‹ Histoire de la législation romaineChapitre 167 sur 297 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

466 HISTOIRE. TROlSliMB ftPOQUE. LES EMPEREURS, § III.

&7t. Rome, à Tépoque d« la promolgatioD du Digeste , même ém Gode de seconde édition et des cinquante on soixai^te premières nofeUes, était eneore an pMvoir des Ostrogoths ; ce ne lut qa*en 537 qne les tlefs , asénjettissement précaire , en Turent envoyées à Constantmople, et en 654 4«e Tltalie se trouva reconquise & Justinictti. Hais on sèit qUe les empereurs d'Orient ont fait, à légard des pttHieS de Fempire romain occupées par les invasions germaniques^ et SÉferteut à régarddeRome, ce que font les prin* ees dédbus, Considérant les fait! comme non avenus et leur droit prétendu comme snbsisMnt tOi^ra. Voilà comment dans les lois de JusHnien^ notamment en oe qui ottacemet, au Gode, les études libérales, et dans la constitution adtessée ^ar Justinien aux professeurs de droit de Tempire , Rome Continue à être nommée comme si elle était toujours VUrbêreigiiap dont les institutions et les privilèges ont servi de tffé à ceux de Gonstantinople; en réalité» la constitution de 633 , au moment où elle est promulguécv ne cdnceme effioneement que les écoles d'Orient (Gonstan* tinople et Bérfte)) Rome n'} figuré qm Mmînalement, pour rhotmeor des prétentions impériales, comme réserve deTavetiir; et les huit professeur de droit qui y solit dénommés appartiennent tous aux écoks de CMstantinople et de Béryte (1). De ces huit professeoie^ sept (mt la tioblesse à'iUustreSj le huitième est qualifié setdement d'bomme très-dis0rt (tnr diêeriiêsimus).

573. Mn derecnrfllirptus originalement Us détails que donne cette constitution sur renselgnetnent antérieur du droit et sur celui qui doit suivre, nous procéderons «noore ici par notre tbode d'analyse.

(1) Ce chiflre de huit cependant est le double du chifire réglementaire : le nombre des professeors de droit auiait-il été élevé dans ces écoles de deux l quatre? On serait porté à le supposer; eepenëant , 4 raanée «ttivcnte, en ga*, le nombre réglementaire de deux est «elin qui figure encore, sans addition, dans le Gode de seconde édition (liv. il > tit. 18), tel que l'avait fixé la conititutioa de Théodose II. L'explication ne serait^lle pas dane cette considération , fae, durant les travaux pour l'œuvre législative de Justinien, les quatre professeurSf Théophile, Dorothée , Anatole et Gratinas, ayant été «ppeiés auprès de l'empereur (in nastro palatlo iviroducUi i -^ ad n»s deéMximus)^ et occupés à cette œuvre, il avait iailu les faire suppléer dans l'enseignement par quatre antres profeveurs ?

BNSBlGNKtfBNT DO DBOIT. 467 J

«Aux professeurs (Antecessoribus) Théophile^ Dorothée ,(;5^w ft<fl Théodore , Isidore, Anatole, Thallelèon, Cratinus, personnages a^'^^l^^^^ illustres, et Salaminius, homme trés-disert, salut : \

Pr. tt Qui mieux que vous sait que tout le droit de notre Repu- ^ /^ blique se trouve revisé et coordonné dans les quatre livres des ^"^ j Instituts où Éléments , les cinquante livres du Digeste ou Pandectes, et les douze livres des Constitutions impériales? Déjà nous avons émis, en grec et en latin, les constitutions nécessaires soit pour ordonner la confection, soit pour faire la publication de ces œuvres. Nous vous adressons celle-ci , à vous et à tous ceux qui seront par la suite constitués professeurs de la science du droit {et amnes postea pro/essores legiiimœ scienttœ constituti), afin de rappeler en bref quel était l'ancien enseignement, et de montrer quel devra être dorénavant le nouveau.

cette quantité si considérable de ^ mvrages (troismillions de lignes), - '

§ I. — a Vous savez que de cette quantité si considérable de ^ ^

lois, étendues dans deux mille ouvrages (troismillions de lignes), '- ' i^h^'-^''^les professeurs n'enseignaient jadis aux étudiants que six ouvrages, eux-mêmes confus, contenant beaucoup de choses inutiles : les autres déjà hors d'usage et non accessibles à tous.

