‹ Histoire de la législation romaineChapitre 14 sur 297 · ORIGINES DE ROME · texte numérisé non relu

ORIGINES DE ROME

La même adjonction de ces Étrusques apparaît encore, quoique avec quelques nuages , dans ce qu*on nous dit des' Lacères, cette troisième partie du Peuple Romain {pars tertia Populi Romani) qui fut établie en tribu (distributa) par Tatius et par Romulus, suivant les eipressions de Festus (1). L'origine de ce nom de Lucëres était diversement expliquée cbez les Romains, et Tite- Live nous dit qu'elle était restée incertaine (2). Festus la fait dériver, dans le passage que nous venons de citer, d'un certain Lucerus, roi d*Ardée, ville de la côte du Latium, qui serait venu aussi au secours de Romulus. Mais nous apprenons par Varron que la dénomination de Lucères était étrusque ; Festus lui-même, dans un autre passage , la fait venir d'un lucumon , chef de cette troupe ; Cicéron nous parle de ce lucumon comme étant mort en combattant les Sabins dans son alliance avec Romulus (3). Or ce lucumon n'est évidemmenf f'utre que le chef étrusque Cœles Vibenna : il n'y a pas là deux {>ersonnages, c'est le même. Toute hésitation disparaît à cet égard, lorsqu'on remarque, comme Ta fait avec raison Niebubr, que lucumo n'est qu'une qualification

une Oraiio de l'empereur Claude, sur la concession à faire aux Gaulois du Jus tenatorvm, ou ^tltude à être nommé sénateur. Déjà les Annales de Tacite (liY. Il, {M) offiraieot une analyse de cette Oraiio, dont le texte a été ainsi retrouvé. On peut lire ce texte dans V-éAiXionfae-simle qu'jen a publiée, avec le concours de la municipalité de Lyon, H. Honfalcon, bibliothécaire de cette ville (1851, in-fol.); il se trouve d'ailleurs rapporté dans la plupart des éditions de Tacite , aux notes du § 24 ci-dessus indiqué. L'empereur Claude , en fait de version étrusque, peut avoir un certain crédit, parce que nous savons par Soétone {Claui*, 8 ^S) qu'il avait écrit, en grec, une histoire des Étrusques, en vingt livres, qui se sont perdus.

Quant an nom primitif du mont Qnirinal, voir Fistos, aux mots QmrinaUs colUs, et Aganium.

(i) FiSTOS, au mot Lueerenses : c Lucerenses, et Luceres, qu» pars tertia Pèpuli Ronumî est distributa a Tatio et Romulo , appellati sunt a Lucero Ardea rege, qui anxilio fuit Romulo adversus Tatinm bellanti. t

(2) Trn-Lnns, liv. 1, J 13 : c Lucerum nominis et originis causa Incerta est.i

(3) Varroiv, De Ungua latina, liv. 5, $ 55 : « Tatienses a Tatio, Ramnenses m Romulo, Lueeres, ut Junius, a Lucumone. Sed omnia hœc vocabula Tusca, «tVolnius, qui tragcedlas Tuscas scripsit, dicebat.9 — Fkstus, au mot Lucomedi: t Lucomedi a duce suo Lucumone dicti , qui postea Lueerenses appellati sont, i — CfcÉROH, De repMica, liv. 2, $ 8 : c ... Et suo et TatU nomine et Lucu«* monîs, qui Romuli socius in Sabino prelio occiderat. i

de dignité itrusque, et que la méprise consiste à en avoir fait un nom propre (1).

Enfin Télément étrasqae se retrouve de nouveau , en ces premières origines, dans ce que la tradition raconte de Tarrivée à Rome de Tarquin avec son monde, venu de Tarquinies, Tune des villes principales de TÉtrurie; et de même que Télément latin et Télément sabin avaient donné des rois à Rome, suivant cette tradition, Télément étrusque lui en donna à son tour.

11. Ces fragments de population n*étaient certes pas tout le peuple sabin, encore moins la puissante nation étrusque, mais ils suffisent pour nous montrer les trois nationalités qui ont conconm & former le peuple romain ; pour nous faire dire, dès ces premiers temps , ce que Florus applique au temps postérieur de la guerre

\\ sociale, que ce peuple romain est un composé d'Étrusques, de n Latins et de Sabins, qui a transformé en un même sang le sang

puisé à ces diverses sources et fait un seul corps de tous ces

membres (2).

12. Le fait capital, celui des nationalités préexistantes dam lesquelles se doivent chercher les éléments de la nationalité de Rome, et par suite le principe de ses institutions el de ses coutumes, nous est acquis. On nous permettra de nous en tenir là, sans insister sur le détail des événements. Nous apprenons de Censorinus que Varron divisait les temps en trois périodes : la

i première qu'il appelait inconnue (a37)Xov), à cause de Tignorance \ dans laquelle on reste à son égard ; la seconde mythique (fxuO(X((v),

à cause des récits fabuleux qu'elle contient en grand nombre; et : la troisième enfin historique (toropix^), parce que les événements

qui s'y sont passés sont rapportés dans de véritables histoires (3).

Vico, dans les trois âges qu'il assigne au cours des nations, l'âge

(i) Skrvîis, ad JEneid,, liv. S, vers 268 : c Doodeclm enim lactimones, qui reges sont linguaToscoraiD, faibebaiiC. t— Et liv. 8, vert 475 : cTascia duodecim iucamones babnit, id est reges, quibos nnns prsemt. » — De même, liv. 10, vers ÏOÎ, et lif, 11, vers 10.— GBNSoimirDS, De die notait, c. 4 : ■ Lucamones, tam Etmri» poteotes. t

(2) Florus, liv. 3, g 19 : ■ Qoom Populus Romanas Etniscos, Latines, Sabinosque miscuerit, et nnum ex omnibus sanguinem ducat, corpus fecit es membris , et ex omnibus unus est. t

(3) GiNSORiHus, Dé die notait, % 21.

Page 1