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nation. 11 agit en monarque, en maître uifl(ii)iÙ3.
Dès le premier siècle de la monarchie mérovingienne, les assemblées générales cessèrent de se réunir. La foule des hommes libres perdit toute influence.
Le mal (grande assemblée) dégénéra en simple revue militaire. 11 s'y trouvait toujours des ducs, des comtes, des illustres, des évêques, de simples citoyens; car la loi des Allemands fut adoptée (630) dans une assemblée par trente-quatre évêques, trente-quatre ducs, soixante-douze comtes, et « le reste du peuple ».
Mais les simples 'citoyens étaient appelés seulement pour donner leur opinion; ils n'avaient que voix consultative. Les grands décidaient, et, après la décision prise, on la proclamait au nom de « tout le peuple ».
Des échevins, des juges, des centeniers, et d'autres fonctionnaires importants dans l'administration des villes, étaient nommés au moyen d'élections populaires. Habituellement, il y avait accord du peuple, du comte ou du duc.
Toutefois, quelle pression, pour ne pas dire plus, était exercée par le duc, chef militaire tendant à se rendre indépendant, lui et ses hommes d'armes! Quelle influence était celle du comte {cornes), par qui les Francs remplacèrent le lieutenant de province romain! Quelle puissance acquéraient l'évéque ou l'abbé, le premier à la tête de son diocèse, le second dirigeant un monastère qui était ordinairement une vaste propriété rurale!
Vers la fin de la dynastie des Mérovingiens, les classes élevées, d'origine gauloise ou romaine, imitèrent la race conquérante des Francs. Elles quittèrent les villes pour s'établir
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dans les campagnes : elles n'allaient pas tarder à adopter la vie féodale, telle que la créèrent les événements accomplis sous la dynastie carlovingienne.
Les classes inférieures, — artisans, marchands, travailleurs manuels de toute espèce, — restèrent dans les villes, exposées à la tyrannie des puissants, sans être protégées par la recommandation dont usaient les hommes libres, aux divers degrés de Téchelle sociale.
Pour résister aux vexations des privilégiés, les classes inférieures s'appuyèrent sur le nombre, s'affilièrent aux ce ghildes ».
Les ghildes ou « banquets à frais communs » venaient du Nord, et constituaient des associations, des confréries où chacun, « convive, conjuré, frère du banquet, » promettait à un autre Tappui, le secours et l'amitié dans les périls.
Ces associations donnèrent naissance aux corporations des métiers, ayant un saint pour patron, comme les antiques corporations romaines avaient leurs dévotions particulières. Elles se réunissaient dans des banquets fraternels, à certains jours de l'année, autant en vue d'intérêts positifs à sauvegarder que par besoin de délassement.
Le clergé, d'ailleurs, ouvrait ses rangs à tous, même au colon et à l'esclave ; à plus folrte raison aidait-il l'artisan capable de lai rendre en renom ce qu*il lui prêtait en protection. L'orfèvre Éligius (saint Éloi) arriva au suprême degré de la hiérarchie ecclésiastique ; ministre tout puissant, il n'oublia pas son métier, et il travailla « de son état » dans le palais des rois. Sjaiinte Nanthilde et sainte Bathilde, esclaves d'origine, dureot à l'Église l'immense fortune de s'asseoir sur le trône.
De tout temps, on le voit, il y a eu des parvenus, — exceptions confirmant la règle générale. Ces élévations singulières ne changeaient rien à la situation déplorable des masses, et parfois un caprice de souverain grandissait on abaissait brusquement des personnages plus ou moins méritants.
Sous la monarchie mérovingienne, le droit d'élire les évAques,
pratiqué chez les Gallo-Romains, fut reconnu en principe. Les nominations par les rois constituèrent des usurpations qui, peu à peu, se multiplièrent. Les rois, qui nommaient les comtes, voulurent aussi nommer les évoques, pour en faire leurs créatures, pour leur enlever cetle indépendance relative que donnait toute élection populaire. Ils comptèrent des prélats parmi leurs courtisans.