‹ Histoire de la législation romaineChapitre 104 sur 297 · LES EMPEREURS · texte numérisé non relu

LES EMPEREURS

g I«. DEPUIS RÉTABLISSEMENT DE L'EMPIRE JUSQU'A CONSTANTIN.

(An de Rome 723.) CAsah Auguste {Cœsar Oçtamanus,

Augmtui eognomme).

^ 337. Après la bataille d*Actiuni et les triomphes qui la suivirent» César Octavien ne proclama point que la république était renversée, qu*un seul commanderait à TÉtat; ce ne fut que lentement et par gradation qu'il parvint au but. «Sylla, homme emporté, » dit Montesquieu, mène violemment les Romains à la liberté; 9 Auguste, rusé tyran, les conduit doucement à la servitude. » Il gagne ses soldats par des largesses, ses ennemis par la clémence, les Romains par Tabondance et les jeux. Le tumulte et les maux des guerres civiles ont cessé, la tranquillité renaît, avec elle tons /V^. lés beaux-arts ; c^est au milieu d'un cortège de rhéteurs , de poètes J t . ., ^ ^

et d'historiens que chaque jour croit et s'affermit la puissance d'un .^ ; n ^fs ' ■ ^ seul. Le Sénat et le peuple semblent eux-mêmes serrer leurs fers d'année en année ; le Sénat donne à Octavien le titre A'imperator à perpétuité (1) ; il confirme tous ses actes et leur jure obéissance (an 725). Deux ans après, le sénat décore Octavien du titre de Père de la patrie (P. P.), de celui d'Auguste, réservé aux chos' s saintes ; il lui remet pour dix ans le pouvoir suprême; il lui abau-

(1) Celait un ancien titre d*bonneur et de commandement militaire veno de la kngae osque , qoi te lit encore aujourd'hui tor les vieilles monnaies des pen« pies italiques de cette souche, en récriture perdue de ces vieilles langues (niBSiiTUR). Les acclamations des soldats romains le donnaient an général victorieux; il ne conférait aucune autorité particulière. (Tacit., Ann.^ 3, {74.) Il finit par désigner le chef suprême de l'État. César avait, dans le Sénat, comme mperaior, nn siège supérieur aux chaises curules des consuls.

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donne les plus belles ou les plus importantes provinces de Tempire '^JL ^^t^*' comme lui appartenant {provinciœ Cœsaris)^ quelques-unes seule- Ij^- '^^«'•Wiix ment, les plus tranquilles, les mieux soumises, restent au peuple ^ ' {provinciœ populi) (an de R. 727). Quatre ans après, le peuple

donne à Auguste la puissance tribunitienne à perpétuité, à perpétuité la puissance proconsulaire (an de R. 731) ; quatre ans après, à perpétuité la puissance consulaire (an de R. 735). Deux ans après, le Sénat renouvelle pour dix ans le pouvoir absolu d'Auguste (an de R. 737). EnGn, deux ans encore et le peuple donne à Auguste le titre de souverain pontife : comme faisaient fy/i yùl ^^ i*^'^» '^ présidera au culte des dieux (an de R. 741). Cest j - ^ l>^ ' ainsi que sans paraître détruire les magistratures de la république,

Auguste les amortit en les cumulant sur sa tète , et de leur réunion (compose le pouvoir absolu.

/ , ^ 338. Cependant il y eut encore des consuls (1), des proconsuls,

)nA{\K fc^iksif ^^* préteurs, des tribuns ; on les donnait pour collègues au prince, 2^4^fi>w«n.. dont ils étaient les premiers sujets. L'empereur s'associait à leur Ç4itj>i'\r\ élection en désignant des candidats sûrs d'être nommés. Auguste

ne manqua pas de porter ces dignités dans sa famille , sur ses neveux y ses beaux-fils, ses petits-fils à peine sortis de l'enfance. Mais pour compléter le nouveau système qui s'élevait, il fallait une organisation dépendante du prince, de nouveaux dignitaires nommés par lui, attachés à sa fortune; aussi voyons-nous commencer sous Auguste plusieurs charges nouvelles, qui recevront sous ses successeurs plus ou moins de développement ; les lieutenants , les procureurs de l'empereur, le préfet de la ville , les préfets du prétoire, les questeurs candidats de l'empereur, le préfet des approvisionnements, le préfet des gardes de nuit.

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