POLITIQUE EXTÉRIEURE DB ROME
181. Diviser les peuples pour les combattre les uns après les autres, se servir de ceux qui sont soumis pour vaincre ceux qui ne le sont pas, ménager ses forces, user celles des alliés, sous prétexte de défendre ces alliés envahir le territoire de leurs voisins, intervenir dans les querelles des nations pour protéger le faible, et subjuguer ainsi le faible et le fort, faire une guerre à outrance et se montrer plus exigeant dans les revers que dans la victoire, éluder par des subterfuges les serments et les traités , parer toutes ses injustices du voile de Féquité et de la grandeur : telles sont les maximes politiques qui ont donné à Rome le sceptre de ritalie, et qui lui donneront celui du monde connu.
182. Mais c'est plutôt sa position de droit dans ses relations avec les autres nations qu*il nous faut examiner.
Le problème est obscur et compliqué, par plusieurs raisons : d'abord parce qu'il contient des éléments multiples, qu'il faut avoir soin de distinguer si Ton veut être clair; en second lieu, parce qu'il n'existe pas de règle fixe, la situation variant, selon les traités, d'une ville à l'autre, d'un pays à l'autre; enfin, en troisième lieu, parce que, jusqu'à l'époque historique où nous sommes parvenus, nous avons bien peu de renseignements précis sur la Question, envisagée avec la rigoureuse exactitude du droit. ) / 183. Le problème contient des éléments multiples; il faut le
considérer en effet : 1* quant aux cités; 2* quant au sol, au territoire; 3* quant aux personnes, aux habitants. 1^ , Quant aux cités, quelle est leur organisation, leur administra-
tion, leur législation? Sont-elles souveraines chez elles? Sont-elles