Fin de Tempire d'Occident
526. Ici s'arrête la liste des princes d'Occident : leur trône , heurté par les Barbares , s'écroula, et leur empire tomba en dissolution dans les mains des hordes sauvages qui se le partagèrent. Rien n'est plus dramatique que ce tableau.
Jusqu'au règne de Valons, les Barbares, accourant au pillage des provinces, se retirant avec leur butin devant les armées, avaient été plus souvent vaincus que vainqueurs. Plusieurs d'entre eux, attirés par les empereurs, s'étaient enrôlés dans les légions^
avaient formé des corps de troupes sépares : combattant à côté des Romains, intervenant dans les querelles des princes, s*approchant de la cour, sans perdre leur force, leur dureté, leur rudesse, ils s'étaient faits à Part de la guerre, avaient mesuré la faiblesse romaine, observé l'intérieur des terres. Sous Valens, des ^ ^ hommes jusque-là inconnus, les Huns, race asiatique, paraissent
Vr^ . ^^ ^^^^^ P^^ ^^'^ ^^ Danube. Us se pressent sur les Alains, les
i4:\ »^'* ^' Alains se pressent sur les Goths, les Goths se jettent dans l'empire ; .« '' X s.- et tandis que les Huns s'établissent à la place des bordes qu'ils
ont détruites ou chassées, les Gotbs, dépossédés, demandent aux Romains qu'on les reçoive quelque part. Us furent reçus ; maia privés de leurs femmes et de leurs enfants, qu'on avait exigés en otage, victimes de la rapacité des officiers de l'empereur, accablés de besoins, tourmentés par la faim, ne recevant rien pour la satisfaire, et tenant leurs armes, ils s'en servirent, ravagèrent le territoire, firent périr Valens lui-même, et, s'établissairt par la force, ils soumirent les Romains à un tribut. Déjà les empereurs étaient accoutumés à ces tributs; les Huns, eomme les antres nations les plus redoutables, en obtiiirent à leur tour. On voyait les chefs de ces Barbares, dans des cabanes de bois, sous des tentes de peaux de bétes, entourés d'hommes sauvages, recevoir insolemment des ambassadeurs couverts de pourpre, et compter l'or que leur envoyaient les maîtres de Rome ou de Constantinople. Un temps vint ob cet or ne suffit plus ; alors ils prirent des terres, et s'établirent dans les contrées qu'autrefois ils se contentaient de ravager. Alaric et Rhadagaise sous Honorius, Attila et Genseric sous Théodose, dispersèrent leurs soldats sur toute la surface de l'empire, et commencèrent son démembrement.
Alaric amena les Goths, auxquels on refusait le tribut ordinaire : des Huns, des Alains et des Sarmates s'étaient joints à lui. Après avoir ravagé la Thrace et passé sous Constantinople, il se précipita sur l'Occident (an de J. G. 403); mais, battu par Stili^n, payé pour consentir à se retirer, battu de nouveau pendant sa retraite, U sortit en méditant une vengeance terrible (an 406).
Rhadagaise jeta dans l'Italie les Suèves, les Vandales, les Bourguignons, des Germains, des Alains et des Sarmates qui l'avaient suivi (an de J. G. 406). Stilicon dispersa cette armée, et fit périr le chef. MaiS| quoique vaincus tous ces Barbares n'aa
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étaient pas moins dangereux : ils avaient pénétré dans Tlftalie, et ne devaient plus en sortir.
Alaric reparut : en le chargeant de Irésors immenses, on le {Z^t^^mi renvoya. Il reparut encore pour proclamer un empereur d'Occi- <r Jtu. ^j:fh dent, qui à son tour le nomma maître général de Tempire. Enfin à sa troisième apparition » il brisa les portes de Rome, et poussa . ..J^^,. ^r^ dans cette antique cité des hordes dévastatrices qui ne Tabandon* r^X ///6 Aèrent que lassées du pillage (an de J. €. 410). La mort arrêta v r/f'cj .. Alaric au milieu de ses triomphes. Le roi goth qui lui succéda accepta pour femme la a«eur de rempereHr, et, revêtu du titre de général romain , il alla combattre dans les Gaules.
Les Francs^ les Bourguignons, les Visigotfas se partageaient cette contrée : les Francs occupaient vers le nord les provinces situées autour de la Loire et de la Seine ; les Bourguignons (an 414), les provinces tournées à FOrient ; les Vîaigotbs , toute la partie méridionale (an 419); et là se fondaient trois royaumes, dans lesquels \m Romalnset les aacieiis habitants du pays se trouvaient englobés parmi l^s membres de la nation conquérante, mais, placés néanmoins dans un rang inCèneur (1).
