‹ Histoire de la législation romaineChapitre 103 sur 297 · Cest ici que Ton marque ordinairement le point ob le · texte numérisé non relu

Cest ici que Ton marque ordinairement le point ob le

droit romain commence à fleurir : c*est ici qu'en prenant ces

/^c^a/^'ch ci' mots de droit romain pour le droit quiritaire, le droit véritable-

^rnt ^^!^ ment national, nous signalerons sa décadoice. En effet, à Taperçu

^ /^t4 hM^^ rapide que nous venons d^exposer, il est facile de conclure que

le droit simple et rude d'autrefois disparait en réalité, quoiqu*on ne cesse de l'invoquer en principe. Cliaque jour la civilisation , le changement des mœurs apportent une nouvelle modification. Le droit commence à devenir une science, cela est vrai; cette science commence à se rattacher à F équité et aux lois naturelles» cela est encore vrai ; mais elle porte en elle un grand vice , elle est formée de deux éléments contraires : les principes anciens qui lui servent de fondement , les décisions et les institutions nouvelles auxquelles on veut arriver, de là ce droit civil en opposition avec le droit prétorien et les réponses des jurisconsultes; de là ces subterfuges ingénieux et subtils que Ton emploie pour tout concilier. U faut avouer cependant qu'une fois les deux éléments contradictoires admis, il est impossible d'avoir, pour les taire accorder, plus d'esprit ingénieux, plus de jugement, plus de méthode que les prudents et les préteurs. En résumé, parle-t-on tti jurisconsulte, abstraction faite de l'histoire romaine, et ne Juge-t-on le droit qu'en lui-môme, par rapport à la nature commune des hommes, il est juste de dire qu'il s'améliore et qu'ici ae développe cette vaste science destinée à faire règle un jour

(i) Voilà encore on moyen ingénieux de corriger le droit ancien. Une action

, est-elle contraire à Téquité naturelle, le préteur ne déclare pas qu'il l'abolit,

qu'elle n'aura plus lieu. Le droit civil la donne , il ne se permettrait pas de la

détruire; mais il promet de la rendre inutile devant le juge; et pour cela, il

crée ce qu'on nomme une excepikm, qui sera on moyen de défense contre

BÊSUUÉ. MOEURS ET COUTUUES. 263

chez toutes les nations. Parle-t-on en historien, jugeant les lois pour le peuple qui se les donne, par rapport au caractère particulier de ce peuple et de ses institutions , il faut dire que la république et ces lois fortes qui ont fait sa prospérité se sont évanouies.

IIOBDRS ET COUTUIIKS.

336. Quand les institutions politiques et les lois civiles ne sont plus y les mœurs qui les produisent doivent être bien changées;, mais est-il nécessaire ici de peindre les nouvelles mœurs? Ne se lisent-elles pas assez dans le récit des événements? Cependant deux^usag[es méritent quelques réflexions particulières (1). Les

(i) Peat-étre n'est-il pas inatile de donner nne idée de la manière dont les Romains désignaient les personnes : i^ le prénom (prœnêmen) servait à distingner les divers membres de la même famille; la langue romaine n'en comptait pas mi grand nombre^ aussi ne les écrivait-on ordinairement que par la lettre ^ initiale. Le fib aine prenait celui du père; les filles en général n'en portaient t'-^^i^^i^i^ point : elles se distinguaient dans la famille par les épithètes de major, minarf a av«.Cj prima, secunda, tertia, etc. ; fp le nom (nomen) appartenait à toute la race, il était toujours énoncé le second ; les filles le portaient au féminin ; 8^ le surnom (eagnamen) était une espèce de sobriquet donné à T occasion de quelque hant fait, de quelque plaisanterie, de quelque beauté, de quelque difformité. Quelquefois le cognomen restait à la fiunille entière de celui qui l'avait porté le premier, et alors , outre ce surnom général , les divers membres pouvaient avoir on second surnom qui leur était personnel; ce second surnom est nommé par quelques auteurs agnamen. Dans la désignation du grand pontife App. Clau^ dhi9 Cœcus, nous trouvons le prénom Apphu, le nom Clandiuf, et le surnom Cœeu9. Dans la lamille des Scipions, bous pouvons citer P, ComeUusScyno AfrieoMu, h, Cornélius Sdpio Asiaiicut; PubUus et Lueius sont les prénoms des deux frères, Cornélius le nom de la race, Scipio le surnom général de la funille, Africanus et Asiaticus le surnom particulier de chacun de ces frères.

