MAIHTIEN DU DROIT DE JUSTINIBN EN ITALIE
trarum ubigue prolatetur auctoriias (1). Ainsi, par les soins de Narsès, qui fut le preipier lieutenant de Femperear en Italie, «OQS le titra d*'^S«fX^c (prince, préfet), forent reçus bien certainaiMnt et déposés à Rome des manuscrits officiels des Instituts, d« OigestOi du Code, et des Noveiles de Justinien publiées jusquelà. Uue traduction latine de celles de ces Noveiles qui avaient été rédigées en grec dut être faite nécessairement pour la publication dans ces pays; et, suivant toute probabilité, au siège des divers gouverneurs ou Ducs nommés par Tezarque furent envoyés de semblables testes (2), qui se trouvèrent ainsi répandus dans les diverses parties de Tltalie et appliqués d^ns leurs dispositions par les autorités. L'Édit de Théodoric n'avait donc eu en Italie, vsomme loi du pouvoir régnant, qa*une existence d*un demi-siècle.
ite. Maintien dn droit de JotliiiiflH, même après les partei ^'épreoTa en Italie la sawevaiaeté b|zanliii0. •*- Deux oauMs k eoetidérer dtos ce main- Uea : 1^ la dorée qa'a eue cette loaTeraineté; 2<* la nationaUt^ romaine du fond de la popnlatjon.
597. Les eonqvôlei dea généraux de Justinien dana TOccident ne forent pas , dans leur intégrité, de longue durée. Déjà en 56B, quatorae ans après cette pragmatique sanction, Justinien ^ mort depuis trois ans à peine, les Lombards avaient enlevé à ^.rhi.i'A,*t Tempire grec une grande partie de Tltalie, et fondé à sa place la ^<^-^\'* ' dominatioai lombarde. Cependant Tétendue de territoire , la qua-* '^ ^ r^ lilé des villas qui restèrent attachées à Tempire d*Orient el le teosps que d«ra eauore cette attache sont à considérer.
Raveane , où Varsès , isiitant les derniers empereurs d*Ooai- X*
dent, aivait tsansporté sa résidenee, et dont il avait fait le siège
■ I »g . 1 1 II ■ ■ I - 11-11
(1) PRAGMATICA 8ANCTI0 (vers h fin da Corpus Juris, après les Noveiles de Tibère), ch. il : « Jara insuper, vel Legcs Godicîbus nostris insertas, quas jam svb edictali programmate în Itatiam dudum misimiis , oblinere sancimss : sed et eas, quas posiea promidgavîmoa Genstitatianes, jubaauf aub edictali pnpoailioDe vaigari es eo tempère, quo sub ediotalî prograoomate evulgata fuerint, etiam per partes IfaliaB obtlnere, ut una, Deo volante, fiusta Repnblica^ Legum etiam nostrarum nbiqae prolatetur auctoriias. >
(2) On sait que Justinien, dans sa constitution portant confirmation du Digeste, S S4, avait ordonné que tons les juges eussent, dans leur juridiotion , le texte ' des Institqts et du Digeste : « Omnes itaque judices nostri pro sua juridictione | easdem leges suscipiant, et tam in suis judicils quara in bac regia urbe habeant| et propooant. t (Ci-dess., p. 443.)
500 HISTOIEE. DaOlT EOUAIN EN OCGIO&KT.
de son commandement, avec les villes comprises dans sa cition- (flp^^^^ scription sous le nom X Exarchat (1) ; Rome, siège d'un Duc
pour gouverneur et qualifiée dès lors de duché de Rome; la Pen-
tapole, circonscription de cinq villes principales, avec quelques
P^ localités accessoires (2) ; Pise , le pays de Naples , avec Amalphi
r< ficC^^^ M»v^.*^^*®*®» la péninsule d'Istrie et les iles avoisinantes, furent les
^ pays où la souveraineté de Tempire byzantin et, par conséquent,
Tapplication de ses lois se maintinrent longtemps encore.
