Théophile et quelques antres professenrs de droit
566. Professeur de droit à l'école de Constantinople, Théo- .,^ , phile a pris part au travail du premier Code , du Digeste et des ^ ' ^^^ji^' Instituts. Nous avons de lui un écrit bien précieux. C'est une paraphrase grecque de ces mêmes Instituts à la composition desquels il avait concouru. Il est vrai qu'on a prétendu que eei ouvrage n'était pas de lui, mais bien d'un auteur beaucoup plus récent.
portant le même nom. La fausseté de cette assertion est commonément reconnue. Dans Toplnion de tous les romanistes , les commentaires de Théophile ont repris l'importance qu'ils méritent (1).
567. Les constitutions préliminaires de Justinien relatives à la <;omposition puis à la promulgation de ses œuvres législatives, citent comme ayant fait partie des commissions d'élaboration trois
^f t 4v ^ { autres professeurs de droit : — J)orothée^ de l'école de Béryte,
/^'r ^ v.**î^*°* coopéré aux travaux pour leBTgeste, pour les Instituts et pour la seconde édition du Code. Les Constitutions disent de lui, que c'est la grande réputation dont il jouissait à Béryte et la gloire qu'il s'était acquise qui avaient déterminé l'empereur à l'ap
r, f^^^ peler auprès de lui et à le faire participer à son œuvre; — Ana^ tôle, professeur également à Técole de Béryte, de race illustre ea
\',\ii .Mt.uo jurisprudence ; — et Cratinus, professeur à l'école de Gonstantinople : ces deux derniers pour le Digeste seulement.
568. Il est à remarquer quelles faveurs et quelles dignités attirait sur eux cette institution de professeurs publics de droit {Prof essor legitimœ scientiœ constituttis, Juris interpres consH-
1 tutus, Antecessor, Magùter, Legumou Juris doctor, Leges disd"
j pulis tradens, Optimam legum gubernationem extendens). |K .^^'•. V ^*^Tous les quatre occupaient dans la noblesse du Bas-£mpire le ^' '^ * rang élevé de Illustres; Théophile ne figure en 528, dans la constitution relative au premier Code, que comme clarissimus, mais le titre plus haut de vir ilbistris lui est toujours donné par la suite. Il avait été comte du sacré consistoire, Dorothée questeur, f et Cratinus comte des sacrées largesses. Nous ne parlons pas des épithètes de laudabilis, optimus, facundissimus , magnificuSj magnificentissimuSf ni de toutes sortes d'éloges hyperboliques qui leur sont prodigués en style oriental. J'imagine que ces rédactions étaient quelque peu préparées par les commissions, ou du moins par Tribonien , et de collègue & coUègoe cela faisait bien. ^[i\ V ' ^^\ ^^^* Comme leur successeur à l'école de Constantinople se £/or. . «listingue Julien, Tauteur de l'Épitomé qui nous est parvenu des Novelles en langue latine. — Des professeurs, la transition nous conduit à dire quelques mots de l'enseignement.
(i) Lei antêuri'dds principales éditions, teste grec et iradoctton latine, sont D. GoDWRov, Genève, 1620, ia-V», et Fabkot, huris, 1688, ixt-k». Il* Faioii
a publié, en 1847, une traduction française.
EVSKIGNEIIENT DU DROIT, 463
114. Enseignemeiit do droit avant rœnvre législatÎTa de Jastinien, et après.
570. (An 533.) Le jour même où il promulguait le Digeste • t X j'àu « par deux constitutions, l'une en latin et l'autre en grec, adressées /( /tr- ^'i r'"»i an Sénat et à tous les peuples (cî-dess., n" 547), Jfustinien en C^^ /? à J^iM^ adressait une troisième aux huit professeurs de droit de Tempire, '^^^^'^ •
qui y sont personnellement dénommés, dans le but de leur marquer quel devait être dorénavant Tordre de leur enseignement.