» Durant la première année, les Instituts de notre Gaius et y ^^^^ v^. quatre livres spéciaux : le premier sur cette vieille res uxoria, le ^:„^/, ^^^ . ^ ^. second sur les tutelles, le troisième et le quatrième sur les testa- / ., :,^^ -/r ments et les legs, enseignés non pas en totalité, mais en laissant beaucoup de parties comme superflues; non pas suivant Tordre de rÉdit perpétuel , mais çà et là, comme au hasard , Futile mêlé avec l'inutile, et l'inutile en majeure part.

9 Durant la seconde année, suivant un ordre qui mérite la qua- ^ ^ v-c^v^ lification de prépostère^ car c'était immédiatement après les Instituts qu'il aurait fallu en venir là : enseignement de la première \^, ,. ^^/, ^ j^ partie des lois (d'après l'Édit), moins certains titres, non pas continu, mais partiel et renfermant encore beaucoup d'inutilités. Puis d'autres titres : tant de la partie des lois qui traite des instances {De judiciis), une faible fraction seulement, presque tout le volume étant devenu inutile; que de celle qui traite des choses {De rébus), sept livres en étant écartés comme inaccessibles aux étudiants, inopportuns ou non propres à instruire.

» Durant la troisième année, ce qui n'avait pas été exposé aux j ^''^i étudiants, l'année précédente, de l'un ou de l'autre volume sur

468 HISTOIRE. TROISIÈME ÉPOQUE. LEd EMPEREURS, § Ht.

les choses {De rébus) ou snr les instances (De Judicns). Après quoi y Taccës leor était ouvert au très-sublime Papinien et à ses ( Réponses. Des dix-neuf livres dont se composent ces réponses, huit seulement leur étaient enseignés, non pas en totalité, mais peu de choses sur beaucoup , de brèves notions sur d'amples détails ; de telle sorte qu'ils s*en séparaient en étant encore altérés. ^ ^^j^j^ Durant la quatrième année , renseignement donné par les pro- / fesseurs se bornant à ce qui précède , les étudiants récitaient par

/i^<f^'^*^^^ eux-mêmes les Réponses de Paul , non pas intégralement , mais / d'une manière très-incomplète et sans ordre suivi.

Ainsi, en quatre années était épuisé tout l'antique savoir; si on veut en faire le compte, on trouvera que de cette immense quantité de lois, formant trois millions de lignes, à peine soixante mille lignes étaient-elles portées à la connaissance des étudiants : le reste inabordable ou inconnu.

t"^*-*^^ « § II. — Nous avons trouvé misérable une telle pénurie, et

VI «uc.i HQQg ouvrons à qui voudra en profiter des trésors qui, distribués

"'*• par vous, puissent faire de vos disciples de savants juriscon-

sultes.

/^ » Durant la première année ^ qu'ils apprennent nos Instituts,

/ ' '^ , tirés, brillants, de tout le Corps des vieux Instituts, dérivés de ^jm/ ,: < ^. sources troubles en un bassin de lac limpide , par Tribonien , per- /<t / . Jl sonnage magnifique, et par deux d'entre vous, Théophile et Doi^\c( ' erjic rothée, très-éloquents professeurs; et pour le restant de l'année,

comme le commande impérieusement l'ordre logique, cette première partie des lois que les Grecs appellent irp«ST« (prilimù' noires, livres 1 , 2, 3 et 4 du Digeste). Tels seront l'exorde et la fin de l'enseignement pour cette année. ^ ^it ^(m *'t £C * ^®* étudiants ne s'y nommeront plus du vieux, frivole et rîdih,CK uu ci ^"'^ surnom de Dupondii (étudiants du double as, ironiquement y. . , et trivialement étudiants de deux sous (1)); ils se nommeront, ' V*'^^;' d'âge en âge, à perpétuité, Jtis/intantnovf. Dès la première année, que ceux qui aspirent à la science des lois portent notre nom,

puisqu'on leur met en main immédiatement le premier volume

(1) Probablement parce que, ce qai concerne les testaments leur étant jadis expliqué dorant cette première année, ils avaient à étudier le cas où rhérédité doit, par une sorte de double pesée, se diviser en deux as (dtqwtdi^). Voir notre tome II , au liv. S, lit. 14 , g 8 des Institutê*

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