Fondement de k famiUe romaine
45. Le fondement de la famiUe, dans le droit humain, dans te droit générai des sociétés, c'est le mariage : chez les Romains, le mariage civil, les noces romaines en sont bien un élément important; mais sa base, mais son fondement est ailleurs.
La famille romaine, même dans l'ordre privé, n'est pas une
(1) Voir tnr les ftmillet plébéiennes, Hist. du droit, n^SO.
(S) Tels les sacrifices expiatoires des Horaces , pour le meurtre de la seenr : c Sacrifieia piacularia gentis Horatiœ, t Trr.-Liv., i, 96. .— Tels ceux quÎB les Fabius devaient faire, sur le mont Quirinal, à Heronle. Tir.^Liv., 5, M? ^ »— et ceux des Nautius à Minerve. Dbmvs, 6 , 69.
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famille naturelle; c'est une création du droit civil, do droit de ta cité.
La femme, épouse pour le mari, mère pour les enfants, n*y est pas comprise par le seul fait du mariage : elle y donne les enfants, elle n'est pas de leur famille. Les enfants eux-mêmes, leurs descendants peuvent y être étrangers. En sens inverse, des personnes étrangères par le sang peuvent en faire partie.
Et cependant de Texistence dans la même famille dépendent tous les droits civils que les membres sont appelés à avoir les uns à Pégard des autres : — Y est-on, on participe à ces droits. — N*y eat-<m pas, fut-on fils, père, mère, frère, sœur, parent quelconque, on n'en a aucun.
Le lien de famille n'est pas le lien du sang, le lien produit par le mariage et par la génération, c'est un lien de droit civil, un lien de puissance.
La famille romaine n'est pas fondée principalement sur le mariage, elle est fondée sur la puissance.
Aussi Texposition du droit qui la concerne commence-t-elle toujours, dans la législation romaine, par la théorie de la poia<sance ; celle du mariage ne vient qu'en second ordre.
15. La puisMiiG^. *- Le chef de famille (paterfamiluu); penonnee
nijuris oq alienijuris.
46. L'idée de puissance sur laquelle est fondée la famille romaine eet prise dans sa conception la plus absolue, la plus despotique.
Un seul, le chef, est maître^ propriétaire de tous les antres, de tout le patrimoine; la propriété concentrée dans chaque famille est à sa libre et entière disposition; corps et biens, tout est à lai. Quant à lui, il est indépendant.
47. De là, sous le rapport de la famille, une nouvelle division des personnes :
Les personnes suijuris, ayant leur droit, leur condition propre, ç'est-à-dlre indépendantes de toute puissance ; nommées aussi paier/amiliasi^uT les hommes, mater familias pour les femmes. Qu'il soit marié ou non, qu'il ait des enfants ou non, fùt-il laimême en bas âge , au sortir du sein de sa mère , s'il n'est sonmis
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à aucnne puissance» le citoyen romain est paterfamilias; c^esf le père, c'est le cbef de famille.
L'opposé du sui juris, c'est celui qui est alienijuris, accès- (jtUAyJi n^u^ soire du droit, de la condition d'autrui; aliéna juri subjecttis^ soumis au droit d'autrui, c'est-à-dire en la puissance d'autrui.
4t8. Le premier seul peut avoir, acquérir, exercer des droits civils , avoir d'autres personnes en sa puissance. Le second , en principe rigoureux, n'a, n^acquiert, n*exerce aucun droit pour lui-même; il n'est que le représentant, l'instrument de celui de qui il dépend; il ne peut avoir qui que ce soit en sa puissance; x
en nn mot, il n'a pas de personne à lui, fl ne porte d'autre masque juridique, d'autre personne que celle du chef; son indi« vidualité s'efface sons ce masque, s'absorbe dans cette personne; s'il est censé partie dans la copropriété de famille , ce n'est que comme s'identifianft^ comme ne faisant qu'un avec la personne du chef: tout cela dans l'ordre privé seulement, car transportez-le dans l'ordre public» au forum, dans les comices» dans les magistratures, l'homme alienijurisj s'il est libre et citoyen» y reprend son indépendance» y exerce les droits et les charges publiques comme citoyen (1).