Let évèqaeê (epitcopi
471. An milieu des premiers dignitaires de Pempire s* élevèrent les évéques ; ils prirent pour fonctions principales les devoirs que rhumanitéy que la charité de leur religion leur imposent, et dont elle fait leur plus bel apanage : le soin des pauvres , des captifs, des enfants exposés, des enfants prostitués forcément par leurs pères. Placés au premier rang dans la ville où ils résidaient, entourés de ce respect, de cette vénération que toutes les religions répandent sur leurs ministres, ils furent membres des conseils qui nommaient les tuteurs, les curateurs; ils reçurent, comme les consuls, les proconsuls et les préteurs, le pouvoir d'affranchir les esclaves dans les églises; ils remplacèrent même ces magistrats pendant leur absence. Enfin, pressés autour du trône, ils dirigèrent souvent l'empereur dans les affaires de l'État.
472. L'esprit du christianisme, esprit de charité et de conci- /" . ^ j liation , était ennemi des procès et de leurs animosités. Saint Paul CilMy^i''^^ engageait les chrétiens à s'abstenir des juridictions civiles, à faire ^'^^'^^ ^^ terminer leurs différends comme des frères, par le ministère des
principaux de l'Église. L'organisation, judiciaire des Romains, qui laissait toute latitude- aux plaideurs pour la récusation du juge et pour le recours à de simples arbitres, s'y prétait facilement. L'usage s'en était répandu chez les chrétiens. Constantin en fit une institution législative, il investit les évéques d'un pouvoir de juridiction, qui, forcée à l'égard de certaines personnes, pour des ifrf^.H >' affaires concernant le culte et les églises, n'était que volontaire ff^^' j dans les autres cas, et constituait une sortQ d'arbitrage amiable,
auquel les parties pouvaient recourir. Ainsi les évéques eurent leur juridiction (episcapaUi audientia)^ dont Ja confiance des fidèles alimentait les occupations (l).
(i) GoD., i , 4 1 De episcopaii audicntia*