Les adoptés prenaient le nom de Tadoptant, et conservaient celui de leur ancienne famille, transformé en adjectif; c'était ainsi que César Auguste se nommait Octamanus, Octavien, parce que, fils de G. Octavius, il avait été adopté par le testament de J. César.

Les femmes mariées ajoutaient au nom de leur famille celui de leur époux ^ mis an génitif, comme indice de leur dépendance. Calpumia AntisHi, Galpnrnia, femme d'Antistius, celle qui avala des charbons ardents lorsque son mari eut été victime du parti de Marins.

Les esclaves n'avaient jamais qu'un nom : SHekus, Geta, Damu; une fois afiranehis, ils y joignaient le prénom et le nom de leur patron. Ce fut ainsi que Térence, dont nous ne connaissons pas le nom d'esclavage, prit, après son •firanchissement, celui de son maître P. Terentius, qu'il a fait passer à la postérité.

264 U8T01RE. DEliXIfiUE ÉPOQUE. LA BÉPUBUQDS, § UL

silrtv/"' '^' -^ consulaires, les premiers magistrats de la république viennent ^(.H ^ii ^ devant les juges plaider les affaires des citoyens; c'est que leurs ^îkcJ, i^^^^cU (liseours se prononcent au forum, devant tout le peuple; c*est la r/^^^V^ " un moyen de se mettre en évidence, surtout dans les causes

civiles ou criminelles qui se rattachent à la politique. « Au mo- « ment même » , dit H. Mommsen {Hisi. rom.^ iom. VIII, p. 274), « où Téloquence, au point de vue de son importance littéraire et

V politique, tombe et se flétrit, comme toutes les autres branches

V des belles-lettres jadis florissantes au souffle de la vie nationale, » voici venir un genre nouveau, \e plaidoyer, . . Ce fut par Cicéron » que Téloquence, dépouillant cette fois son enveloppe politique» v obtint droit de cité dans la république des lettres romaines. «

V ^M^ i «^<M ^*&"^^® usage n'appartient pas au droit ; il n'en est pas moins remar V. . , i / qnable ; c'est la facilité étonnante avec laquelle les Romains de ces i * derniers temps se donnent la mort : un parti est-il défait, le général,

les lieutenants, les chefs se percent de leur épée, ou demandent ce service à nn ami; ainsi meurent Scipion , Caton, Cassius, Brutus, Antoine, pour ne citer que les noms les plus illustres. Montesquieu avec son style rapide indique plusieurs causes à cette coutume ; il me semble qu'il en est une décisive, et la voici : lorsque les consuls combattaient pour la république, étaient-ils vaincus, la république vivait toujours, ils continuaient à vivre avec elle; mais lorsque les chefs ne se battent que pour un parti, après une défaite entière que leur reste-t-il? Le parti est anéanti ; ils doivent disparaître avec lui ; que feraient-ils avec le vainqueur? Qu'on remarque que cet usage est venu à la suite des guerres civiles et des proscriptions : ce sont des condamnés à mort qui se tuent pour échapper au supplice (1) ; la nécessité a fait du suicide un point d'honneur.

(i) Ds ne poomieol fuir nulle part, puisque le vainqueur va commander an monde connu; 8*iJs cherchaient un asile » ils subiraient le sert de Pompée et de son (Us Seitos.

Page 1