‹ Histoire de la législation romaineChapitre 36 sur 297 · CBÉATION DE DEUX CONSULS · texte numérisé non relu

CBÉATION DE DEUX CONSULS

création en aurait été faite par les comices des cenfaries ; mais la forme étant la même, l'esprit en fut différent (1).

Les consuls, bien qu'on puisse , avec Cicéron, les appeler sous certains rapports deux rois annuels, sont loin en réalité de prendre la place des rois. Ceux-ci, au-dessus des sénateurs et des patriciens, formaient un corps politique indépendant, et Téquilibre avait à s'établir entre le roi, le peuple et le Sénat. Les consuls, an contraire, ne sont que des patriciens; ils sont dirigés par le Sénat , et ne font rien que sous son influence : l'équilibre politique doit s'établir entre le Sénat et le peuple , et la puissance détruite des rois se distribuer sur ces deux corps.

Le Sénat augmente son pouvoir exécutif; l'administration se concentre sur lui : c'est lui qui traite avec les alliés, avec les ennemis; en un mot, c'est lui qui tient la barie du gouvernail. An fond , la révolution est une révolution aristocratique ; c'est la caste patricienne qui en recueille les premiers fruits, et le Sénat, suivant Cicéron, maintient la république en un tel état, que tout s'y fait par son autorité, et rien par le peuple (2).

Le peuple cependant se croit libre. Au fond , il a mesuré sa force; il sait qu'il fait les lois, les magistrats; il sait que le joug qu'il s'est imposé il peut le renverser. En la forme , il a augmenté son indépendance, et l'on flatte sa souveraineté. Les faisceaux des consuls se baissent devant lui ; peine de mort contre celui qui prendra une magistrature sans son consentement ; peine de mort contre celui qui aspirera à la royauté ; droit d'appel au peuple contre toute sentence d'un magistrat qui condamnera un citoyen à être mis à mort, exilé ou battu de verges.

(i) Ttn-LiTS, liv. i, S 48 : c Id iptmn tam mite ac tam moderatom imperiam, tamen, qnia anjos esset, deponere emn in anirao haboÎMe quidam auctores flOQt; ni scelas intestinum liberand» patrl» consilia agitantl intervenisset. i — I 00 : • Duo oomnlet iode comitiis centariatis a prsfecto Urbis ex commentariia Serfii Tolli creati tirot, L. Jonius Brutns et L. Tarquioias Gollatinut. i — lyanaent textes lea appellent (V. n» 160) prœtores ou Judices,

(S) CiciHav, De republ,, liv. S, f 3S : t Tenuit igitur hoc in itatn senatni rempnblicam temporibna illis , nt in populo libero pauca per populnm, pleraqae ieaatnf anctorîtale et institato ac more gererentur, atque uti consules potettatem baberent tempore duntaxat annuam, génère ipso ac jure regiam. (^odqoe crat ad obtinendam potentiam nobilinm vel maximum , vebementer id retinebatar, popnB eomitia ne cspent rata, nisi ea patrqm approbavinet anctoritai. t

90 HiSTouK. Mouim boom, la lÉroBLiQug, § K

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