TOME I. CQ
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4S0 HISTOIRE. TROISIÈMR EPOQUE. LES EUfEREURS, § IIT.
loîr son travail, et le soin qu^l a dâ prendre pour réanir et
coordonner ces matériaux épars.
rv^^ '^i^iui Quc^i^t ^ Julien, il était, au temps même de Justinien, profes-
t{^l!j^ii(€ ^^^"^ ^^ ^^^^^ ^ l'école publique de Constantinople, un successeur
' de Théophile et de Cratinns; il donna, du vivant même de Jus-
tinien, on suivant d'autres peu de temps après sa mort, en 570,
un abrégé des Novelles en latin, connu sous le titre de Juliani
^Hi^f ' Navellarum Epitome. Cette collection , divisée en deux livres,
^/ZT"^^ n*embrasse que cent vingt-cinq Novelles, dont elle ne nous fait
pas connaître le texte intégralement, mais seulement en abré*> viation. Elle n'en est pas moins, quoique dans de telles limites, ^ une des collections qui mérite d'inspirer le plus de confiance,
Oc^('. u' > . pj^rce que l'origine en est certaine, contemporaine de ces docu ments eux-mêmes, et qu'elle émane d'un homme très-compétent Ce livre, à notre avis, a été surtout un livre d'enseignement et d'instruction simplifiée. Biener, dans son Histoire des Navettes de Justinien (1824), a émis la pensée, reproduite depuis par plusieurs, entre autres par Puchta, que cet abrégé en latin fut fait par Julien en vue de faciliter l'application des Novelles dans la partie de l'Italie soumise à la domination de l'empire. Que cette prévision ait été pour quelque part dans l'ceuvre de Julien, il n'y a rien là que de fort probable ; mais , à coup sûr, un pro~ fesseur de droit à Constantinople, habitué à expliquer aux étihdiants l'ensemble du droit romain dans les textes de Justinien, en la langue originaire et nationale (propter reipublieœ Jiguram) , devait être inévitablement porté à ramener à cette langue juridique son abrégé des Novelles, dont quelques-unes étaient en latin, la plupart en grec, et d'autres dans les deux langues. La population de l'empire, quant au langage commun, était double; Justinien avait prévu et autorisé les traductions. Théophile
D*AiiT]ocm , teiie greo et (radnction latine , dans te tome II de la BibHoiheem iuris eanottici veieris, par Gtiii. Wokll et Hrnr. Jvstbl , Paris, 1061, io-fol. Voici , daos Ja tradaction latine, le passage en question (page 603 , préface dii titre l"*" du Namocanan) : «Ea qaœ cam.t. sacris Ganonibiis conjuncta sunt, o divinis novis constitutionibns , quie secundom codicem a divin» sortis Jostiniano promolgatie passioi disperse sunt, transcripsî. t — On voit que même les patriarches chrétiens appelaient , en ee temps-là « divines les Novelles et divine U destinée de Justinien.
NOVIUES. 4SI
donne une paraphrase greoqoe des Institato; et, à rinverse, Jhh lien, son snccessenr dans la chaire, nn abrégé en latin dei No« ▼elles. Qaant à ritalie^-nons avons ton! lieu de croire que lort» qu'elles y ont été promulguées par les ordres de Justinien, en 554, ce qui est nn fait certain (ci-dessous, n* 596), elles Tont été en une traduction latine intégrale, et non en abrégé.
Telles sont donc les deux collections privées dont le caractère est pour nous indubitable et que nous possédons : --^ l'une, celle de Jean d'Antioche, dans un but très«*restreint, appropriée uniquement à ce but, et hors de là utile seulement pour quelques points de Tbistoire des Novelles \ — Tautre , celle de Jplien , embrassant, sinon toutes les Novelles, du moins leur ensemble, mais seulement en un inte abrégé.
Précisément parce que c'était un abrégé, TÉpitomé de Julien, comme il arrive à ces sortes d*ouvrages, se répandit davantage, . . / ^ particulièrement en Italie à cause de la langue dans laquelle il a,^ .,,\ .\ ,^,.( était écrit ; et de bonne heure dans les Gaules , où il fut connu avant les autres parties du droit de Jusljnlen , qui n'y ont Jamais été promulguées, il était désigné fréquemment au moyen ftge pnr le seul mot de NwéUa. On en possède un grand nombre de manuscrits, dont quelqueS'UQs récemment découverts; il en a été imprimé plusieurs éditions, entre autres celle d*Ant. Augustinua au eeialème siècle et celle des frères Pilhou (I).
