ORIGINES DE ROME
des dieux, Tâge des héros, Tâge des hommes, a quelque chose d'analogue, quoique de plus profond (1). Appliquant ce système de division tripartite & Tbistoire romaine, qu'il partageait, dans la première édition de son livre, en trois périodes : Tune my* thique, purement fabuleuse; l'autre mytho-histonque, mélange de fables et de faits; et la troisième historique, Niebuhr s'esi rapproché beaucoup plus de Varron. On le lira avec curiosité, mais il faut se garder de le suivre dans les récits imaginaires qu'il substitue, avec l'assurance de la certitude, aux fables des deux premières périodes. Légendes pour légendes, et conjectures pour conjectures, celles qui ont pour elles la tradition et la littérature de tout an peuple font partie elles-mêmes de l'histoire, ne fût-ce que comme peinture des croyances. C'est à ce titre que nous aimons à nous y attacher.
Dans sa première édition, Niebuhr n'avait vu en Rome qu'une colonie étrusque. Depuis, le récit qu'il fait de Rome, petite ville fortifiée sur sa colline, le mont Palatin, remontant obscurément dans son existence jusqu'aux temps pélasgiques, se réunissant par la suite des temps aux villages qui l'entouraient sur les collines voisines, puis à une ville sabine sur le mont Quirinal, puis à une ville étrusque sur le mont Cœlius, comprend, en définitive, sous la forme de conjectures transformées en assertions, la reconnaissance des trois éléments, latin, sabin et étrusque, qui sont attestés par l'Antiquité. Quant aux villes ou villages de.Remuria, de Vaticum, de Quirium et de Lucerum , les anciens n'en ont jamais parlé.
13. Fixés que nous sommes sur ce composé de la population romaine au moment oii commence l'intérêt on le souvenir de sa vie de peuple, nous pouvons aborder l'étude de ses institutions; et comme nous rencontrons ici, plus encore qu'en l'histoire des faits, les travaux marquants de Vice et de Niebuhr, qu'il n'est pas permis d'ignorer, mais dont nous sommes loin cependant d*adopter les données fondamentales, nous croyons devoir en dire, avant tout y avec brièveté, notre sentiment.
Les travaux de Vico sont des travaux généraux, dans lesquels il cherche ou bien le principe universel du droit, ou bien les lois
(1) Vico, PrincipJ di scienza nuova , lib. 4, Del corso chefanno lenaziom,