‹ Histoire de la législation romaineChapitre 268 sur 297 · DE L*AUCT0R1TA8 PATRUU ET DES PLÉBISCITES · texte numérisé non relu

DE L*AUCT0R1TA8 PATRUU ET DES PLÉBISCITES

raiëres par le lien de la clientèle. Noos ne savons par quel calcal d*avis exprimés le suffrage de chaque gens se constituait. Mais mous pouvons aisément nous persuader que le chef de la^^n^ ne 86 résignait pas à exprimer une opinion qui n*aiirait été qae l'avis des clients contre le sentiment de leurs patrons. I.e peuple entier pourtant 6gurait dans ces comices (1). Car le suffrage de chaque f/ens était pris pour le résumé des voix ou Tex pression de la volonté de tous ses membres, patriciens et plébéiens. Ceuxci étaient donc représentés dans le vote total. Hais Tinfluence des patriciens était prépondérante (2). Le vote des clients n'est devenu indépendant que lorsque, dans d'autres sortes de comices, les clients classés, non plus d*apr^s leur gerUilité, mais d*aprës leur fortune et leur Age, ou leur domicile, ont contribué

Sar un vote individuel à former le suffrage d'une centurie ou 'une tribu régionale (3). Les comices par curies n*ont cessé de contenir et représenter le peuple entier que lorsque des plébéiens ont fait partie de la cité sans être soumis au patronage dt patriciens (4).

En résumé donc, ]apafrum aucioritas est une sanction patri-* cienne, donnée dans les comices par curies où les patriciens ont dans la main, par le mode de votation, la représentation du peuple. Avec le temps, Tautorité des patriciens» décru. La lutte, d'abord engagée entre les patriciens et les plél^éiens, s'est déplacée; elle a existé entre les sénateurs, dont beaucoup étaient plé-

(i) PoMPONias, liv. 2, § 2. De orig.Juris, Dig. 1, S, Ronuilus traditur popi- LUM in triginta partes ditisisse, quas curias appeltaoit, etc. Ipse euriatas leges ad populum tulit.

(2) TiTB-LivR, X, 8, Vos solos gentem habare, dit Decios aux patriciens. Vous seuls formez la tête d'une gens qui ait une existence politique dans TÉtat. Les gentes plebeiœ sont d*exibtence rclativrment récente et accidentelle.

(3) TiTB-LiVK, II, 50. L'importance de la substitution des comices tributes aux comices curiutes pour l' élection des tribuns de la plèbe, tient notamment à oe que les plébéiens votant par gens étaient plus directement placés sous l'influence des patrons, qui, sans voter eux-mêmes, les diri<;eaient. Plus tard, en l'an 362 de Home (Titk-Livb, V, 32), Camille est accusé d'avoir détourné une partie du butin de Veits. Il réunit ses clients et les membres de sa tribu. Il voit se manifester chei eux la résolution de se prononcer contre lui comme votants, sauf à contribuer comme clients à payer le montant de lu condamnation. Il s'exile. On voit l'indépendance du citoyen se détacher de la soumission du client. La forme du scrutin a cliangé et contribué à ce demi-affranchissement.

(4) TiTK-LivK, II, 64, an 362 de Rome, nous montre, dans des comices centuriates, les patriciens et leurs clients créer les consuls, et la plèbe libre du lien de la clientèle, irritée du rejet de ses demandes, reluser d'y prendre part. €omp. Dbnys d'Hal., Antiq. rom,, VI, 47. \ous devons ajouter, au contenu de la note précédente, que la substitution des comices tributes ani comices curiates pour la création des tribuns de la plèbe a eu cet effet immense d'admettre au vote les plébéiens affranchis de la clientèle et étrangers à toute gens pairirienne. A cetle distinction entre la plèbe retenue dans le lien de la clientèle et la

Slèbe libre de ce lien. If. Belot substitue, à peu près dans le même sens, la istinction entre la plèbe urbaine et la plèbe rurale. Ckev, rom., t. I, p. 2i, 351 et suiv.

béiens dès le cinquième siècle de Rome (1), et les cliewalier» cODstiluant un ordre rival. Elle a encore changé d*assiette et d'éléments» lorsque tous ceux qui appartenaient à la noblesse sénatoriale ou équestre ont eu à résister au flot envahissant de la masse dépourvue dMllustration et de fortune. Le patriciat, ou ce qui en reste, est confondu, absorbé dans le parti des optimales. Puis la dissolution du patriciat, comme corps politique, est de

5 lus en plus complète, à ce point que les dernières convulsions émocratiques ou démagogiques ont été suscitées par des patriciens ruinés et combattues par des hommes nouveaux (2).

Par suite de cette décadence, Vaucioriias pairum « été annihilée. Cest ainsi que Ton comprend dans cette opinion la portée des lois Puhlilia et Mœnia.

Vauctoritas patrum, donnée dans les curies avant la décision que prendra le peuple des centuries, est devenue une simple formalité (3).

A partir de cette époque, les patriciens ne se rendant plus à ces dérisoires comices par curies, les trente licteurs, chargés anciennement de les convoquer, furent simplement réunis, en représentèrent le simulacre et pour ainsi dire l'ombre (4).

La réforme opérée relativement à la force légale des plébiscites a le même caractère. Elle consomme ou manifeste la ruine dn patriciat comme élément politique dans TÉtat. On peut presque dire qu'elle ajoute le dédain, le mépris des formes, à la réalité de la décadence.

Quand une loi a été votée par le peuple dans les comices par centuries, pour les patriciens, s'y soumettre n'a rien d'humiliant* Us ont donné, au moins en apparence, leur approbation préa» lahle. En tout cas, ils ont pris part au vote, non pas même con« fondus dans la foule et écrasés sous le nombre; ils composent seuls six centuries équestres. Ils appartiennent par leur fortune aux centuries de la 1'* classe. Ils peuvent aisément s'entendre avec des électeurs plébéiens rivaux d'influence, mais guidés et mus par les mêmes intérêts.

Mais l'assimilation des plébiscites aux lois centuriates est une

ii!

WiLLBMs, Sénai, t. I, p. 28S.

Sallustb, Conjuration de CaHlina, % c. 23.

(3) M. MisPOULBT, Imt, poL, t. I, p. 199, ne donne pas le même sent à Ia loi Mœnia, mais le résultat est le même. La lex curiaia ae imperio, demenrée

{rostérieare à TélectioD, afin d*être nominative et requise par le magistnt ui-m£me) aurait été, suivant cet auteur, rendue obligatoire.

(4) Comitiis ad speciem et ad usurpationem vetustatis per trifinta Ueiartt auspiciorum causa adumbratis. Cicxao, De lege agraria, II, ii.

Les comices par curies sont dépourvus de valeur; mais ils ne sont pai aop* primés, et Cicéron a pu opposer à Glodius patricien, qui s'était fait adopter par un plébéien pour aspirer au tribunat : Votre exemple imité rendrait iraposaibit la patrum auctoritas, lia populus Romanus non habebii aucUnts comitiomm. De domo, XIV, § 38. Ëdit. Orelli.

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