556. Les collections dont l'origine et le caractère restent don* (, ^r>>/ </i' i-f^ teux, mais qui ont sur les précédentes le grand avantage de nous Cr ' ^u^^ donner intégralement le texte de la plupart des Novelles, sont '^^^-^^ ^ i ^ aussi au nombre de deux, l'une eu latin, i* autre en grec.
La collection latine, qui contient cent tr«nt4H]natre novelles, /c, Uh ' r^ ' traduites en latin quant à celles qui avaient été promulguées en / w • « <^« ' . grec, était répandue aussi très -anciennement en Rafle, sous le nom de Authenticcp pour les Novelles, et de lÂber ou Corpm ^ y-- *'^ authenticarum j, plus brièvement Authenticum pour le recueil; "' ^^"'^^ hH^*<*< quelques manuscrits nous en lout parv^us; nais l'origine en d^
il' IM I
(1) ^. AvQOdTiNi CçlUctio comsiiMioHum grmearwm C^éSeù JutHmam, a Miani NaceUarum épiions, ewn paraiUUs «I ichMs. Herd», iSer, iii-8<>; BstUe», i$76, în-ibl. — Pkr. it Ft. PrrMROMMi, OAMrafltfoMr mt Codicem ^ Ntmellof ^mfmMi, farisMs, iéaft» i»4ol. L'ipitomé de Julien ^f |/rouve imprima.
452 HISTOIBB. TROISl&MB ÉPOQUE. LES EMPEREURS» § HI.
meure inconnue. C'est à tort qu'on rattache communément ce nom à'Auiheniicw à une anecdote sur Imèrius, et qu'on le fait dater seulement de l'époque où ce chef des glossateurs eut reconnu l'authenticité de ces textes qu'il avait d'abord niée; le nom d'iJ«ihenticœ existait auparavant, et l'anecdote elle-même, vraie ou fausse, en est la preuve. C'est, en effet, sous le nom d'authentiques qu'on lui opposait , dans nn procès , un texte de cette collection, lorsque, pour le besoin de sa cause, il s'écria : « A • ^Ù^^'t^vL d'autres , bonhomme (vade, bone honw! ) » , ajoutant que ce livre UAxn^ f ^ i^ M^ tij ^^^ij 41^ jjit uQu pjir Justinien, mais par quelque moine, et qu'en
conséquence il n'était pas authentique; et c'est également sous le nom d'Authentiques que, dans une de ses premières gloses sur le Code, il en conteste, par diverses raisons qu'il déduit, l'authenticité (1). Ce nom est venu, bien avant les glossateurs, soit par opposition à TÉpitomé de Julien , soit plutôt par la tradition considérant ces textes des Novelles comme ceux qui avaient été promulgués en Italie, à partir de. 554, en exécution des ordres de Justinien. Ce serait aussi par la même tradition que cette version latine, dont on ignore les auteurs, aurait été considérée comme celle de la promulgation en Italie, et désignée sous le nom qu'elle portait de versio vulgata, traduction promulguée ou vulgarisée, I généralement reçue. Quelques critiques ont invoqué à l'appui de
i cette opinion le passage de Paul Diacre que nous avons cité ci-
dessus (n* 554, en note), mais on voit, en le lisant, qu'il ne parle en rien de traduction.
(1) InmERius, Glose sur la constitution préliminaire do Gode, n» III, De emendalione Codids, § 4 : c Hinc argomentum sumi potest qnod liber iste, id est Autentiea, sit repadiandus. Ejos enim stylos cam ceteris Justiniani constitutionibos nullo modo concordat, sed omnino inter se disorepant. Item ejus libri principium nuUum est , nec seriem nec ordinem aliqoem habet. Item NoveU» ist» constitutiones , de quibus bic loquitur, non promittuntnr nisi de novis negotîis et nnndum legum laqueis innodatis. t (Rapporté par Savight, HUt. du droit roomn au moyen ége,U Z,^. 346 de la traduction , d'après le manoscnt de Monich , n» 2S , et celui de Vienne, n^ 15. )
OooFRKDUs, Giotê sur la même eonstituHon : c Cran Dom. Im. aflegaret semel in jodicto, et appositum fuit sibi de quadam loge aoth. qaœ ei contradioebat, ipse dizit : Vade, bone bomo! quia liber ille non erat a Justiniano factos sed a quodam monacbo, et ideo non erat autbenticos... Sed ipse postes mutavit opînionem suam... et dizit qood standum erat illi libre, t (Rapporté par Savrcvr au même endroit , p. 847.)