571. L'enseignement du droit, depuis les anciens temps jusqu'alors, avait passé par diverses transformations, Noua en avons . . ^ décrit le caractère auprès des grands jurisconsultes de la répu-f/'*'^ *'';" ^^ blique (ci-dess., n* 235); il consistait dans l'assiduité des disci- '* *' ' ^^''^ pies qai s'attachaient à eux comme à un maître et qui s'instruisaient à leurs exemples pratiques, accompagnés au besoin d'explications, comme le font encore de nos jours les étudiants
en médecine et les jeunes docteurs à la clinique d'un grand mé- Aeein on d'un grand chirurgien, ou les jeunes artistes dans Tatelier d'un grand peintre ou d'un grand statuaire. On commençai! à y joindre la lecture de leurs ouvrages , dont il y avait déjà abon^^ dance au temps de Cicéron. Tel avait été, entremêlant plus ou moins la théorie à la pratique, l'enseignement de Tibérius Coruncanius (ci-dess., n*234) et celui des autres dont Pomponius nous indique très-souvent les principaux auditores devenus à leur tour jurisconsultes en renom (Dig^, 1, 2, Z)e orig. jur., 2, § 40 à 47)« C'est de cet enseignement que Cicéron a dit quelque part : « Jus civile semper pulchrum fuit docere ; faominumque clarissimorum discipulis flomerunt domus.,, a Au commencement de a^' r^tt ntuci l'empire, sans perdre ce caractère d'exemples et de solutions pra-'^"^^ ^ ''\' ' ''' tiques donnés par lès jurisconsultes en crédit, l'enseignement accorda plus de place à la doctrine (ci-dess., n* 363 et suiv.) et à la lecture des ouvrages qui se multipliaient. C'est encore dans ce rang élevé qu'il faut placer celui de Labéon qui partageait son temps, six mois à la ville avec ses studiosi^ et six mois à la campagne à écrire ses livres : les studiosi, plus avancés dans la carrière que les auditores^ pratiquant déjà eux-mêmes avec les conseils ou les consultations du maître, quelque chose d'analogue à nos stagiaires; et l'enseignement de Sabinus, qui a donné son nom à la secte des Sabiniens. Lorsque Pomponius dit de ce
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dernier qne, n'ayant pas d*ainples facultés pècaniaires, il fat soutenu principalement par ses auditeurs (1), il ne faut pas Tentendre comme d*une vulgaire rétribution d*école qu*on eût à payer, mais comme d*un hommage dignement rendu par les disciples à / .^ /vn jurisconsulte éminent. Au temps de Paul, d'Ulpien et de Ho-
«?. < . ' i destin, cette nature d'initiation, à laquelle un homme comme ?fl^dt^ ii^^fy-^ Papinien avait donné un grand éclat, était près de finir, puisque
la série des jurisconsultes classiques allait se clore. Ulpien, qui appelle Modestin studiosus meus, en offre peut-être le dernier exemple qui ait de la valeur. Mais il s'était produit, sans qu'on sache précisément à quelle époque, des hommes faisant profession d'enseignement scolastique pour le droit, comme pour la philosophie et pour les lettres : enseignement privé et libre, soit à Rome, soit dans les autres parties de l'empire; nous voyons par un fragment de Modestin que , donné à Rome, il procurait aux professeurs de droit {legum doctores) exemption des charges de tutelle et de curatelle (2). C'est cet enseignement qn'Ulpien met encore fort haut, en refusant aux professeurs (jurU civilis professoribus) toute action et même tout recours extraordinaire au préteur pour exiger les honoraires (hanor) qui auraient du leur être offerts au début, sur le motif que la science civile est chose très-sainte, qui ne doit être estimée ni déshonorée à prix d'argent , et qu'il est des choses qui peuvent honnêtement s'accepter, mais non se demander (3). C'est à cet enseignement privé que se rattachent ces stationes JUS publiée docentium aut respondenimm , sorte de classes ou de bureaux pour l'enseignement ou pour la consultation (le mot était employé même pour boutiques (4), dont nous parle Aula- Gelle, au temps d'Antonin le Pieux, qui étaient en un certain
I (i) DiG., i, s, Z>e origine Juris, 2, S 47, f. Pomp. : a Haie nec ample
facoltates fuenint, sed plarimum a sois aaditoribas sutteotatnt est. •
(2) DiG., 27, i, De exau., 6, S i^i f- Modett.
(3) DiG., 50, 13, />e eatraord, eogmt., i» 8 5 : < Proîode ne jurit qnideni civilis profestoribiu jus dicent : est quidem res sanctiuima civilis sapientia : ■ed qusB pretio oominarjo non sit sttimanda, oec deshanestanda, dam in judicio hoDor petitiir, qui in ingressn sacramenti offerri debait : qnadaai enim, taineUi honeste accipiantnr, inhoneste tamen petuntur, t
(4) DiG., 42, 4, Quib. ex cous, inposs., 7, g 13, f. Ulp. : t In foro... circa