Même après Tafiranchissement de Rome, soulevée contre les Édits de l'empereur Léon Tlconoclaste proscrivant les images religieuses (an 726) ; même après les nouvelles conquêtes des Lom- ^tW ^r* i^V,V«( ^^^^\ qu* enlevèrent à Tempire d*Orient Texarchat de Ra venue, ^ ^ la Pentapole et Tlstrie (an 752) ; et après celles de Charlemagne sur les Lombards, qui fonda les États de FEglise et le royaume d'Italie sous la domination Tranque (an 774) : il resta toujours à Tempire de Constantinople Pise, le pays de Naples, les villes du littoral à Textrémité sud, jusqu'au moment ou, dans le courant du neuvième siècle, ces villes s'afiranchirent et commencèrent à s'ériger pour la plupart en cités indépendantes, de telle sorte qu'à côté de l'Italie franque, de l'Italie pontificale, de l'Italie lombarde , il s'est maintenu encore dans la Péninsule une Italie grecque.
Si l'on en fait le calcul, on trouvera que la souveraineté de \ .{ucavucr */ l'empire byzantin, à compter de l'an 554, ob tonte l'Italie avait \i^ t tA>^fri\ ^1^ soumise à Justinien, s'est prolongée à Rome cent soixantedouze ans; dans l'exarchat de Ravenne, la Pentapole et l'Istrie cent quatre-vingt-dix-huit ans; et dans les autres parties de la domination grecque près de trois cents ans.
Ces chiffres en disent assez pour expliquer le maintien, dans la vie pratique, du droit de Justinien parmi ces populations, dont la majeure partie se disait romaine, et l'existence de divers manuscrits qui en contenaient le texte. Ce droit, en tant que droit civil privé, ne fut modifié que par les nouveaux usages ou par les dispositions spéciales des statuts qui purent survenir, surtout après Taf-
(1) Villes principales comprises ikiis l'exarchat de Hairenne : Ravenne , Césèoe, Bobbio, Ferrare, Adria, Cervia, Gomachlo , Imola, Forli, Faensaf Bologne.
(2) Villes formant la Pentapole : Rimini, Pcsaro, Fano, SinigagUa, Aucône*
tfAINTIEN DD DROIT DE JUSTINIEN EN ITALIE. 501
francbissement des villes; maïs les lois de Justinien en restèrent le fondement. On peut afBrmer, sans crainte de se tromper, que ce droit ne reçut guère d'altération des successeurs de Justinien à CoDstantinople, les Constitutions de ces empereurs se bornant, en Italie, à ce qui concernait les intérêts publics ou politiques; et la nouvelle forme grecque donnée aux textes de Justinien par les Basiliques (de Tan. 906 à Tan 911) n'ayant eu lieu d'ailleurs qu'à une époque oh la domination des empereurs d'Orient sur ces contrées avait pris fin.
598. Parmi les villes comprises daps l'énumération qui précède nous signalerons, parce qu'elles se lient particulièrement à des questions relatives à la conservation ou à l'étude des monuments législatifs de Justinien, Bologne, ville de l'exarchat, restée (^{r^.^te^ près de deux cents ans, depuis Justinien, sous l'empire de Constantinople (jusqu'en 728), et Pise et Amalphi, qui y demeurèrent^^^ iCi^ad.t environ trois cents ans. Ces deux villes maritimes, importantes
par leur situation et parleur commerce avec l'Orient, auquel elles étaient liées, rivales d'intérêts, devinrent ennemies dès qu'elles se trouvèrent indépendantes, et guerroyèrent Tune contre l'aulre jusqu'à ce que l'une d'elles, Amalphi, vaincue et mise à sac dans la dernière lutte (de 1136 à 1138), y eut perdu irrévocablement sa prospérité.
599. Le souvenir s'était conservé, et il est rapporté, an treizième siècle, par Odofredus, l'un des glossateurs de la seconde phase, que l'école publique d'Italie avait été, à cause des guerres, transférée de Rome à Ravenne, od se trouvait le siège du commandement de l'exarque (1). Odofredus ajoute que les livres des lois, suivant, eux aussi, la même translation, avaient été envoyés alors à Ravenne, et que de là ils avaient passé ensuite à Bologne (2). Le même Odofredus parle ailleurs d'un manuscrit célèbre des Pandectes, autre évidemment que ceux qui précè-
(1) Odofridus, contemporain d'Aceone, mort en 1265, dans sa glose sur la loi 82, DiG. 35, 3, Ad legem Fakidiam, au fiot Très partes : « Stndinm primo fuit Roms ; posf ea , propter bella qun fuerunt in Ifarchia , destructum est studium : tune in Italia secundum locum obtinebat Pentapolis , qun dicta Ravenna..., etc. t
{%) Lk MiMB, dans sa glose sur la loi 6, Dia. i, i, Dejustiiia ei jure : c Gum studium esset destructum Romœ , libri légales fnemnt déportât! ad civi« tatem Ravenn», et de Ravenna ad civitatem istam (Bologne). >
