Idée générale des choies
105. Le mot chose (res)^ môme en droit, est un mot flexible, qai se prête avec une menreiUeose facilité aux besoins ou aux caprices indéterminés du langage. Il s'agit pour nous de son véritable sens légal , de son idée juridique.
De^méme que le mot personne (persona) désigne, en droit , tout être considéré comme capable de devenir le sujet actif ou passif des droits» de même le mot chose (res) désigne tout ce qui est considéré comme susceptible de former l'objet , des" droits (1); et dans cette condition se trouve tout ce que Vbomme, dominateur universel, a pu regarder comme destiné à ses besoins ou à ses plaisirs, d'où le mot bien chez nons (Cod. cîv., art. 516) : car, en définitive , la satisfaction des besoins on des-^aisirs raisonnables de l'homme dans Tordre physique et dans l'ordre moral, telle est la fin qu'il se propose dans l'exercice des droits (2).
106. Nous disons tout, car les corps physiques, 'les corps matériels, n'y sont pas seuls compris. En efiet, de même qu'il \ est des personnes de pure création juridique, de même il est des < choses qui n'existent pas dans la nature et que le droit seul a \ créées. Le droit, par sa puissance d'abstraction, engendre des choses aussi bien que des personnes.
Enfin, si le droit élève quelquefois des objets purement matériels au rang de personnes, quelquefois, par réciprocité, il abaisse Thomme à la classe des choses : tels sont les esclaves, hommes déchus, lorsqu'on les considère comme soumis, comme consacrés aux besoins des autres hommes, ne pouvant être, dans le rapport du maître à l'esclave, le sujet, mais seulement l'objet des droits.
(1) 'Voy. d-dessns, vP* 17 et sniv.
(S) Ce qni oe vent pas dire qu'il fiwlb prendre peur maiiiiie cette iiuisse f propasitien : Le bot de notre vie, c'est le bonbeur. Le bonheur n'est pas un but, il n'est qu'une conséquence. Remplir la mission qui a été donnée à rhomme ici-bas, dans l'ordre de la création, où toute chose, où tout être en a reçu une, . voilà le but Nous faisons partie d'un grand tont| nous y avons notre destinaltolt \
596 âviRALlSATION DU DROIT ROUADI.
• Qae Ton rapproche ce qae nous venons de dire sar les choses de ce que nous avons déjà dît sur les personnes (ci-dess.» n* 21),yb^ on verra qu'il y a parallélisme complet. ,
107. Sans doute les jurisconsultes romains n*ont pas donné des choses la définition large et philosophique que nous en donnons, et qui comprend en elles tout ce qui peut être Vohjet d*un droit, non-seulement les objets corporels, mais encore les faits, l'état des personnes dans ses diverses conditions, et en général tous les droits : leur esprit s'est d'abord porté, sous le nom de choses {res)^ sur les objets corporels qui, pouvant être d'nne utilité quelconque à l'homme, peuvent faire pour lui Tobjet d'un droit; mais ils en ont étendu le nom ensuite hors de cette sphère, l'appliquant même à des abstractions, à des choses de pure création juridique.
CSAP. n. - GLASSIFIGATION DES CHOSES.
86. Rapports loas fesqnelf peovent être nngéef les principales dînsîoBS
des choses.
108. Le droit n'a pas les mêmes règles pour toutes les choses; plusieurs distinctions sont à faire entre elles : de là plusieurs divisions. Les jurisconsultes romains s'étaient occupés de les établir. On trouve au Digeste et dans les Instituts de Justlnien un titre spécial sur ce sujet (1). Cependant la classification romaine n'avait pas tout embrassé. Le droit romain avait égard sur plus d'un point à des difiièrences notables entre les choses, sans les avoir positivement formulées en une division méthodique et doctrinale. Nous compléterons ce qui manque à la méthode sans altérer la physionomie romaine.
L'essentiel est de bien distinguer sons quel rapport chacune de ces divisions est établie, afin de ne pas les faire mal à propos retomber les unes dans les autres.
La création des choses, — la religion, — la cité, — le propriétaire,— leur nature physique ou juridique, — et leur composition ou agrégation :
Tels sont les termes des rapports sous lesquels nous croyons devoir les ranger, et Tordre dans lequel nous les examinerons.
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(1) Gai., Ingt., 1, g i & 17. -- Ui6., i, S, De divitione rerum et qtiaUtatg. — lirsT. t^ i^ De rerum dioisione.
g I*'. PAR RAPPORT A LEUR CRiAriON. X '^^\JicM'i