527: Attila, Genseric» remplacèrent bientôt Alaric et Bhadagaise,
Attila, roi des Huns, qui, ravageant les provinces de TOrient, Clff(i^x A;»f) posant ses tentes sous Constantinople, consentant au poids de Tor rf A\^ ^C^tH à les replier, les porta dans l'Occident (an 450) . Il se jeta d'abord sur les Gaules; mais aussitôt les Saxons, les Francs, les Bourgui- r P *h /., \ gnons, les Visigotbs, tous les peuples établis sur ces terres, se y^^,, ' r .. aj levèrent pour défendre leur proie. Attila, battu près de Cbàlons, ^Ji^^o/ ^\r^t^ se détourna, et tomba sur l'Italie. H marchait vers Rome, promenant avec lui le pillage, rineendie, le massaere, réclamant pour sa femme Honoria, la soeur de Val^itinien III, qui, presque captive à la cour de Constantinople , avait eu l'idée de recourir au Barbare : l'intercession du pape Léon I" et les conditions ofiertes à Attila l'arrêtèrent; Rome, pour ce moment, fut sauvée. Cependant le roi des Huns faisait ses préparatifs pour une seconde
(1) Je recommande sur ce grand sujet du renversement de l'empire romain par les Barbares, et surtout du premier établissement des Francs dans la Gaule, un ouvrage qui réunît Férudition solide à l'intérêt et à la largeur des vues : HitUnre des insiUuHons mérovingiennef, par M, Lshubrod. Paris, 1842, i vol. In*8«« /
416 HISTOIRE. TROISlÊliB EPOQUE. Lfti EUPKkEUIlS, § il.
inirasion ; il voulait aller chercher, le fer et la flamme à la main ,
' Honoria qai ne lui avait pas encore été livrée , lorsque la mort
' '^'^ nS'Jle frappa subitement, el délivra Fempire du Jléau de Dieu
(an453deJ. C).
r. i^ Genseric, roi des Vandales, avait arraché à Tempire romain
> /^ v// ^d'abord TEspagne, ensuite quelques provinces de F Afrique, et
ses soldats s*y étaient établis. C'était lui qui devait porter à Rome
le coup le plus terrible : en 455, il se présente sous les murs de
cette ville ; elle se rend à discrétion; les Barbares s'y précipitent.
Le sac dura quatorze jours : ce qu'avaient épargné les Goths ""^^'''^ V tnu ii*échappa point aux Vandales. Enfin Genseric, après avoir chargé V i tj^S . ggg vaisseaux des richesses qu'il avait amassées, s*éloigna, laissant
aux lieux où il avait passé un amas de débris et de cendres, un
trône vacant et un empire à demi renversé. tn^tu, ^2^. Cet empire, après le sac de Rome, languit encore pendant
'Jl** f^, [ près de vingt ans. Quelques empereurs se succédaient d'année en
-y année; un Barbare de naissance, Ricimer, décoré do titre de
général, les faisait et les défaisait à sa volonté : il saccagea Rome une troisième fois pour poser sur le trône Olybrius : Gondebald, chef bourguignon, lui succéda, et comme lui fit un empereur, Glycerius. Enfin un troisième Barbare, Orestes, l'un des ambas- 4^/57 «adeura d'Attila, fit proclamer son fils Romulus Angustule. Alors les Huns, les Suèves, les Hérules et tous ceux qu'il commandait, et qui formaient une grande partie de l'armée, réclamant leur gL. /. .. part dans les dépouilles de l'Occident, demandèrent à grands cris ^vcVr./X ^"'^" *^"^ partageât l'Italie. Orestes refusait : Odoacre rassemble ^ autour de lui ces Barbares révoltés, massacre Orestes, contraint
Augustule à abdiquer la pourpre , et se proclame roi de toute l'Italie, qu'il distribue à ses soldats. Ainsi périt sons son ^h'}ve ce qui restait de l'empire d'Occident; tandis qae le trône des empereurs de Byzance , au milieu de toutes ses secousses , garanti par le transport des peuples vers l'Occident, n'avait point encore été renversé.
Odoacre ne garda pas longtemps le trône quMl avait pris ; à l'Instigation de l'empereur d'Orient , Théodoric, conduisant les Ostrogoths, vint lui disputer sa conquête, la lui ravit, et s'établit à sa place avec son monde.