502 HisToiaE. DEorr rouain en occident.
, dept , comme ayant été transporté directement de Consfanttnople
/ l ^ ^^^^ ^^)' tandis qu'une chronique différente fait arriver ce même
'^'«^'^'^u^'i/'V'T; manuscrit de Conëtantinople à Amalphi (2). Il ne pouvait être
question, à Tépoque où écrivait Odofredas et même antérieurement à lui y que des rares manuscrits qui , n*ftyattt pas sombré dans la traversée du Aoyen ftge, se retrouvaient encore, on des copies faites de seconde, de troisième ott de quatrième main, sans qa'il fût possible d*en assigner avec précision l'origine. Hais on peut tenir pour certain que, soit venus d*Orient, soit copiés plus tard, à une époque quelconque, en Italie, c'étaient là des vestiges^ plas ou moins directs ou indirects, des promulgations premières qui avaient été faites en exécution de la pragmatique sanction de Justinien. Nous ne parlons pas du souvenir de tonte la législation de ce prince conservée par certains historiens italiques an moyen âge, ni de ce passage où Paul Diacre, secrétaire du roi des Lombards, Didier (ci'^dess., p. 448, en note), en décrit, au huitième siècle, avec e&actitude et concision, toutes les parties, comme quelqu'un qui en a sous les yeux les manuscrits, on au moins les constitutions servant de préfaces (3).
-k*aA*-^— ^***>
(1) Odofreous , dans sa glose sur la loi S3 , Dro. 6, 1, De rei vindicadonê : tUnde si videatis Pandectam quœ est Pisis, quœ Pandecta, quando Gonstitotiones fuerunt facfs, fuit deportaiade Gonslantinopoli Pisis, est de mala litera. i , (E) V. Taoit« DkPiovATacctDS (jurlsconsillte d'origine ^eeqae , do quintième el du seiiième tiècie, nisrt ea 15^1), De proêUUHië êbùUfnm (otftMgS lfié« dit, cité par M. de Savigny, daas son Histoire du droit romain ûU Moyen ége, tom. 3, p. 73 de la traduction, d'après un fragment de manuscrit existant à la bibliothèque de l'Institut de Bologne , dont M. de Savigny a fait prendre copie : I Et invenéront (in cftitate Malphi) librom Pandectarum juris civilis qas inisit Jottidisiiuft Imperator In Italiam. i — C'est la chronique de Pise, pour l'année iiSB^ for laquelle nous aurons à revenir.
(3) Paul Wabnbprio, aumommé Paul DiAcas (rnart en 801), jDe gestk Ltmfo^ hardorum^ 1, 25, De regno JustiniatU : • Loges quoque Romanorum, qnamm prollxitas nimia erat, et Inutilis dissonantia, mirabili brevifate correxit. X'aoi omnes constitutiones principuni , quo atiqus miiltia in voluminibiis tiabebantar, iotra duodecîm libros coarctavlt, idemqae ViÀnmeaCodiâem Jtutinimusm appel» lari prs'cepit. Rursumque sânguloram niâgistratunni , sive jiidicum (allait jodicnm, jurisconsultorumque) loges, qutt usque ad duo milUa peoe libroa erani estons», iotra quinqoaginta llbrorum nomerum redegit, eumque eodicem Di* gestorum sive Pandectarum vocabulo nunoopavit* Quatuor etiam JJMtiMtomm libros , in quibuf breviter imivaninim legum teitiia eomprabeiiditar, novifai composuit. No vas quoquf leges, quas ipse statoarat, in unum Mlomen fodnrliii •undem Codieem Novellarum nuncupari sancivit. *