. 13. § 1; 17; 18; g 3. fr. Julîan.; 35. g 4; et 39. f. Paul.; 42. f. Papin. t traditiofiibus factis; » mais on ne peut donner l'action prœscriptis verMt (M. Glasson, n» 110). — (5) Tom. 1, Hist,, p. 106, Table 6. S t- — (6) Dig. 40. 1. De manum, 15. L'affranchissement ne sera pas fait de telle forte que l'eiclave devienne libre immédiatement, pour retomber en esclavage si le donateur survit : la liberté ne peut être ainai résolue, maîa elle sert donnée